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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 09:57

U comme Unique : Je ne suis pas comme tout le monde et je ne suis pas la seule. Je me disais ça dans un couloir de métro. Passant devant l’affiche d’un block-buster « toi mon vieux, tu te passeras de ma clientèle ! ‘tout le monde’ ira, moi pas. Exactement pour cette raison-là. Et je n’aurai rien à dire dans la cour de l’école, à la machine à café, dans les vestiaires de la gym, tant pis. »

On est quelques-uns comme ça, chacun dans son domaine, à ne pas vouloir ingurgiter ce que la majorité plébiscitera. Cette idée qu’il existe des niches, des publics limités, des créneaux minuscules, des poches de résistance, des goûts excentriques … ne laisse pas de me réjouir.

 

T comme Temps : Le temps on n’a que ça, c’est la matière de la vie même, le temps est avec nous. Ne jamais oublier qu’il est précieux mais ne pas avoir peur de le gaspiller : c'est Le Luxe abordable.

Et à propos de temps, se souvenir qu’aussi étrange que ça puisse paraître, la météo est comme elle est. Si pester contre, peut être un bon moyen de passer pour quelqu’un de civilisé auprès des gens dont on n’a rien à foutre, il serait néanmoins dommage d’abuser du sujet. Stupide de se cogner contre le mur mou de la météo. Agréable au contraire de faire chaque matin, voire à chaque fois que le vent tourne, ce petit exercice : glamouriser le temps qu’il fait. Gris terne et sans ombre ni contrastes, penser à Woody Allen qui nous envie ce gris Louis XIII / Dior / gorge de pigeon, si français et tellement romantique. La pluie pour s’embrasser dessous avec ou sans parapluie, ou rêver de, si on n’a personne sous la bouche. La chaleur lourde et marcher comme si on avait deux cents ans.

Chacun ses goûts et ses références, mais il y a toujours moyen de trouver un attrait au temps qu’il fait (à condition bien sûr d’avoir la possibilité matérielle de s’en protéger). Seuls sont autorisés à pester contre le temps qu’il fait, ceux que la mouise contraint à coucher dehors. Nous, les autres, choisissons un ennemi plus à notre niveau.

 

S comme Suicide : Y penser pourquoi pas, c'est signe qu'on ne se laisse pas aveugler, bercer, embrouiller. Mais passer à l'acte !? Ce serait dépenser beaucoup d'énergie pour rien - précisément plus rien - alors que tant que tout n'est pas fini on n'est jamais à l'abri d'une bonne... Surprise.

Je partage sur ce sujet l'avis de Dorothy Parker : "Guns aren't lawful; Nooses give; Gas smells awful; You might as well live."

Beaucoup de complications pour un résultat hasardeux et de grandes chances de se rater lamentablement.

Sans compter que qui dit suicide dit "petit mot". Parce qu'il faut quand même un minimum de savoir mourir. A moins d'être complètement seul au monde, on ne peut pas s'en aller comme ça, sans un mot d'explication. Il me semble à ce propos qu'on n'aura pas trop de toute notre vie pour arriver à rédiger une note qui soit un tant soit peu à la hauteur du geste.

zédécédaire 3 (à la demande générale d'une, je continue)
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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 10:23

Bon, c'est décidé, je le publie ici par petits installements

mon zédé (qui devrait s'appeler zéwéyévaire mais est ce qu'on comprendrait ?)

et donc, ci la suite

toujours à l'envers

c'était donc avant, mais je me relis au fur et à mesure

persiste et signe

(et puis, j'aime pas gâcher)

(et puis, j'aimerais savoir ce que vous en pensez)

