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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 18:07

où il sera question d'objets hétéroclites, puisque aussi bien tout est dans tout ...

la veille du 26 février - 31 ème rendez-vous

Rue de Paradis, une blonde platine en manteau à carreaux, en réponse au « ça va ? » d’un gars qu’elle vient de croiser : « oui, enfin, j’ai perdu mon père, je ne t’ai pas raconté ? »

J’ai entendu ça comme elle aurait dit : j’ai perdu mes clefs.

Je me suis demandé si j’utilisais cette expression, moi.

Je ne sais jamais comment dire. Et je ne sais plus comment je dis.

Je sais bien la nuance entre perdu et "égaré" et qu'on ne dit jamais "j'ai égaré mes clefs" parce que ça fait trop littéraire alors qu'en fait elles sont tout bêtement au fond du sac où on a déjà cherché ou de la poche qu'on a fouillée furieusement.

la veille du 26 février - 31 ème rendez-vous

Dans Where Angels Fear to Tread de EM Forster : "The dead who take away so much, really take with them nothing that is ours."

Me laisse perplexe.

"Les morts, qui emportent avec eux tant de choses, ne prennent finalement rien qui nous appartienne."

Qu'est-ce que mon père a emporté en mourant ? A part lui-même effectivement. Il n'a pas pris les souvenirs que j'ai de lui, l'influence qu'il a exercée, l'éducation qu'avec ma mère, il m'a donnée, les manies qu'il m'a transmises ...

Perplexité injustifiée donc.

Cette idée qu'on ne m'a rien pris m'a troublée, mais effectivement, à part mon père on ne m'a rien enlevé et ça n'est pas lui qui en est responsable. Willy ne m'a rien enlevé.

la veille du 26 février - 31 ème rendez-vous

Je n'enlèverai rien à personne quand je (oh, ça c'est difficile) ... j'espère juste que j'aurai pensé à nourrir mon chat. Cette remarque est idiote.

Ça me fait penser à une histoire que m'avait racontée mon ostéopathe.

Une veille dame toute seule qui meurt en laissant son chat ... donc sa fille qui habite ailleurs, ou la voisine qui en a déjà un, cherchent quelqu'un pour s'occuper du chat. Bête bien adulte et qui a ses habitudes, qui n'aimera pas trop qu'on la déracine et qui va trouver, même si on l'installe dans un nouveau foyer, que les humains ne sont pas très fiables.

Mais le pire, bien sûr c'est la gentille personne qui recueille le chat esseulé et qui doit s'attendre à s'attacher, puis à bientôt le regretter, parce-que la bête n'étant pas toute neuve, suivra bientôt sa maîtresse ad patres ...

Dans ces cas-là, mieux vaut avoir déjà son propre chat, qui est la meilleure des excuses pour ne pas en adopter un supplémentaire.

Willy n'aimait pas spécialement les chats. Je pense même qu'il s'en fichait complètement.

Ça n'était pas vraiment un homme d'intérieur. Je crois qu'il n'a jamais dû, de sa vie, passer une journée entière enfermé - ou alors très malade, et même. Il faisait la cuisine, le repassage, il lisait bien sûr, écrivait, écoutait de la musique, mais je crois qu'un jour sans aller au moins marcher, voir des gens ou simplement "dehors ce qui se passe" ne lui était pas imaginable.

Il m'a légué ça aussi - pas le repassage !!! - c'est du côté de ma mère et de la sienne que j'ai pris l'amour immodéré des chats.

Comme quoi ça n'a rien à voir, on peut ne pas être une personne d"intérieur" et aimer les chats quand même.

Et ?

Rien, je découvre une fois de plus que la vie est multiple, que rien n'est vraiment logique, que les gens ne sont pas comme on les voit et que l'un n'empêche à peu près jamais l'autre.

C'est très bien comme ça. Comme la neige du 5, une belle surprise pas nouvelle du tout, mais qui marche à chaque fois.

La pluie tombe, la neige pas.

