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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 10:13

Sous le coup d'un nouveau deuil, je m'aperçois que chacune des personnes que nous perdons, que je perds (et je suis bien consciente que vu le temps qui s'écoule, elles seront de plus en plus nombreuses) ramène avec elle les précédentes, comble les lacunes, ravive les douleurs, suscite les souvenirs ou les prises de conscience.

Je ne me souviens pas d'avoir, après la mort de Willy, regardé par la fenêtre en m'étonnant que tout soit à la même place : le toit de l'hôtel en face, son gros conduit de cheminée, le torchon tombé sur l'appentis du restaurant dans la cour, les fleurs sur le rebord de la fenêtre, le ciel, les petits nuages, les gens qui marchent dans la rue ... rien, absolument rien d'extérieur ne se trouve changé quand un pan entier de votre existence, ou un morceau de votre cœur, s'écroule. C'est incompréhensible.
Et rassurant : la vie continue, libre à vous de remonter dans son train en marche tout de suite ou plus tard, tel que vous étiez la veille ou transformé, intègre ou en petits fragments.

un rendez-vous du 26 pour W, pour A et pour les autres

J'ai fait pour mon beau-frère, tout ce qui m'avait été épargné pour papa. Je suis allée le voir à l'hôpital tous les jours, ma main bien serrée dans celle de mon amour (toute seule je n'aurais jamais pu et c'est pour ça que j'ai tenu à l'accompagner, en m'imaginant que lui non plus, peut-être, tout seul n'aurait pas pu).

Je l'ai aussi accompagné quand il est allé remettre les vêtements derniers au second sous-sol de l'hôpital et quand il est allé au bureau des services funéraires choisir tout ce qu'il faut choisir : depuis la couleur du bois du cercueil qui brûlera, jusqu'à la taille de la pièce où lui sera rendu un hommage public, en passant par le tissu qui capitonne la boîte, les fleurs qu'on posera dessus, les emblèmes qui l'ornent et la matière de l'urne...

Mon père habitait loin de chez moi, son épouse était auprès de lui, c'est elle qui s'est occupée de toutes ces choses qu'on n'imagine pas et que je n'ai qu'à peine commencé à citer la liste.

Alors bien sûr je pleure, je pleure des larmes nouvelles et je me demande sur qui je les verse, celui qui nous a quittés, bien sûr, qui va nous manquer, sur la famille autour qui subit un nouvel assaut, sur mon père, mon chat noir et mes grand-mères, dans l'ordre inverse de disparitions. Sans oublier mon ami D, et mon ami C, parce que les amis disparaissent aussi.

Et sur moi, évidemment sur moi, sur mes trouilles et mes impuissances, sur mon inimaginable fin qui m'a toujours parue impossible et dont je continue à penser, tout en sachant très bien le contraire, que ça n'arrive qu'aux autres et que moi, d'une façon ou d'une autre, et sûrement de la plus naturelle façon qui soit, j'y échapperai.

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 11:21

#autobiographie #APA #journal #20ans #5ans #anniversaire #écrire

CINQ ans, cinq années complètes sont passées depuis le 26 juillet 2012.

Je ne sais pas s’il y a pour le deuil, comme pour les amours, des seuils répertoriés. Je ne saurais pas dire ce que ce cinquième anniversaire a pour moi de particulier, de différent des autres. Je suis simplement, banalement, stupidement, impressionnée par le temps qui passe, qui avance, qui vole, s’envole, jour après jour.

Et il faut un rendez-vous du 26 pour faire un peu les comptes. J’ai beau, tous les soirs devant le miroir de la salle de bains, me dire « mince, encore un jour fini, encore une journée passée, si vite » je suis toujours, devant le temps, comme la poule avec le couteau. Qu’est-ce que ? Comment donc ? Déjà !?

Et toujours je me réplique « c’est bon signe, ça prouve que tu ne t’ennuie pas ».

Dont acte.

sous le signe de l'écrit

Et donc, entre temps, j’ai confié le journal de Willy « Ah ! Mes 20 ans » à l’Association pour l’Autobiographie, (lien) dont je ne dirai jamais assez de bien. Sise dans l’Ain, elle collecte, conserve, archive et donne à lire, le cas échéant, avec la permission et les précisions du déposant, à des sociologues, historiens, chercheurs, les écrits personnels les plus divers.

sous le signe de l'écrit

Voici donc mon père résumé en cinq lignes et un numéro.

Petit vertige : tout y est, et bien entendu, rien du tout.