Y comme Yoga : Respirer, c'est le grand secret, irriguer son corps avec l'air du dehors. Bon, pas bon, l'air, peu importe, on fait avec ce qu'on a. Respirer, ouvrir sa cage thoracique, s'auto masser le ventre en passant, écarquiller ses poumons, renforcer ses jambes.  Sans oublier le plancher pelvien. Pour le plaisir de se sentir physiquement exister. Et aussi pour être prêt, le cas échéant : s'il faut tenir en équilibre, ou pouvoir courir vite sans s'essouffler, ou se battre, résister. Le Yoga c'est une manière de s'y colleter, mais le principal, chacun son style, c'est de ne pas oublier son corps. S'écouter, malgré les sourcils froncés. Admettre aussi parfois de pouvoir être triste ou fatigué, plombé, ou inspiré par ses hormones. Appuyer où ça fait mal, s'étirer quand on en a envie. S'arrêter quand les autres marchent. Se regarder, s'ausculter, masser ou se faire masser. Se frotter le dos contre les troncs d'arbre, mais attendre quand même d'être tout seul pour se fourrer un doigt dans le nez.

W comme Wow : Ne pas perdre une occasion de s'émerveiller. Et tant pis si on a l’air un peu nouille. Garder les yeux et les oreilles bien ouverts (voir Zoo). La société est moche mais la vie est belle. Les gens sont étonnants, la lumière fait tout changer tout le temps. Le monde est notre huître, un peu polluée certes, mais toujours fascinante verte et grise et bleue comme un œil vivant enfermé dans un  caillou. Non seulement il est agréable de se laisser surprendre, amuser, séduire par un spectacle qui n’en est officiellement pas un, mais en plus, il est excellent d’exprimer son émerveillement. A voix haute, d’un éclat de rire, s’autoriser à réagir fait partie du plaisir.

 

Zédécédaire Deux
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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 11:15

Je vous le confie tel quel (écrit en mai 2010) par petites livraisons ...

 

VIVRE ENCORE ICI ALORS QU'ON N'Y CROIT PLUS DU TOUT

le Zédécédaire (désespéré mais rigolo)

 

PREAMBULE :

 

Si le désabusement découragé ne se calme pas, il va bien falloir prendre des mesures. Je vote, mais je crois que ça ne sert à rien (je vote quand même parce que c’est mon seul acte politique évident). Je vois que le monde globalisé est aux mains des hommes d’argent. Que pour eux la vie n’a aucune valeur, ni l’humaine - à part peut être la leur - ni l’animale, ni celle de la planète. Je crois donc calmement et résolument que tout est foutu. Je crois aussi que même si nous sommes nombreux à faire ce constat, nous ne sommes pas encore tout à fait assez au bout du rouleau pour tout faire péter – qui me paraîtrait la solution la plus raisonnable - . Je suis consciente que pour se permettre de faire ce constat, il faut avoir le loisir de lever le nez de son gagne-pain, ce qui est donné à de moins en moins d’humains. Donc le jour où nous serons assez énervés pour zigouiller tous ceux qui doivent l’être (patrons d’industrie pharmaceutique et de multinationales OGM, fauteurs de hedge funds et spéculateurs maniaques …) nous ne serons probablement plus assez nombreux, ni peut être suffisamment énergiques, pour passer à l’acte.

Je me propose donc, puisque je ne sais que faire (à part quelques grognements et boycotts divers) en attendant que la situation mûrisse pourrisse et que je n’ai pas envie de quitter la vie pour autant - dites que je suis inconsciente, inconséquente. Reconnaissez que, comme vous, je n’ai qu’une vie  et qu’il est légitime de vouloir être là pour voir comment elle finit - Je me propose donc, au bout d’un demi-siècle de vie terrestre, de vous faire partager un peu de la vague sagesse que j’ai fini par acquérir tant bien que mal.

Il paraît que, malgré mon découragement fondamental,  je suis rigolote et primesautière. Il paraît qu’avec moi la fête est toujours réussie, que j’ai de la joie, de l’entrain. Il paraît que je réjouis ceux de mes contemporains qui parviennent  à s’approcher. Il paraît que je suis égoïste mais d’un égoïsme généreux. Je vais donc généreusement vous confier mes secrets pour voir la vie non pas en rose, mais comme un chemin praticable, voire engageant. Et pour vous donner tout de suite un avant-goût de ma logique, je commence par la fin. Pas seulement pour brouiller les pistes ou me distinguer, mais surtout pour le plaisir de finir par le début.