Les flocons volettent, flottent, hésitent et quand ils se décident enfin à se poser, sans avoir jamais choisi une direction définitive, ils s'amortissent au sol avec une douceur quasiment câline.

Pas étonnant que tout s'arrête, que les gens sourient, que toutes les têtes averties se tournent vers les fenêtres. Tout est suspendu, fantaisiste et inattendu, comme la trajectoire d'un flocon.

Et j'y pense, Willy, au lieu de dire "les sports d'hiver" ou "on part au ski" parlait toujours de "vacances à la neige".

Allez hop, on part à la neige !

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 10:41

J'imagine toujours que mes récoltes vont tarir,

mais chaque mois apporte son lot de fruits nouveaux

parfumés franchement ou indirectement ...

dédiés à Willy et à ceux de mes lecteurs que cette histoire touche.

Dans mon rêve du 3, je découvre par la force de mon intuition des preuves indiscutables : en fait papa a été assassiné ! J'en discute, ça paraît clair, je pense qu'il faut pratiquer une autopsie ... mais que je suis bête, en fait ça a été fait, il suffit d'attendre les résultats mais je sais déjà que mon hypothèse sera confirmée : il a été empoisonné.

Tout ça dans une ambiance vive et animée, comme une espèce d'enthousiasme, on est dans l'action, pas dans la tristesse ou la perte, il y aura découverte ... Je ne comprends pas du tout pourquoi mais c'est une sorte de rêve d'espoir : on va avoir une explication logique et indiscutable, une certitude, une raison.

Dans la biographie de Lytton Strachey (je termine ma retranscription le 3 janvier) premier post-it : p1026 (april 1928) about Jane Harrison's death ... I had not realised she was quite old as 77. What a wretched waste it seems that all that richness of experience and personnality should be completely abolished! - Why, one wonders, shouldn't it have gone on and on? - Well there will never be anyone at all like her again.

// Willy, disparu à 78 avec son expérience, sa personnalité, tout son inimitable bagage. Il n’y aura plus jamais personne comme lui.

en 2015 les rendez-vous continuent

Le massacre du 7. Je m’en suis protégée tant que j’ai pu. Même inconsciemment d’abord. J’ai passé la matinée tranquille à la maison, à expédier les affaires courantes et vers midi et demie je suis partie à pied dans la ville. Je voulais voir le film de Sophie Letourneur, Gaby Baby Doll, qui ne jouait plus que dans quelques salles, à la séance de 14h aux Trois Luxembourg. J’ai un peu traîné dans le quartier en attendant l’heure, il faisait bien froid mais assez beau pour marcher, à condition d’entrer de temps en temps dans des boutiques chauffées.

Le film est tendre, tordu, léger, comme elle sait faire, lové dans une campagne automne-hiver baignée de très belles lumières. Je suis sortie de là comme d’un château de conte de fées. Je suis allée manger un morceau au Rostand (pas samedi, OK pour y retourner) où j’ai eu la joie de trouver la cheminée garnie d’un beau feu pétillant. Je me félicitais de cette belle journée, en mangeant un croque italien posé sur Libé.

Et ce n’est que vers 17 heures, moment où je passais dire bonjour chez Le Dilettante, devant la face catastrophée de Juliette, que j’ai compris que ce n’était pas un beau jour pour tout le monde. En fait, pas un beau jour du tout.

Je n’ai pas voulu croire ce qu’elle me disait, je répétais qu’il fallait vérifier cette information, que ce devait être un hoax.

Ensuite je me suis interdit d’allumer la radio ou la télévision, ou de cliquer sur les « images » qui circulaient sur Face Book. Je ne voulais pas voir. Je n’ai d’ailleurs rien vu. J’attendais que les amis me donnent leur version des faits. Epouvantée, non seulement par la tuerie, mais par le sentiment qu’elle allait attiser des haines déjà trop sensibles.