Quant à ce « rêves d’écriture » qui conclut l’entrée, je ne sais par où commencer …  à vingt ans il rêvait d’écrire un vrai, un grand, un beau livre, il rêvait même que son journal pourrait en être le début.

Et de fait, il a toujours écrit, pas de fiction mais des cours, des articles et de la poésie. Il a aussi travaillé avec une ancienne élève sur la traduction de deux romans.

Mais voilà, je suis bien obligée d’admettre que ces rêves, c’est moi qui les ai réalisés. Je n’ai pas écrit le vrai, grand, beau livre dont il rêvait, ni pour moi ni pour lui, pas encore en tout cas, mais je me suis lancée sur cette piste.

 

Et je m'y tiens, plus ou moins consciencieusement, plus dilettante probablement qu'il n'aurait aimé, lui qui recommandait l'effort en toute circonstance ... Je partage son rêve, sinon son style.

 

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 15:57

#NYRB #RobertBSilvers #Willy #Larzac #mentor #abricots #tomates #été

Quatre ans et onze mois !?

Robert B. Silvers éditeur de la NYRB – 1929-2017 - dévoué à la démocratie et au partage du savoir, épanouisseur d'auteurs, tyran et bourreau de travail, charmant nonobstant, vient de lâcher l’affaire.

 Les hommages recueillis dans la revue et sur son site m'ont fait penser à ces figures de professeurs qui vous ouvrent les portes du monde et des fenêtres sur vous-même, à tous ceux (je dis tous, mais ils sont rares) qui vous font aller plus loin, travailler mieux, qui vous inspirent et vous portent, qui vous contrarient pour mieux vous aiguiller ou pour que vous appreniez à vous aiguiller tout seul.

Evidemment je pense aussi à Willy. Et le fait que je n'ai, d'une certaine façon, plus envie de faire des livres s'il n'est pas là pour les lire ... me confirme dans ce rapprochement. Même génération, même certitude que l’éducation, le savoir, sont des outils de liberté à diffuser largement et sans jamais se départir d’un certain niveau d’exigence.

C’est un rendez-vous du 26 qui commence fort, avec une grande figure, mais après le premier élan … je cale.

L’été s’est installé. Je ne rêve que de m’étaler, sur mon lit, dans un doux courant d’air, avec un livre sur le ventre.

Quatre ans et onze mois !?

Et à propos d’été, j’ai retrouvé une diapositive, sur le pourtour blanc de laquelle Willy a écrit au crayon : Larzac 15- 06- 80. C’est moi, avec mes joues rondes, du vent dans mes cheveux courts et les oreilles percées (une erreur de jeunesse que le temps a gentiment rebouchée). Je me souviens que nous étions allés sur le plateau en famille en 1973, à l’époque de la construction de la fameuse bergerie. Je ne me rappelais pas que nous y soyons retournés.

Je sens que je ne peux pas vous quitter comme ça. Que vous dirai-je davantage ? Que la saison est bonne et les tomates parfumées, que les abricots du Roussillon ont les joues rouges et la saveur douce. Que la vie est belle et que je vous la souhaite meilleure encore.

Jusqu’à bientôt.

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 09:01

#LaVieDesGlouk #NellyWolf #PierreGoldman #ZAN

Deux fois de suite, ça ne va pas du tout ! Mes excuses cette fois-ci ?

Retour de bord de mer, été soudain à Paris. Bon je crois que je n'ai pas d'excuse. Il semblerait que le deuil s'accomplisse : cinq ans dans deux mois.

Ce qui n'empêche évidemment pas que je pense à Willy très souvent.

J'ai revu il y a quelques jours un de ses petits films où les pique-nique succèdent aux anniversaires - moyennant quoi, la famille est tout le temps à table - les parties de vélo ou de ski à celles de ballon. Je l'ai vu, moustachu, courir et sauter et dévaler et rire et me faire des politesses à table, que je lui rendais, tout ça muet. C'était bien lui.

encore un rendez-vous manqué

J'ai pensé à lui en lisant La Vie des Glouk de Nelly Wolf - à cause des brins de yiddish glissés ici et là dans cette chronique très drôle d'une famille gratinée, et des Witz (ces traits d'esprits typiques) dont le père prépare une anthologie -.

Elle raconte d'ailleurs une blague que Willy aimait bien :

"On a toujours un Russe dans sa famille. Pourquoi ? Parce que six Russes c'est six slaves, si s'lave c'est qu'y s'nettoie et si s'nettoie c'est donc ton frère."