 

 

 

Z comme Zoo : Nous sommes tous des animaux bizarres, des bêtes curieuses pour les autres, et pour nous même aussi de temps en temps. Alors munissons-nous d'un grand paquet de cacahuètes (avec leurs coquilles) et partons à la découverte des autres, tout en grignotant et distribuant la bonne graine oléagineuse. Sortir de chez soi pour aller voir ailleurs si on n'y serait pas. Chacun dans sa cage fait son numéro. Nous les animaux à roulettes et à boutons, nous avons autant de styles et d’expressions que les singes les plus intéressants. Nous sommes tous des histoires et nous en laissons régulièrement percer des fragments.

Donc recette 1 : regarder les gens. Non seulement regarder mais interagir si ça nous prend. Faire entrer un peu de qualité dans ces moments. Ré-éprouver le plaisir d'être attentif et prévenant. Dire tout haut les mots de ces rites : bonjour, merci, pardon, je vous en prie, vous avez besoin d'un coup de main ?

Recette 2 : prendre des notes, des photos ou des enregistrements. La chasse au trésor il n'y a rien de plus excitant.

Oui bon, ça ne fait que deux recettes, mais vous avez compris le principe : sortir de chez soi, regarder les autres et le monde, en faire son miel.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 15:24

Hier j'ai eu une idée pour un bouquin, nom de code "Road Livre". Elle me plaît bien, j'en ai un peu envie, je vais jouer avec et prendre des notes, jusqu'au moment où je me lancerai, je plongerai.

Si moment il y a.

Est-ce que ça fait un an que je n'ai pas eu d'idée pour un livre ? C'est bien possible.

Mais avant, des idées qui m'ont fait saliver quelques semaines ou mois et se sont écroulées au bout de quelques pages après le fameux plongeon, j'en ai eu un certain nombre. Voire davantage.

Je vous raconte un peu mes idées mortes :

Une biographie complètement libre et fictionnée de Carol Kane.

J'aurais écrit à la première personne.

En fait sur elle je n'avais qu'une idée : elle a joué des rôles underground mais de premier plan toute sa vie, jusqu'au moment où elle a fait refaire son incroyable nez crochu et là, elle s'est retrouvée dans des block-busters mauvais, dans des n-ième rôles et plus ironique que tout, elle a fini par arborer un gros nez postiche pour le rôle d'une sorcière furieuse.

Comme finalement ça faisait un peu court pour un livre, j'ai eu l'idée géniale d'y adjoindre deux autres fausses bio à la première personne : une de Leigh Bowery, performer punk anglais, roi du déguisement trash ; et une de Pomaré, reine de la Polka, égérie de Baudelaire et morte comme Leigh bien avant l'heure ....

C'eût été une belle trilogie.

Il y avait aussi le Roman Roman, un jeu où je devais aligner le plus de clichés littéraires possibles, en commençant par un gars qui se réveille avec la bonne odeur de café fraîchement moulu et dévale quatre à quatre les escaliers, non sans avoir au préalable gonflé ses poumons devant sa fenêtre grande ouverte sur la montagne en été ... mais j'en ai eu très vite marre.

Il y a eu ce rêve souvent remanié du livre qui s'écrit comme on respire, qu'il suffit de commencer :

"Si elle raconte tout c’est qu’on ne lui a jamais rien raconté. Elle ne sait rien de sa propre histoire."

Toujours un peu autobio, comme celui qui prenait mes parents comme des personnages par un bout inédit : ils étaient tous les deux orphelins de père ...

Et j'allais oublier celui des quatre personnages contemporains qui n'ont rien à voir les uns avec les autres, une vieille dame qui baise, un jeune homme qui joue, un homme qui a des soucis d'argent, une fille paresseuse ... le but étant de me débrouiller pour qu'ils se rencontrent et interagissent. Les personnages avaient eu droit chacun à une fiche de quelques lignes.