Par la suite et jusqu’à la marche républicaine, je me suis sentie comme tout le monde paralysée, anesthésiée, découragée. J’ai reconnu la sensation de deuil et j’ai compris que j’avais essayé d’y échapper pour ne pas retomber dans un état dont je me relève peu à peu.

en 2015 les rendez-vous continuent

Rêve du 18 : je devais prendre un train, j’avais du mal à récupérer mes affaires dans un immense hôtel futuriste années 50 où chaque aile portait un nom de planète, les ascenseurs étaient des tramways de ligne de crêtes avec vue sur des collines urbanisées … j’appelais mon père qui devait m’emmener à la gare, j’avais à la main la liste de ses nombreux numéros, aucun ne répondait. Je n’étais pas inquiète, mais absolument étonnée.

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 21:53

Entre Fréjus et Beyrouth, au creux des fêtes, d'illuminations en feux d'artifice, encore un 26.

Tête ailleurs, mais toujours l'idée de ne pas manquer le rendez-vous.

Ma récolte est petite, c'est l'hiver, rien ne pousse, les bourgeons sont en cours, suspendus, le soleil est beau mais rare.

Ce que j'ai trouvé c'est, dans Une Enfance de Rêve de Catherine Millet, une phrase qui m'a rappelé un moment difficile et abstrait que j'ai partagé avec Maryvonne. Je lui ai tenu compagnie pendant qu'elle triait les vêtements de Willy qui ne me disaient rien ou presque. Alors que pour elle, chacun devait lui rappeler un souvenir ...

 … « Au lendemain d’un enterrement, les proches distribuent souvent avec spontanéité des effets ayant appartenu au défunt, pas forcément pour éloigner des souvenirs pénibles, ni obligatoirement pour se débarrasser de ce qui encombre, mais certainement pour vérifier qu’il est tellement moins douloureux de se séparer des objets que de la personne, et pour y trouver un apaisement. »

Et puis, le 18 décembre pendant notre lecture dessinée au Thé des Ecrivains. Une grande première. Je lisais des extraits de mes textes, Charles dessinait en direct, son travail projeté au fur et à mesure sur le blanc du mur dans mon dos. J'ai lu des fragments de J'ai eu des Nuits Ridicules et de notre Helsinki, j'avais aussi préparé, comme un rappel, et parce que j'avais envie de le lire devant des gens qui ne l'ont pas connu,  le Je Me Souviens que j'ai écrit à propos de Willy. C'était la fin de notre 'performance', je me suis retournée pour voir ce que Charles avait dessiné ...

vingt six décembre
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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 15:50

#café #Luco #chosesVues #gens #Pariscope

J'ai prévu de me plonger dans l'épluchage de Pariscope, histoire de ne pas laisser passer les bons films de la semaine.

En face de moi, de profil, les jambes arrimées au pied de sa table, une vieille dame lippue, très bossue du dos comme de la poitrine, terriblement tombée en vrac sur son ventre, examine l'Officiel de Spectacles.

Il me paraît absolument impossible de sortir mon programme de ma poche, comme si l'imiter me mettait inévitablement dans le même sac : une vieille dame en tas, délabrée, cherche quel film elle pourrait bien aller voir pour combler son samedi après-midi solitaire.

Pour éviter l'effet miroir, je me contente donc d'observer les gens autour de moi.

Une autre dame finit de déjeuner avec sa mère et son jeune fils. Ils se ressemblent tous les trois, cheveux bouclés flous, gros nez courts arrondis, l'œil las. Avant de partir, le petit garçon - 7 ou 8 ans - accompagne sa grand-mère aux toilettes, à moins que ce ne soit l'inverse. En les attendant, la mère, range leurs affaires avec lenteur et maladresse. Quand ils reviennent, la grand-mère enfile un duffle-coat rouge, quant au petit garçon, il farfouille entre son T-shirt et son pull tout en laissant traîner la manche de sa parka par terre. Je sens la mère agacée par tous les gestes brouillons de son fils, ce geste là et tous les autres, agacée surtout par leur ressemblance, qui souligne cruellement, l'absence de père(s).