Et grâce à Nelly Wolf toujours, je me suis plongée dans Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France du fameux Pierre Goldman, guerrillero, braqueur et intello, qui a été condamné à perpétuité pour des meurtres qu'il n'a pas commis, acquitté après révision au bout de cinq ans (pendant lesquels il a fait des études de philo) et assassiné deux ans plus tard dans de mystérieuses circonstances ...

encore un rendez-vous manqué

Une lecture que je recommande aussi, absolument : pour le personnage, sa voix et les fenêtres qu'il ouvre sur un monde qu'il regarde comme personne.

"Juif polonais né en France" c'est vraiment étrange. Willy était juif français né en Pologne. Elevé en Algérie. Spécial aussi.

Voilà, pensez vous que l'amende est honorable ?

Encore une bricole pour la fin : Au Monop j'ai acheté un quart de tourte Moisan - le nom m'a toujours fait un drôle d'effet - je connais quelqu'un de ce nom, dont il ne me reste qu'un vague souvenir négatif ... Il m'évoque aussi la soit-disant origine du nom Zan (histoire qui m'agace : l'enfant très petit, qui zézaie forcément, demande : "z'en veux, donne moi-z'en")

 

 

Willy aurait peut-être dit : Moisan c'est toujours mieux que moisi.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 20:22

#Jedanseraisijeveux #TelAviv #marchéSaintPierre #cinéma #couture

Mince ! Nous sommes le 27, il est presque vingt-et-une heures et je viens de m'apercevoir que j'ai manqué le rendez-vous du 26. Je mangeais de la soupe verte dans un bol bleu, je me demandais si on n'était pas en retard pour le loyer ... ben non, pas encore début mai ... quel jour sommes-nous ? Et là !

C'est la première fois que j'oublie. La première fois que je n'y pense pas du tout, que je ne me dis pas dès la veille ou au réveil : ah, faut que je prépare quelque-chose pour le rendez-vous du 26. Ma seule excuse c'est qu'hier étant un mercredi, jour de Victor, qui fait le ménage chez nous en début d'après-midi, je me suis considérée en exil (ben oui, pourquoi pas un grand mot ?). Le mercredi je sais que je dois expédier tout ce que j'ai à faire le matin pour pouvoir me lancer dehors et ne pas montrer mon nez avant dix-huit heures. Je n'aime pas être dans les pieds de celui qui se charge des corvées. Mais bien sûr j'aurais eu tout le temps d'écrire un petit mot avant de partir.

Il faut bien reconnaître que je n'y ai pas pensé du tout.

premier rendez-vous manqué

Pourtant hier j'ai vu un film qui se passe à Tel Aviv - Je danserai si je veux (Bar Bahar en VO, mais je ne sais pas ce que ça signifie). Tel Aviv ! Israël était le prénom officiel de Willy, mais non, je n'ai pensé qu'aux filles qui se débattent avec leur soif de liberté - et de bière - qu'aux mots si beaux des langues orientales qui s'entrechoquaient.

premier rendez-vous manqué

Après, je suis allée farfouiller dans les magasins de tissus, ceux qui vendent des coupons de trois mètres pour cinq ou dix euros. J'ai touché des velours de laine et des crêpes de soie, des cotons fins et empesés, des wax éclatants, raides, des jerseys fluides ou collants, des lainages pour costumes et des mousselines à paillettes. Beaucoup de caresses et de rêveries couturières. Mais je n'ai rien emporté. La schmatte, les vêtements, auraient pu me faire penser à Hannah, à l'atelier de tailleur.

Rien du tout.

premier rendez-vous manqué

Et même tout à l'heure quand Sandrine, qui donne des cours de poterie, nous a annoncé que l'atelier serait fermé samedi parce qu'elle part enterrer son père, emporté passé les 80 par Alzheimer. Même quand j'ai dit, en lui touchant l'épaule "moi c'était il y a quatre ans (bientôt cinq) et je n'en suis toujours pas remise."

 

 

Je n'y ai pas pensé du tout, c'est la première fois que j'oublie.

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 10:30

#Willy #PierreBouteiller #Espagne #Trinaranjus #FranceInter #INA #figurines #heured'été

Le rendez-vous de mars tombe un jour de sieste acoustique, un dimanche donc, dernier du mois.

