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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 10:20

Willy 28-10-56

La tristesse d’un dimanche soir, radio en musique de danse, crépuscule insensible et nuages dans le ciel, ce n’est pas la tristesse d’un jour vide ou ennuyeux mais la tristesse angoissante ou simplement désabusée de quelque-chose qui finit, plus qu’un jour, une semaine, c’est-à-dire une tranche de vie, une période que le temps soustrait fatidiquement et sans insister. Le jour s’en va, la nuit arrive. Et puis un autre jour. Lundi. La semaine qui s’est terminée la revoilà mais c’est une page blanche, sept nouvelles pages blanches qui vont s’envoler au vent du passé.

Moi tout pareil, la tristesse d’un dimanche soir d’élections qui n’ont pas tourné comme j’aurais préféré.

La semaine qui commence là, un an et dix mois sans Willy.

Et malgré ci et ça et la pluie, plutôt contente d’être ici. Les bonnes lectures, les fleurs qui poussent et les hirondelles qui crient, quoiqu’il arrive, les fraises bonnes et les cerises bientôt.

Et puis tout ce qui, autour des jours de Willy me le rappellent. A la radio le chant des « lanciers polonais », dans ‘Treme’, un père mal en point mais qui fait jusqu’au bout ce qu’il aime, dans Virginia Woolf un vers de Shakespeare

Full fathom five thy father lies … faudra que je lise ‘La Tempête’.

En attendant, je lis toujours le journal de mon père, je le retranscris. Je découvre qu’il était déjà à 23 ans le même que j’ai connu et je le remercie d’avoir, avec ce portrait de lui, non seulement prolongé notre relation mais aussi justifié ma manie d’écrire.

1-11-56

Est-ce que l’œuvre d’une vie et sa seule préoccupation peut-être d’enseigner une langue à des enfants. Je suis heureux lorsque je sors de classe après avoir fait un cours que j’émaille toujours de rires peut-être un peu trop pour la bonne tenue des élèves. Mais c’est tellement plus facile de passer une heure à apprendre en riant. Une sorte de confiance de la part des élèves qui ne se croient plus forcés d’apprendre. Il faut arriver à leur faire prendre ça comme un jeu instructif. Mais si je suis heureux en sortant de là, c’est parce-que j’y joue. Je joue le rôle du professeur. J‘étale mes connaissances, mon esprit. Il faut bien l’avouer. Là je fais du théâtre et sans crainte de critiques. Je sais que le public ne peut pas critiquer, soit par discipline soit par manque d’intelligence. Je joue la comédie, je joue toujours disait Violette d’un air un peu triste semble-t-il.

Ce qui est sûr c’est que je suis sur la pente du narcissisme. Et je parle beaucoup. J’adore raconter des histoires qui n’intéressent que moi avec forces détails superflus. C’est cela qu’il faut éviter, je me le suis dit souvent : parle moins. Mais je sais que si je rase quelquefois, je plais ou j’amuse souvent. Alors je joue et je parle et on me pardonne les moments où je rase.

26 mai

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