Un couple bourgeois chic arrive, la soixantaine fringante, l'allure réservée. Lui en veste tweed avec empiècement daim aux coudes, gilet assorti. Elle, cardigan de mohair épais beige sur une chemise bordeaux ajustée, les mains garnies de bagues et chevalières en or. Elle a des cheveux magnifiques, épais, mi-longs, en masse harmonieuse, un peu comme Françoise Fabian dans Ma Nuit Chez Maud. Mais elle gardera tout le temps la bouche pincée et un air entre châtelaine dégoûtée et bête traquée, même pour s'adresser au serveur ou le remercier, même pour répondre aux remarques de son mari.

Elle regarde autour d'elle sans jamais changer d'expression comme si elle avait peur de déranger quelque chose ou de se détraquer elle complètement.

Pendant ce temps, une autre vieille dame encore plus délabrée que la cinéphile - elle manque s'écrouler sur sa cane - vient s'asseoir comme elle peut sur la chaise collée à la mienne. Alors qu'il y a d'autres places beaucoup plus accessible et moins encombrées. Mais pour la vue sur le jardin, vu que nous sommes dos au mur, il n'y a pas mieux.

Je vais donc continuer mes observation littéralement le cul entre deux chaises, de manière à ne subir ni les vacillements de la dame à la canne, ni les coups de coude du vieux à ma droite qui attaque sa salade Rostand - crevettes, pamplemousse, avocat, œufs de saumon en garniture -.

Je m'installe au Rostand, un café que j'aime bien, avec vue sur l'entrée du jardin du Luxembourg.

Mon vis à vis cinéphile termine son chocolat au moment où ma branlante voisine commande le sien. Elle ferme son Officiel et le range dans un sac en plastique dont elle prend soin de bien nouer les anses.

Nous sommes tous vieux et finis. Je n'irai plus au Rostand le samedi après-midi.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 10:44

L’exposition des photos de Lee Friedlander à Bruxelles donne lieu à un papier dans Libé du 5. Des autoportraits de l’artiste seul ou en famille.

Il est né en 1934 et s'est marié en 1958. Lee frère jumeau de Willy ???

Sur les photos des années 70, il a un air moderne, presque d’aujourd’hui, cheveux mi-longs, bonnet sur la tête, parka molle. A une époque où mon père ne quittait jamais son costume cravate.

Difficile d’imaginer qu’ils sont la même génération...

Les rendez-vous du 26 apaisés, ressemblent désormais à des chasses au trésor, des jeux de piste, des passages au tamis de chaque mois de ma vie. Dans le cornet surprise de novembre, nous avons :

Une fin d’après-midi où je marche sur le boulevard Magenta là-haut vers Barbès. Devant une vitrine de fringues pour mariage, trône un mannequin de vitrine format enfant habillé d’une belle longue robe à volants. Une petite fille me croise, pas plus grande que l'objet, lui fait un coucou de la main, puis s'approche et l'embrasse doucement sur la bouche.

Je n’ai pas mon appareil photo et de toute façon, à 18h, il fait déjà nuit ...

Sur la scène du studio 104 de la Maison de la Radio, Jacques Higelin lit le Duende de Federico Garcia Lorca, très inspiré et très ému, un peu déçu que sa lecture publique ne soit pas au niveau de ses espérances.

Le texte est truffé de noms de villes pas faciles à prononcer et d’allusions à des artistes espagnols plus ou moins connus, peintres, danseurs de flamenco, poètes. Certains comme Gongora ou Garcilaso sonnent terriblement familier à mes oreilles.

Les rendez-vous du 26 apaisés, ressemblent désormais à des chasses au trésor, des jeux de piste, des passages au tamis de chaque mois de ma vie. Dans le cornet surprise de novembre, nous avons :
Les rendez-vous du 26 apaisés, ressemblent désormais à des chasses au trésor, des jeux de piste, des passages au tamis de chaque mois de ma vie. Dans le cornet surprise de novembre, nous avons :

Un autoportrait, un bisou et deux poètes disparus, cadeaux de novembre, de toi à moi et de moi à vous.