Couchée sur le sol de La Loge, bercée par la musique des copains, j'aurai une pensée vintessisse, c'est certain.

non seulement c'est le 26 mais en plus c'est l'heure du thé

Et Valence alors ? Ah, Valence ! Les oranges y étaient, en pleine ville tout le long des trottoirs et des squares, décoratives dans leurs arbres, écrasées par terre parfois, en signe d'abandon et d'abondance.

En jus, dans l'agua de Valencia - un cocktail aussi entêtant que le Spritz de Venise.

Le riz aussi, de toutes les couleurs dans nos assiettes.

Et on a vu la mer venir lécher sur la très longue plage, un sable doux comme jamais. Le grand marché central couvert nous a éblouis.

Il y a toujours des churros à tremper dans le chocolat épais, mais plus de Trinaranjus que j'aimais tant prononcer parce que c'était difficile. I

l y a toujours dans les boutiques à touristes, les figurines grossières en terre cuite, que j'adorais quand j'étais petite, et qui me font toujours un effet ... espagnol. Avec leurs vilains visages écrasés, leurs yeux ronds noirs, leurs membres trop courts, leurs costumes peints.

non seulement c'est le 26 mais en plus c'est l'heure du thé

Et puis je voudrais dire un mot de Pierre Bouteiller, né en 1934 comme Willy, ( ... je cherche le mot le plus juste, ils me font tous mal ... ) mort le 10 mars dernier. Son "bonjour" accompagné par la musique de Antonio Carlos Jobim (ou Neal Hefty - il y a eu plusieurs périodes, je mélange tout, et je ne suis pas assez maniaque pour aller vérifier) qui m'accueillait dans la cuisine à Toulouse les matins de 77 quand je préparais un demi pamplemousse rose et faisais cuire un œuf sur le plat pour mon petit déjeuner de championne. (Très mauvais pour le foie, ne pas en abuser)

Une voix comme on en rêve, un humour délicat, un goût magnifique et une manière si fine de faire partager ses intérêts. C'était mon délice. Je me levais à six heures et demie, son BONJOUR me consolait de la cruauté de ces matins d'hiver tout noirs.

Ironique, critique, gouailleur, jubilatoire, mais pas méchant, kidiz !

Oui, tout ça et plus encore, PB me donnait envie de me lancer dans la journée grande ouverte. Difficile de dire tout ce qui était contenu simplement dans son timbre de voix et sa manière de commenter ses sujets. Un peu goguenarde aussi, bienveillante mais pas dupe.

Jamais je n'aurais pensé à l'époque qu'il avait l'âge de mon père. Je l'écoutais plutôt comme un grand frère, un vieux pote. Il n'était que la voix de mes matins, sans poids, sans contrainte.

Incroyable d'ailleurs, PB a intitulé son volume de mémoires "radioactif" !J'avoue, il va me falloir quelques instants pour digérer.

 

Interviewé sur sa carrière, son franc parler, il dit : "entre un bon mot et ... j'ai toujours choisi, mal choisi puisque j'ai toujours été viré de partout"

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 16:04

#Willy #Valencia #Albufera #ElPerello #riz #oranges #ombres #famille

Dans la rue des Récollets, je croise deux petits gars post ados, celui qui porte un jogging rouge sang de bœuf déclare à forte voix "moi, mon père il a ..." et le reste est passé sous le bruit de la circulation, ou d'une de nos inévitables sirènes de police.

J'ai embrayé dans ma tête : qu'est-ce que je pourrais dire, au présent, que mon père a ?

Mon père a quitté ce monde ?

Mon père a une belle descendance ?

Mon père a donné à ses filles pas mal de pistes pour la suite de leurs aventures.

Et d'ailleurs, là, aujourd'hui, en ce samedi froid et ensoleillé, où j'anticipe sur le rendez-vous de demain, je me prépare à partir sur les traces d'un très ancien souvenir.

A Valence d'Espagne, où nous avions visité en barque plate les rizières du Perello dans l'Albufera.

Ces noms que vous lisez avec toute la curiosité et la bienveillance qui vous penche sur le rendez-vous mensuel, résonnent pour moi de sa voix. l'accent final sur le O de Perello, avant dernier sur le é de Albufera et les deux L mouillés de la paëlla ... vous me verriez sursauter intérieurement quand j'entends dire paéla !

Conditionnée, dressée, je me hérisse quand les mots ne sont pas prononcés comme on m'a appris à m'y appliquer.

Celui de février, comme toujours, anticipé

Et donc voilà, comme tous les ans en février, je rate la sieste acoustique et j'anticipe le rendez-vous du 26 parce que je pars fêter ailleurs mon anniversaire. Sans ordinateur mais avec mon appareil photo.