Je me suis désintéressée du tout au bout d'une page.

Et il y a toujours cette histoire de créatures qui représentent des amours finies ou en cours, impérissables ou éphémères et qui vivent dans un monde à part sans avoir qui elles sont ...

Je finis mon verre d'eau tiède à la santé de tous ces projets morts et je me souhaite d'en avoir encore et encore.

Quant au tout récent, je viens de lui ouvrir un fichier et je vais me reverser un verre à la bonne sienne.

je me projette
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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 10:23

Il a fini par arriver ce 26 juillet 2013.

C’est comme ça le temps, ça court quoi qu’il arrive.

Je ne crois pas avoir jamais jusqu’ici mesuré une année, mois par mois.

Et donc, cette année oui, pour tenter de sentir les nuances du deuil.

Chaque 26 de chaque mois consacré un peu plus que les autres jours à l’idée, au souvenir de mon père.

J’ai dit « sentir» et pas «observer» parce qu’il n’y a rien de précis dans l’entreprise. A me demander chaque 26 à quoi ressemble la sensation de perte, de manque, de disparition, je ne peux jamais défaire mon sentiment de tous les autres éléments : l’humeur, les préoccupations, le temps du ciel.

Et la dernière fois qu’on m’a posé une des ces questions sous-entendues, j’ai répondu que ça allait mieux, que j’avais l’impression d’une douleur un peu allégée, d’être allégée moi-même.

Il n’y a plus cette angoisse pesante et vertigineuse des premiers temps. Probablement je suis apaisée, en cours de réconciliation avec l’indiscutable et l’irréversible. Je ne crois plus que mon père va reparaître, je ne sens plus cette étrange impression de mauvaise blague.

Quant au découragement, je n’arrive pas à l’isoler dans un tube assez propre. Je n’écris toujours pas, mais les causes sont multiples.

Je me suis surprise un de ces matins de petit vent au soleil avec une zone de bonheur au creux du ventre. Je me suis dit «tiens, tiens».

Je n’ai pas pensé que je ne serai plus jamais heureuse, ni que l’insouciance ne reviendrait pas. Je suis presque étonnée quand même de les entrevoir.

Je ne peux toujours pas en discuter longuement avec ceux de la famille qui le souhaitent. Pour le dire vite : j’aurais peur de pleurer.

Et je n’ai pas l’impression d’avoir autre chose à dire que ce que régulièrement je poste ici.

Ce serait quoi, « parler de Willy » ?

J’ai passé du temps avec ma sœur, avec ma mère, davantage que les années précédentes - les années de son vivant - et nous l’avons à chaque fois évoqué, mais sans nous appesantir (peut-être pour rester dans le même registre qu’avant).

Parler de lui ce serait quoi ?

Un gentil ami m’a indiqué que je pouvais l’appeler si j’avais « besoin de parler ». Je n’ai pas besoin de parler, j’ai besoin de prendre le temps parfois de penser à mon père disparu, parti, terminé.

J’ai regardé des photos de lui et je me suis souvenue qu’avant sa maladie – le lymphome spécial Amérique Latine –sic- qui l’a emporté) il restait incroyablement juvénile.

Mais le cancer, ou la chimio ou les deux, lui ont fait prendre vingt ans d’un coup.

Je l’ai vu, je l’ai dit, ça m’a beaucoup impressionnée.

Et donc ?

J’ai commencé ce texte à l’avance, pour faire durer ma commémoration spéciale et pour ne pas risquer d’être prise de court le jour J.

Et je ne savais pas comment conclure, mais le ciel s’y est mis.

Grand coup de tonnerre au petit matin, de ce 26 juillet, coup de canon d’honneur pour mon père qui s’éteignait (tous les mots qui disent la mort sont bizarres, aucun ne convient) il y a un an exactement, à peu près à cette heure.