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 11:11

Deux ans et trois mois plus tard, mon petit système est bien au point : dès que je tombe sur quelque chose qui me rappelle mon père, je le note dans un document ouvert à cet effet pour le 26 qui vient.

Faute d’être poète on est organisée.

J’aime autant vous tenir au courant de la tambouille, parce que finalement quel que soit le domaine, c’est ça l’important : comment on fait ? Comment on fait pour ne pas pleurer tout le temps, ou pour réussir à pleurer un peu ? Comment on fait pour savoir sur quoi on a vraiment envie de pleurer ?

Et je vous dis ça, c’est vraiment une réflexion de commémoration : dans la vie de tous les jours, entre deux vingt-six, je n’y pense pas en permanence.

Il y a juste les fameuses quelques choses sur lesquelles je tombe, ou qui me viennent et que je vais déployer là, pour vous et pour moi.

Un rêve d’abord : je participe à une réception dans une ambassade, les festivités sont interrompues par une manifestation. J’ouvre la porte, Willy apparaît en sueur et en ‘tricot de peau’. On se jette dans les bras l’un de l’autre, ça fait longtemps qu’on ne s‘est vus. Et il m’emmène dans la rue devant un monument idiot : un poireau géant en céramique (j’ai lu un papier sur l’expo Jeff Koons au Whitney + refusé une soupe poireau-pomme de terre la veille au soir). La chose est symbolique, la rébellion en cours s’y attaque. L’intérieur est creux, rempli de cachets blancs (j’ai pris deux Doliprane la veille, dont un m’a échappé sur les carreaux de la salle de bains). Papa me demande de l’aider à les récupérer et à les entasser dans une grande boîte. Il m’explique que chaque cachet représente un repas pour un enfant et sert la cause des paysans … En gros, nous accomplissons ensemble une bonne action pas vraiment légale. Mais capitale.

ma récolte pour le 26 octobre
  • Et puis, dans Stuffed, un livre de Patricia Volk, à propos de sa famille de restaurateurs New Yorkais, elle évoque son père, qui mourra d’un cancer, à l’hôpital :

Dr. Harris is firm about the eating. Dad hangs his head. He can't chew. He can barely swallow what slides down. The chemo has done something vicious to the inside of his mouth.

(Le Dr Harris tient absolument à ce qu’il mange. Papa renâcle. Il a du mal à mastiquer. Il peut à peine avaler ce qu’il réussit à faire glisser dans sa gorge. La chimio lui abîme cruellement l’intérieur de la bouche)

Evidemment je repense aux cuillerées d’eau solidifiée colorée en orange que mon père réclamait pour s’hydrater et calmer les mêmes dommages.

  • Dans Rabbit Remembered de John Updike, une phrase fait vibrer la corde sensible :

Like the death of your parents it leaves you with one less witness to your life when a man you loved dies.

(Comme avec la mort de vos parents, quand un homme que vous avez aimé meurt, c’est un témoin de votre propre vie qui disparaît)

ma récolte pour le 26 octobre

Et enfin, pour finir sur une note plus légère, une chanson qui m’est revenue en rêve, juste un petit extrait, et je me disais, tout en dormant, qu’il faudrait que je me souvienne au réveil de cette chanson que je n’avais pas entendue depuis très longtemps et en fait oubliée.

Une de ces chansons qu’on chantait en voiture en famille, ou en marchant dans la forêt : ah mon beau château ma tantirelire lire, ah mon beau château ma tantirelirelo !

La voix de mon père est incrustée dans la musique, mélangée avec les nôtres. Je l’entends moins qu’au réveil, mais encore un peu. Et c’est la première fois que je m’aperçois que le mot ‘tirelire’ est caché dedans.

Encore un petit trésor d’enfant.