Je ne crois pas que nous irons dans l'Albufera cette fois, le centre de la ville suffira et le bord de la Méditerranée quand-même, parce que rien ne vaut la mer pour un anniversaire. Parce que rien ne vaut la mer.

Au pays des oranges et du riz, j'imagine que nous aurons des surprises, quant aux fantômes je ne sais pas, ni si des indices me rappelleront le très ancien voyage, ni si je rapporterai de quoi nourrir ma prochaine chronique.

On verra !

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 17:14

#monPère #Willy #Beckett #Labège #famille #froid #vœux

Il faut bien le reconnaître : c'est de plus en plus difficile de trouver des choses à raconter pour le rendez-vous du 26. Mais je suis fidèle et obstinée, donc je me lance quand même.

D'abord et puisque le passé ne nous quitte jamais vraiment, une petite photo d'avant, parmi celles que m'a envoyées mon oncle Sammy, le demi-frère de Willy. Il les a lui même prises en photo à Washington USA, dans l'album d'un ami de la famille, Léon G.

Sammy, Viviane, Hannah, moi et Jacques, avec la Dauphine

Sammy, Viviane, Hannah, moi et Jacques, avec la Dauphine

Ensuite, un truc à propos duquel Willy aurait, je pense, pas mal "épilogué" comme il disait : Labège Innopole, marqué tel quel sur le petit bâtiment de la gare. Innocent ? Inoffensif ? Ben non, innovant évidemment, puisque : du nouveau, toujours du nouveau.

Le nom entier de cette banlieue industrielle, ou plutôt industrieuse, de Toulouse, sa dénomination officielle et dépliée est "Parc de Labège Innopole : parc d'activités majeur du sud-est toulousain". Pas "d'activités majeures" hein, entendons nous bien.

ça c'est Labège village / o nostalgie

ça c'est Labège village / o nostalgie

Ça n'est jamais qu'un endroit où les bâtiments de bureaux ressemblent à des entrepôts et vice versa, des parallélépipèdes de métal ou de plastique peint avec chacun son parking "arboré" de chétives créatures végétales. De ces zones d'activités où les jeunes diplômés viennent tous les matins, chacun dans sa petite voiture et son petit costume, accomplir leur ... job et mériter leur salaire.

Tout ça pour dire, que quand j'habitais Toulouse, Labège s'appelait Labège tout court, c'était une petite ville par où on passait pour aller vers Narbonne ou Sète, la route de la mer quoi.

Et sinon ? J'ai appris que le père de Beckett, Samuel, s'appelait William et que ce prénom date du Moyen-Age, il a été inventé par les Anglo-Saxons de l'époque.

Voilà. Que vous dirai-je pour conclure ? Que vu la froidure ambiante, il faudra bien se couvrir et ne pas hésiter à rajouter du miel dans son citron chaud, à se munir d'un cache-nez et ne pas oublier le fier service que peut rendre un 'tricot de peau', ce vêtement de coton fin qui, rentré dans la ceinture du pantalon, prévient efficacement des coups de froid aux reins.

petites laines assorties

petites laines assorties

Sur ce, je souhaite une bonne année à ceux qui n'auraient pas reçu mes vœux !

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 11:57
Le dernier 26 de l'année

Etant donné que ce 26 tombe un lendemain de fête, et que partant, ou plutôt, rentrant, j'ai énormément de choses à faire (ma wikifiction du jour, la lessive, des courses festives et d'autres pas, trier les photos, brosser le chat, avancer mes notes de lecture, commencer un texte de commande à rendre le 27 janvier - si vous voulez tout avoir) je vais me contenter de vous donner des nouvelles, à la volée !

Le dernier 26 de l'année

Donc nous rentrons de quatre jours au bord de la Méditerranée, très bleue sous un ciel assorti et sans nuages la journée - courte - laiteuse, lumineuse, entre turquoise et argent sous un ciel rose, le soir.

Rochers rouges, rôtisseuses et cyclistes habillées en pères Noël, étourneaux perchés sur les mats des bateaux amarés, oursins de Cavalaire, café les pieds dans l'eau à Cannes, des oranges dans les orangers, des goélands grands comme des barques, un chapon de pintade, des chocolats du Furet, des clémentines corses, des cadeaux en monceau, un citron confit, un jeu fait maison ... qu'oublie-je ?