On s’aimait.

 

 

 

UN AN
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 10:43

430155-suzy-menkes-a-la-casa-di-lapo-a-637x0-3Mercredi je croise Suzy Menkes en personne et vendredi je tombe sur Junior. La vie est faite de rencontres.

 

Mercredi, alors que je marche boulevard Sébastopol, mon œil est attiré par une présence incongrue : une longue voiture noire aux vitres fumées garée le long du trottoir, avec un chauffeur en costume et lunettes sombres qui veille. Trois pas plus loin, petite dame en imper anthracite, les cheveux pas très propres mais la coiffure caractéristique, carré derrière, rouleau de frange au dessus du front, la papesse US de la mode herself, the queen of fashion, en personne, là, sur un boulevard même pas chic.

Autant dire, une apparition. Directement des pages de Vogue US aux rues de mon quartier.

En continuant mon chemin j'ai fini par comprendre ce qu'elle faisait là. De l'autre côté du boulevard, à travers le square joli dont je ne me rappelle jamais le nom, c'est la rue St Martin et le siège de JPG, magnifique bâtiment avec un style pour chaque étage, grandiose et discret, qui fait quasi face aux Arts et Métiers, où je me souviens d'avoir vu tout à l'heure une bande de ces hommes à costumes et lunettes, servant de chiens de berger à une foule grandissante de filles trop habillées pour l'heure et le quartier. C'est la saison des défilés.

Et après le show de Jean Paul, Suzy donc, se dégourdissait les jambes avant de repartir pour de nouvelles aventures.

 

Vendredi je tombe sur Junior, tenu à bout de licol par une dame en short, chapeau de toile et chaussures de randonnée. Après le bonjour rituel des chemins de campagne habitée, il vient directement poser son nez dans ma paume. La randonneuse est suivie d'une paire d'autres, ils font un circuit dans la région, de chambre d'hôtes en chambre d'hôtes et c'est Junior qui porte tout le barda. Deux paniers en travers du dos, remplis de diverses provisions et les trois sacs à dos des marcheurs, qui peuvent ainsi, à part la préposée au licol, se promener les mains dans les poches, une herbe à la bouche. Ils doivent faire la route de la noix, ou celle du fois gras, ou celle des moulins de l'Ouysse, c'est pourquoi nous les croisons sur le chemin de Valleye, commune de Lacave, département du lot, entre prés de rivière et petit bois de chêne, entre l'eau et les falaises de calcaire.

 

Suzy M est une humaine de la race des people, Junior est un âne de bât, qui m'ont valu à deux jours d'intervalle, deux rencontres aussi étourdissantes l'une que l'autre.

La différence quand même c'est qu'avec Junior, on  a pu discuter.

 

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 11:07

3452332674 0164f9d617Le zip d’un dossier de fauteuil (rouge) défait que je refermais prestement.

Qu’est-ce que ce détail  venait faire dans mon rêve de cette nuit ?

C’est que je me demandais en me brossant les dents (et pourquoi me le demandé-je ? Mais on n’en finirait plus !). Et très bizarrement, j’ai retrouvé la source : hier soir dans le métro en rentrant du yoga, j’ai posé mon sac sur mes genoux et me suis aperçue qu’il était un peu ouvert. J’en ai donc refermé le zip, sans rien penser de particulier.

Un geste aussi anodin dans la vie que dans mon rêve, donc.

Ce qui confirme quelque-chose que j’ai déjà vérifié à plusieurs reprises : TOUS les stimuli de ma journée sont réutilisés dans mes rêves : les visions, les actions, les sensations sont toutes reprises et tissées dans une narration plus ou moins significative. Comme si mon cerveau était un ordinateur qui en mode sommeil, récupérait toutes les données emmagasinées à la va-vite et les rangeait pendant la nuit.

A quoi ça sert de ranger dans une histoire qui n’a rien à voir avec la réalité ?

Une histoire pas plus  logique donc pas plus mémorable.