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 10:59

Je me le demande : qu’est devenue la robe d’hôtesse ?

Je gougle et je tombe directement sur le catalogue La Blanche Porte, autant dire le temple de la ringardise absolue !

Et pourtant … Comment s’habiller, effectivement, quand on reçoit chez soi, pour un dîner presque improvisé, une petite bande d’amis choisis ? Garder ses vêtements de la journée ne se fait pas, sortir sa robe à paillettes alors que les amis arrivent du métro, pas davantage. Donc quoi ?

Ni trop, ni trop peu, élégante ET confortable, avec la robe d’hôtesse vous êtes sûre de vous – et moi avec -.

Je ne sais plus du tout pourquoi j’ai repensé à ça. Le mot m’est passé par la tête.

Dans les années 70 la robe d’hôtesse (maintenant que je l’ai retrouvée, je ne m’en lasse plus) était une invention à mi-chemin entre la robe de chambre et la robe du soir. Une excuse pour porter du long à la maison.

J’ai beau fouiller dans ma mémoire, je ne trouve pas d’image. Que le mot. Je suis pourtant certaine que ma mère, comme ses amies de l’époque en possédait au moins une.

Toute boutonnée devant ?

Les ambiances qu’elle évoque sont teintées de John Updike – soirées cocktail entre voisins upper middle class – et du Ice Storm d’Ang Lee – alors que la glace fait céder les câbles électriques sur la route où jouent les enfants, leurs parents papotent autour de la cheminée après avoir jeté les clefs de leurs voitures dans un bocal …

qu'est-elle donc devenue ?

J’avais moi-même une robe un peu russe, à motif cachemire couleur feu, longueur mi mollets, manches resserrées au poignet, empiècement poitrine et zip tout le long du dos. Vaste et douce … Que je ne portais qu’à la maison, l’hiver, avec de grosses chaussettes de laine écrue roulées aux chevilles. Une robe disparue.

Mais bon, on ne reçoit pas ses amis en chaussettes, ou alors un par un …

Ce qui nous amène au problème le plus épineux, celui qui explique peut-être la disparition de la robe d’hôtesse elle-même : quelles chaussures porter avec ???

La réponse est à la fois simple et compliquée : des MULES !

Mais oui, ces demi-souliers avec ou sans talon, avec ou sans houppette décorative, qu’on doit balancer nonchalamment à la pointe des orteils, à condition de ne pas s’être lamentablement vautrée sur la carpette juste avant. En plus d’être rarement à votre taille exacte, la mule est traître on ne le dira jamais assez, surtout quand on l’enfile sur des bas.

Pourquoi croyez-vous qu’on n’en offre plus jamais à Noël ?

Bon ben voilà, la robe d’hôtesse ET les mules, je crois qu’on a fait du bon boulot.

Je nous embrasse.

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 14:00

C’était le 27 septembre

Gare de Lyon, sur les écrans qui bougent, la même pub courte tourne en boucle, un gag marrant.

Une fille, genre mannequin, pose – on croirait une image de magazine ou de catalogue – elle s’anime juste un peu ; dès qu’on comprend qu’il s’agit d’un film, un type style touriste cheap la bouscule avec son appareil photo. Elle sort du champ, il pose à sa place, avec un air de bonne blague.

J’imagine une opération C&A ou H&M étant donné que j’ai distingué un prix pour la robe et un autre pour le gars. Je me dis : ben oui, malin, se moquer du glamour quand on fait de la mode pas chère, c’est bien trouvé, rapide efficace. Il y a aussi une version avec une fille en maillot, bousculée par un couple avec un ballon de plage. Je me dis : bien joué, ils font à la fois des fringues pour les filles qui se la jouent urbaine chic et du sportswear homme et femme. Le tout vendu avec un clin d’œil : nous on fait de la mode qui ne pète pas plus haut que son cul, et à des prix assortis.

Et puis à force de la voir du coin de l’œil (j’aime bien arriver très en avance à la gare, surtout la gare de Lyon) je finis par voir la signature : TRANSAVIA.