Plein de trucs forcément, tout ce qui fait que les jours ne sont jamais les mêmes et que même quand on croit, comme moi, qu'on n'aime pas trop Noël, période de festivités obligatoires autant que familiales, de bombances et de gaspillages, de fée électricité beaucoup sollicitée, on peut s'émerveiller quand même pour un rien, et bien rigoler.

Le dernier 26 de l'année

Je vous souhaite jolis les derniers jours de l'année et plus encore tous ceux que la prochaine va nous apporter.

Et, avec une pensée tendre pour tous ceux qui nous manquent, je vous embrasse.

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 11:43

#nucléaire #EDF #Golfech #APA #PierreJean #répondeur #cassettes #80s

" La centrale nucléaire de Golfech a libéré trop de rejets radioactifs dans l'air pendant 2 minutes. Selon EDF, l'incident "significatif" s'est déroulé le 19 octobre et l'anomalie a été stoppée au bout de 2 minutes grâce à des alarmes."

 

C'est le titre du papier sur le site de France 3 Midi Pyrénées, paru le 24 octobre 2016.

J'ai vu aussi - mais je ne retrouve plus où, seulement une entrée du début de l'année dans la Dépêche - que la mairie d'Agen renouvelait son stock de pastilles d'iode. Elles ont une durée de validité de sept ans, les dernières ont été distribuées en 2009 aux habitants des zones dans un périmètre de dix kilomètres autour des centrales.

On leur conseille de venir en chercher des nouvelles.

 

A propos de l'état du nucléaire en France, une analyse très intéressante de Greenpeace ici :

 

Je prends le relais de Willy. Pour des choses comme ça et pour les anniversaires des enfants par exemple, j'offre un livre, comme il faisait lui.

le dos, c'est tout ce qui reste de la couve (cahier Héraklès, of course !)

le dos, c'est tout ce qui reste de la couve (cahier Héraklès, of course !)

Ce matin j'ai envoyé à l'Association pour le Patrimoine autobiographique et l'Autobiographie, la bonne vieille APA d'Ambérieu en Bugey où sont mes deux cents carnets. J'ai envoyé une retranscription  - je garde l'original pour l'instant - du journal de Willy, celui qu'il a écrit à 20 ans et quelques, d'octobre 1955 à Janvier 57. Pour qu'ils le conservent et le tiennent à la disposition de ceux - étudiants, sociologues, chercheurs - qui voudraient le lire.

Ça bouillonne tout autour : il est aussi question, peut-être, de faire une émission de radio autour de ce journal, de la guerre d'Algérie vue par le petit bout de la lorgnette, des juifs polonais d'Oran, du décret Crémieux...

L'angle reste à trouver.

En attendant, en préparant, je fouille dans mes affaires et je trouve - je savais que j'en avais gardé - des cassettes de répondeur des années 86-87.

Je les écoute et c'est un délice !

Les bip, les réactions à mon message, les voix oubliées ou familières, l'ambiance de l'époque, les complications d'un temps où on ne pouvait pas compter sur les téléphones mobiles pour se retrouver.

la première page

la première page

Et la voix de Willy bien sûr, qui se perd en explications extrêmement alambiquées pour donner rendez-vous sur un quai du RER, d'où aller à la synagogue d'Enghien pour je ne sais plus quelle raison.

Je suis émue et contente de l'entendre, et surtout de ressentir le même mélange d'agacement et d'attendrissement face à sa manière si ... interminable de préciser les tenants et les aboutissants, les raisons et les empêchements, le contexte et le sous texte...

 

Emue et contente, mais calmement. Parce que la voix, comment dire, est au présent éternellement. L'entendre n'est ni nostalgique, ni tragique, ni même troublant.

Je l'entends parce qu'il me parle, la voix sert à ça. Mais pas seulement.

Sa voix c'est son portrait parfait. Je l'entends, il est là.

Et puisque j'en suis aux cassettes de répondeur, je voulais dire aussi un petit mot de Pierre-Jean (il y a un message qui commence par "coucou, c'est Pierre-Jean !" légèrement teinté de son accent du Sud, joyeux, léger, charmant.)

Pierre-Jean, un ami donc, de la bande Marianne, Ninouk, Claudine, Catherine, François ... Pierre-Jean qui a cessé de voyager pour de bon à la fin octobre sur un vol Auckland Abu Dhabi.

Il était plein d'aventures, ça s'est terminé en plein ciel.

mille neuf cent quatre vingt trois

mille neuf cent quatre vingt trois

Voilà, c'était le rendez-vous de novembre.
Au terme duquel je vous embrasse, vous qui me suivez sans rien dire.

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