Est-ce que cette affaire parfaitement triviale de zip sera plus facile à retrouver, réutiliser, oublier, ainsi incluse dans l’histoire d’un gars qui venait chez moi réparer une machine et s’installait pour visionner un film qu’il avait tourné avec un pote ?

Curieusement, cette idée que mon inconscient manipule à sa guise la matière que j’accumule pour lui, me réjouit, me ravit, m’enchante.

Je suis enfant, je cueille des fleurs moches au bord d’un chemin et je les rapporte toute fière, mais pas complètement aveuglée sur la qualité du bouquet, à ma mère qui joue le jeu, les trouve très jolies et les installe sur la table du salon dans un petit vase qui les transfigure.

 

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 10:20

IMG 9724

La tristesse est toujours là, comme le vilain temps parisien*, tout de notre faute à ma tristesse et moi.

Ça n’empêche pas quelques liesses de temps en temps.

Parfois je n’arrive pas à savoir, quand mon humeur retombe, si c’est le deuil qui reprend le dessus, ou un vieux fond qui remonte à la surface.

Suis-je dépressive ? L’ai-je jamais été ?

Grave oui, rigolote et grave.

Je me souviens qu’à l’adolescence je nageais dans une sensation générale de dégoût et d’ennui, que celle qui m’envahit parfois n’est pas sans rappeler.

Qu’est-ce qui change ?

J’ai de moins en moins d’idées pour son « Je Me Souviens ».

Je crois que je n’irai plus à Toulouse.

Je suis tout étonnée que des amis fassent de nouveaux enfants.

Je n’ai pas du tout envie d’écrire (des livres) (Est-ce que j’écrivais pour qu’il soit fier de moi et maintenant ça ne serait plus la peine ? C’est un truc qui me fait bien pleurer ça, dans les films : le moment où le père inaccessible et/ou jamais content, dit enfin à sa fille qu’il est fier de ce qu’elle a accompli).

Je n’ai plus cette espèce de vertige des premiers temps.

J’attends le tour d’année complète …

 

J’ai écrit ça hier. *Et puis ce matin, le soleil m’attendant en bas de chez moi.

Et j’ai lu dans « L’économie sociale et solidaire, un guide pour une autre société »

Le texte de Jacques Généreux  où j’ai trouvé, entre autres idées réjouissantes, une phrase pour moi :

"L'histoire réussie d'un être humain qui apprend à construire sa liberté,

c'est une histoire qui va en permanence alterner cette fusion attachement-détachement ..."

Les livres qui me libèrent du travail, les amis qui me libèrent de ma famille, mes préférés qui me libèrent de moi-même.

Le va et vient, le balancier. Un jour heureuse, un autre moins et des nuances à tous les instants.

Et donc simplement, vu que le onzième ‘mensiversaire’ c’est aujourd’hui pile, je me souviens de mon père un peu plus que les autres jours

 

Je me souviens de sa voix quand il disait « entonces » ou « claro que si » qu’il pouvait très bien utiliser au milieu d’une phrase en français.

 

Je me souviens qu’il m’a offert deux fois le même livre, je ne sais plus si c’est « Le partage des eaux » de Alejo Carpentier ou « Les soldats de Salamine » de Javier Cercas, ou les deux.

 

Je crois me souvenir que quand il allait chez un médecin il emportait un chèque plié en deux dans sa poche.

 

Je me souviens qu’il n’aimait la paresse sous aucune forme. Quand on utilisait un mot trop vague pour qualifier un film, un moment  ou un plat, il demandait qu’on fasse un effort, qu’on lui propose un synonyme plus riche. Exemple : c’était bon ? Ouais, super ! Mais encore ? Excellent, délicieux, délectable !? 

 

Je me souviens qu’il a caressé pendant des années,  le projet de construire aux Grézhals, un bois au-dessus de la maison de ma mère, une maison écolo autonome avec des panneaux solaires sur le toit.

 

Je me souviens qu’il n’aimait pas qu’on « s’abrutisse » devant la télévision.

