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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 10:23

#MichelFoucault #RiadSattouf #Willy #Maugis #AnneWilli #NormaleSup #Steed

On s’approche des trois ans, à un mois près.

Une des lectrices de ce blog me dit qu’il faudrait passer à autre chose. Elle ne le dit pas comme ça.

Moi je ne me vois pas abandonner le rendez-vous du 26.

Je veux bien imaginer que ce jour finira par devenir un prétexte.

Là j’hésite à sonder mon humeur de fille sans père.

J’écris pour moi bien sûr, mais j’écris pour vous aussi.

Peut-être ma récolte du mois suffira-t-elle à satisfaire votre … curiosité aussi bien que mon devoir de m’épancher.

« J’ai déjà entendu (Michel Foucault) dire que la mort est un événement tel qu’on ne peut le recevoir immédiatement mais qu’elle a au moins un avantage, le survivant devient le maître de la relation. »

Mathieu Lindon dans « Ce qu’aimer veut dire »

De mon côté, je n’en suis pas encore à chercher des ‘avantages’ et je me demande si je j’aurai jamais besoin d’être maître de ma relation avec mon père.

OÚ IL SERA QUESTION DE LIVRES, DE FRINGUES ET D’AVENIR

Le portrait de père dans « l’Arabe du Futur 2 » de Riad Sattouf. Il a réussi à montrer à la fois ses préjugés, sa faiblesse face au poids des traditions et à lui garder toute sa tendresse, à faire sentir un peu de son humour. Un universitaire oriental très attaché à sa famille … La Syrie n’est pas l’Algérie et la génération n’est pas la même.

Ce que j’ai reconnu, c’est cette figure de père qui cherche toujours à bien faire, quitte à se montrer dur, mais dont on sent par quelques indices involontaires que la fermeté est une carapace construite exprès, qu’elle protège une fragilité désarmante.

Je vais avoir du mal à en dire davantage, vu que c’est exactement ce que je voudrais réussir si j’écrivais un portrait de Willy. Mais j’ai choisi les fragments, les ‘je me souviens’ et les signaux de hasard.

Henry Gauthier Villars dit Willy par Vallotton

Henry Gauthier Villars dit Willy par Vallotton

A propos de Willy, je viens de lire ‘Maugis en Ménage’ curieux mélange de belle écriture fantaisiste et de mots d’esprits ajoutés au forceps, intrigue un peu lâche de roman sentimentalo-désabusé.

Voir un bouquin signé Willy sur ma pile de nuit (je n’ai pas de table, mais les livres s’empilent) fait son petit effet au réveil.

Je ne résiste pas au plaisir de coller un petit extrait, évidemment de la plume de Paul Jean Toulet, un des nègres de luxe de l'écurie de Willy :

Toute seule sur le boulevard, à côté de son ombre bleue, une bonne contemplait les deux époux ; elle les contemplait de profil, comme font les canards, d'un œil écarquillé, jaune, giratoire, pareil à une petite roue. Du reste, elle portait sur le bras un enfant évidemment porphyrogénète, tant il était rouge, et qui, doucement, boucanait au soleil. Sans doute, les parents l'avaient-ils confié à sa bonne afin qu'elle le fît cuire et comptaient sur lui pour le repas du soir ; il se passe dans la petite bourgeoisie, à Pau, des choses incroyables.

Je mijote également d’entrer un jour dans une de ces boutiques marquées ‘Anne Willi’ dans les vitrines desquelles les coupes sont sobres et les couleurs audacieuses.

La fête des Pères, dimanche dernier, signalée par des affichettes, ou des présentoirs devant quelques magasins, a donné lieu à de petits pincements. Je lui aurais téléphoné en me moquant de l’occasion, mais je n’aurais pas imaginé faire l’impasse sur cette fausse fête. Je lui aurai dit quelque-chose comme ça. Il aurait été content quand-même.

OÚ IL SERA QUESTION DE LIVRES, DE FRINGUES ET D’AVENIR

Simon vient de réussir le concours d’entrée à Normale Sup. Willy aurait été très fier de son petit neveu, le fils du fils de sa sœur aînée. Lui qui préparait ses élèves précisément à l’entrée dans cette école. Il aurait été ravi qu’enfin un des jeunes suive sa voie ou s’en approche.

Qu’est-ce que je voulais dire d’autre ?

La mort de Patrick McNee, monsieur Chapeau Melon, survenue hier. Il avait 93 ans.

Et puisque j’en suis à saluer les héros qui nous quittent dans leur quatre-vingt dizaine, place au père de Nicole, Raymond, que j’admirais beaucoup dans sa scierie quand j’étais petite. Je crois qu’avant lui je n’avais jamais vu un type qui soit à la fois si fort, taillé, baraqué, et si souriant, si indulgent et gentil.

J’essaierai d’écrire moins décousu la prochaine fois.

En attendant je vous embrasse tous.

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