La fameuse compagnie low-cost (ah la la ce mot, prononcé à la française, la ressemblance, les implications …) alors que justement, les pilotes d’Air France sont en grève pour protester contre la dévalorisation de leur métier …

Et le claim : voyager pour le prix d’un sac (35euros) ou d’un bikini (je ne sais plus).

Donc si je comprends bien, on nous propose à nous les beaufs, de nous débarrasser de tout glamour (en visant les filles, bien sûr, ces poseuses ! il n’y a bien sûr pas de version de la pub où le personnage stupide éjecté est un homme) et de partir loin pour pas cher.

Voyager dans des conditions merdiques au prix d’un sac également merdique.

Traités comme des bœufs que nous sommes.

Faut que je vérifie, mais si le billet coûte 35 euros, la moindre valise (pour partir loin, même nous les beaufs on a quand même besoin de quelques paires de chaussettes de rechange) entraîne 50 euros de frais.

Le voyage merdique à la portée de tous, en voilà une belle philosophie !

vivre et voyager comme des porcsvivre et voyager comme des porcs

Sur le site de Transavia je trouve :

Les coûts bas sont d’une importance cruciale pour transavia.com afin de vous offrir des vols aux meilleurs prix. Nous mettons tout en œuvre pour maintenir le plus bas possible, les frais de notre service de base.
Aucun repas ou suppléments ne vous sera servi à bord, c’est l’une des raisons pour lesquelles le prix de votre billet d’avion est si bas. Toutefois, transavia.com vous donnera l’occasion, si vous le désirez, d’acheter des boissons, des snacks ou de faire du shopping à bor
d.

Quant aux bagages de soute, effectivement, ils sont payants : pour 15 kg c’est 15 euros et 5 euros de plus pour chaque 5 kg supplémentaires. Et pour 50 kg on paie 75 euros (c’est le poids maximum).

Le bagage à main c’est 10kg maximum.

Les destinations lointaines pour nous les beaufs sont européennes, faut pas rêver non plus, et si on n’est pas contents on n’a qu’à prendre le train.

Allez, je fais l’exercice, juste pour moi. Disons que je choisis de partir pour Barcelone, vol 35 euros, avec ma valise qui pèse habituellement un peu moins de 20 kilos, ça me donne un total de 55 euros, effectivement ça reste bien raisonnable, à quoi il faut quand même que j’ajoute une bricole à boire à bord vu qu’on n’a pas le droit de trimballer des bouteilles … allez quoi ? 5 euros de plus !? Hop 60. L’aller simple, hein, bien sûr.

Et à ce prix-là je peux bien me serrer un peu, prévoir de laver mes chaussettes tous les soirs, voire accepter de voyager en wagons à bestiaux amélioré. Le low cost n’est-ce pas !

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 10:17

Deux ans et deux mois ce jour, de franc soleil et d’humeur belle. Pour rien, pour la vie. Les jardiniers de la Porte de St Cloud ont nettoyé la terre sous le cèdre et dessiné une démarcation en forme de S asymétrique et voluptueux entre son terrain et la pelouse. Les belles de jour enroulent leurs tiges roses fougueuses autour du treillis vert qui délimite le petit parc. Ma fille a de beaux projets. Mon livre bleu sort dans quelques jours. J’aime mon amoureux. Notre chat adore notre nouveau fauteuil.

Quant à mon père je l’ai vu deux fois, en rêve.

Willy solaire

Je me retrouvais, je ne sais comment, invitée dans la plus belle maison de la ville - comprendre le château - je buvais un verre avec mes hôtes distingués.

(Une réminiscence lauzertoise)

D'un coup, on ouvre la porte à deux battants sur un parvis de marches majestueux. Le grand soleil entre dans le grand salon. Il faut quelques secondes pour accommoder et distinguer sur la place immense un ballet de taureaux luisants et de personnes endimanchées. Feria !