  

  

 

 

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 12:13

C’était au jardin du Palais Royal, visiblement ils avaient rendez-vous pour la première fois.

Elle brune, les cheveux courts une coupe recherchée, trotteurs noirs, bas noirs, jupe noire et un col de chemise blanche qui dépasse d’un pull gris à torsades épaules carrées, très original. Elle a un look d’étudiante dans une école de mode qui serait tenue par des bonnes sœurs.

Lui brun, tout maigre dans un costume noir, chemise claire, mocassins marron, les cheveux bruns ni coupés ni peignés. Il a l’air de sortir d’un grenier mal aéré.

Ils s’asseyent sur un  banc, chacun à une extrémité. Elle lui pose des questions que je n’entends pas, il répond calmement, elle hoche la tête à chaque réponse en disant « d’accord » mais avec un petit coin de sourire mal à l’aise. Tout en continuant de faire mine de s’intéresser, elle se roule une cigarette. Quant à lui, il a posé un sac en plastique blanc sur ses genoux maigres, en sort une boîte et commence, tout en répondant poliment, à déballer un petit camembert.

Et c’est là que mes amies m’ont appelée. J’ai dû laisser les tourtereaux maladroits à leur banc. Et je ne saurai rien de plus de cette affaire de camembert.

Simplement, il est revenu me hanter cette nuit. Il a fallu que mon inconscient se donne un mal de chien pour réussir à l’intégrer à mes rêves. Voilà ce qu’il m’a concocté : je me retrouvais au Japon malgré moi (j’expliquais la veille à un ami que je refusais d’y aller depuis Fukushima) invitée à la table de gentils japonais qui, pour me faire plaisir, concluaient leur menu par un plateau de fromages français. En me servant du camembert, je faisais remarquer que je n’en mangeais que très rarement chez moi.

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 18:40

IMG 4170j'ai laissé passer le jour

c'est la première fois depuis le 26 juillet 2012

et là je me dis qu'il faut bien que je marque la date entière

parce que j'ai tendance à mélanger les années

bien sûr j'ai pensé à lui quand-même

parce que j'y "pense" tous les jours

mais pas rituellement là

je crois que je ne me suis même pas dit : ah la la, on est le 26 !

c'était la fête des mères

c'était dimanche

mon petitphone n'avait presque plus de batterie et j'avais oublié le chargeur à Paris

il faisait froid en Bourgogne et dans la France entière si j'ai bien compris

je suis sortie de la demeure qui nous accueillait

pour aller marcher dans les vignes

j'ai appelé ma mère vite

parce que cette fête, même si tout le monde s'en fiche et que c'est stupide et de mauvaise source

ce serait dommage de passer pour une ingrate indifférente en omettant d'y sacrifier

donc

et d'ailleurs, j'ai bien aimé que ma fille m'envoie ce jour-là une photo d'elle avec le chat

et m'offre en prime

Les Mondes de Ralph en DVD

mais c'est une autre histoire

tout ça pour dire

que le jour des dix mois sans mon père

j'ai parlé à ma mère

entre les vignes vertes et roses

avec vue sur une vallée douce

et un clocher de tuiles vernissées croisillonnées

et que la veille

j'avais eu une discussion émerveillante avec un chanteur musicien

qui disait de son acolyte retrouvé

"on a la même horloge"

et le fait est que quand on les entend ensemble, guitares et voix, percus au pied

quelque chose passe

il disait que c'était rare et précieux

pas seulement pour la musique

et je me suis endormie avec cette phrase, leurs chansons

et l'inspiration que donnent certains vins de Bourgogne

- il faut le reconnaître

et rendre à Meursault, non en l'occurrence, Violette, enfin je ne sais plus -

l'inspiration m'a portée toute la nuit

où j'ai vogué comme un chat dans ses rêves de chasse

sur des paroles que j'écrivais moi-même

des phrases qui finissaient toutes par "par"

et qui m'enchantaient

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