Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 12:23

 

IMG_1042.JPG"Impossible de rester ouvert à tout, ou de céder à chaque impulsion comme une porte de saloon, de la même manière quelle que soit la personne, de laisser les gens entrer et sortir à leur guise.  D'un autre côté, si vous vous refermez complètement, de façon à ce que rien ne vous dérange, vous vous retrouvez comme un ours dans son trou pour l'hiver, ou comme un miroir emballé dans une couverture. Et comme ce miroir, vous ne risquez plus d'être brisé, mais du même coup vous perdez votre éclat. Alors que nous voulons tous briller. C'est là qu'est le problème. Nous voulons tous être ce que nous sommes à l'extrême." *

 

J'ai trouvé The Victim de Saul Bellow dans une librairie d'Helsinki tenue par un Français anglophone. J'ai trouvé Saul Bellow grâce à Martin Amis qui le place au plus haut.

Je n'avais aucune idée de ce que pouvait bien raconter ce livre écrit en 1947.

Je suis tombée dans ce New York nocturne estival et paranoïaque sans savoir où je mettais les pieds.

Saisie par l'ambiance.

Un type esseulé dans Manhattan est poursuivi par un autre qui le rend responsable de sa ruine matérielle et morale.

C'est une histoire de scrupules, d'interrogations sur soi-même, l'image qu'on projette, les malentendus et la manière sinueuse dont on interprète le monde autour de soi dès qu'on n'est plus très sûr de ce qu'on est soi-même.

Très envoûtant bizarrement.

Et comme tous les bons livres. Et comme "tous" les "bons" livres ... il appuie précisément au tendre de mon humeur du moment.

Comment me protéger du monde sans me déconsidérer totalement ?

Comment garder ma curiosité ouverte sans me laisser envahir ?

Comment être pour ne pas m'en vouloir ensuite ?

Comment être moi-même à l'extrême et que ça me plaise à voir ?

 

On pourrait dire que j'ai beaucoup aimé ce bouquin, il serait plus juste de dire que je ne pouvais pas l'éviter.

 

* ma traduction de ce morceau de la page 92

You couldn't find a place in your feelings for everything, or give at every touch like a swinging door, the same for everyone, with people going in and out as they pleased. On the other hand, if you shut yourself up, not wanting to be bothered, then you were like a bear in a winter hole, or like a mirror wrapped in a piece of flannel. And like such a mirror you were in less danger of being broken, but you didn't flash either. But you had to flash. That was the peculiar thing. Everybody wanted to be what he was to the limit.

 

 

Partager cet article

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Les rendez-vous du 26 / voir aussi http://rozenblog2.blogspot.fr/
  • Les rendez-vous du 26 / voir aussi http://rozenblog2.blogspot.fr/
  • : Des phrases, des humeurs, des colères, des petits coups de butoirs butés brefs et rigolos, ou pas rigolos. Et surtout : Les rendez-vous du 26 en souvenir de mon père ...
  • Contact

Recherche

Pages

Liens