Alors que je lève mon verre rempli d'une boisson rose vers le spectacle espagnol, arrive au bas des marches, avec un sourire ravi et sa femme à son bras, mon père.

Et je me dis que c'est quand même pas mal qu'on se retrouve là, moi en haut, accueillie dans le beau monde, lui dans son univers de prédilection (l’Espagne, pas la tauromachie).

Il est fier de moi. Il monte les marches, je ne sais pas si je descends.

Et puis on est assis face à face et il me raconte l'état du monde politique. Progressivement je ne comprends plus rien du tout, j'écoute sa voix et je me dis que c'est bien lui, c'est bien ça.

rendez-vous de septembre

Un autre ! Cette fois nous sommes une bande d’amis et nous nous racontons des histoires à propos d’un homme disparu. C’est comme après un film comique, on se remémore les scènes les plus marquantes. Tout le monde se réjouit, rigole, savoure.

(En fait avant de dormir, j’ai fini le livre de Patricia Volk où elle évoque sa nombreuse famille de restaurateurs New Yorkais. L’avant dernier chapitre est consacré à la mort de son père et le dernier à une petite expédition en moto qu’elle a fait avec lui dans son adolescence. )

Et puis je me trouve face à mon père assis sur un banc, calme, silencieux. J’observe son visage et c’est comme si mon regard était une main. Je le reconnais, au sens randonnée du terme, son visage est une carte en relief.

rendez-vous de septembre
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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 09:54

Séjour du 4 au 7 septembre 2014 – en quelques impressions.

* En arrivant, je me suis émerveillée d’avoir oublié les pins bien droits, hauts sur patte, et les bouleaux aux troncs blancs qui vous accueillent en masse aux abords de l’aéroport. On n’en a pas, nous, de ces bouleaux.

* En chemin vers l’Institut Français à Kaapeli ancienne usine de câbles, Mikael nous désigne un nouveau quartier sur Jätkäsaari, l’île des hommes, des dockers même. Je récapitule les îles que je connais : l’île parfumée au goudron de bois, Tervasaari, l’île zoo, Korkeasaari, l’île fortifiée, Suomenlinna (tiens !) mais des îles, dans l’archipel qui constitue Helsinki, il y en a 330, je suis donc très loin du compte.

* Pendant la présentation à l’Institut Français, comme je parle des animaux de la ville, Paulette, ancienne responsable de librairie Stockmann précise : « tous les lapins sont partis à Espoo ».

* C’est d’autant plus amusant, mais nous l’apprendrons plus tard, qu’à Espoo il y a aussi les studios de production qui préparent la série Angry Birds. Gloire nationale, entreprise qui emploie beaucoup de nationalités différentes, dont un grand nombre de Français.

Les lapins, les oiseaux et les Français, tous à Espoo !

* A l’expo Tove Jansson, un film où plus très jeune, en noir et blanc, environnée de beaucoup de blanc et de soleil, elle danse et caracole sur son île personnelle.

Me trotte dans la tête: Will she be happy forever like this, or never again?

On parle anglais toute la journée, vu qu’en finnois je ne sais dire que karpalo mehu (jus de cranberries) et kiitos (merci).

Du coup, malgré son air joyeux ravi, je ne peux plus la regarder sans avoir les larmes aux yeux.

* Philosophie d’avion : d’abord on met son propre masque à oxygène, ensuite seulement on peut aider les autres. Charité bien ordonnée, quoi.

Quand on a décollé, sous un soleil magnifique, j’ai regardé les banlieues rapetisser, la lumière faisait clignoter un petit point à côté de chaque maison. J’ai fini par comprendre que le soleil allumait l’un après l’autre les pare-brise des voitures stationnées.

Quand le capitaine prononce « Cabin crew » comme dans « cabin crew take your positions for landing » on entend cabécou, ce qui nous fait bien rire.

Mais quand l’hôtesse répète Cabin Crew on entend précisément ça, rien d’autre, du coup on oublie les cabécous.

Helsinki Trip
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