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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 10:04

où il sera question de peau, d'astronaute, de métro et d'oiseau ...

J'ai décidé de refaire des 'je suis'. Je cherchais des textes courts à lire entre les chansons de la sieste acoustique du 17 janvier. Je suis retombée sur la troisième partie de Vieilles Peaux, intitulée Pas Moi et qui fonctionne sur ce système : je me mets dans la peau de gens ou de choses que je vois ou que je croise et je raconte à la première personne.

C'est un bon exercice. Surtout en ce moment, juste après "les fêtes" où je n'arrive pas à me replonger dans mon livre en cours et où je suis d'humeur vacancière.

Des textes courts, où l'inspiration fait tout le boulot ...

je ne compte plus en mois

Willy m'avait fait compliment à propos du Pas Moi de Vieilles Peaux. Il avait dit : "ils sont bien campés tes personnages, on a envie d'en savoir plus." Comme souvent, c'était un compliment du genre constructif (et un peu à double tranchant). J'avais précisé que justement le but et la limite de cette forme était de ne donner qu'une image fugace, un germe d'histoire ou même pas.

Je pense qu'il rêvait que j'écrive un "grand livre". Je ne sais pas si j'en suis capable, je ne suis pas sûre de savoir ce que c'est.

En attendant, je vous offre quelques Je Suis première cuvée 2016.

je ne compte plus en mois

Je suis un hybride d'astronaute et de bonhomme de neige, version mini. Des pieds à la tête je mesure soixante centimètres. Là je me promène dans les rues de Paris d'hiver, à la proue de mon père qui me porte dans un harnais confortable, je lui ouvre la voie, je trace son chemin, c'est moi qui vois le premier les obstacles, quelquefois je lui sers même un peu de pare-choc, mais il marche doucement et je suis bien rembourré dans ma combinaison molletonnée blanche, je suis couvert du bout des pieds au milieu du front. Suspendu, les jambes ballantes, je suis le roi de l'espace et du temps. Je flotte, j'ai mon père en guise de moteur dans le dos et toute la vie devant moi. A perte de vue.

Je suis un usager du métro. Je rentre chez moi après une rude journée au bureau. Pour me délasser je fais des sudoku. Je porte un costume classique, je suis assis bien droit sur mon strapontin, mes pieds cachent mon sac, ma cravate couvre mon sexe. Malgré la foule, je suis bien isolé dans ma bulle. Je trouve que 'sport cérébral' est une appellation bien trouvée. Là je sens que mes neurones se détendent tout en se musclant. Avant j'étais adepte des mots fléchés, mais ça n'est plus dut tout d'actualité, c'est comme 'employé modèle' qui ne se dit plus tout, au jour d'aujourd'hui je suis ce qu'on appelle : un collaborateur exemplaire.

je ne compte plus en mois

Je suis un moineau sur le dossier d'une chaise à la terrasse chauffée du Grand Cerf. Je regarde les gens passer dans la rue, je tourne la tête dans tous les sens pour vérifier que je ne cours aucun danger, on ne sait jamais. La dame dans mon dos derrière la vitre, je ne suis pas certain qu'on puisse lui faire entière confiance. Y a rien à bouffer ici, mais c'est propre et il fait bon. Je gonfle mes plumes, je m'aiguise le bec sur le rotin du dossier, je laisse pendre mon aile droite, je sais pas si c'est l'hiver ou quoi mais j'ai un peu mal quand je la replie. Je ne vais pas m'éterniser non plus, hein, ça manque de miettes. Tiens, je regonfle mes plumes et puis je laisse une petite crotte avant de m'envoler.

je ne compte plus en mois

Je suis bien aise que vous me lisiez et je vous souhaite aussi joli que possible le mois qui s'étale jusqu'à notre prochain rendez-vous.

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 17:26

#Voltaire #piétons #lesGens #dame #ChosesVues #DansLaRue

Elle attendait tranquillement au passage piétons de la place Léon Blum, les mains posées sur son caddy rose. Elle avait les cheveux blancs un peu défaits malgré une barrette en strass sur le côté. Elle portait une robe d'été en jersey turquoise à pois blancs, sans manches malgré la fraîcheur de septembre.

Elle avait l'air un peu bizarre, et visiblement envie de parler à tous les gens qui s'arrêtaient à côté d'elle. J'étais assise dans le café sur le même trottoir qu'elle. J'ai fini par m'apercevoir qu'elle ne traversait pas, même quand c'était son tour. J'ai aussi fini par remarquer qu'elle portait une chaussette dans sa mule au pied gauche et une ballerine au pied droit sans chaussette du tout.

A chaque fois qu'un piéton s'immobilisait à côté d'elle, attendant que le feu change de couleur, elle engageait la conversation, désignant de son bras droit tendu le trottoir d'en face.

Je la regardais s'agiter du haut du corps sans jamais bouger ses pieds. Je me disais qu'un passage piétons était un endroit comme un autre où rester immobile dans la ville sans trop se faire remarquer, pas mal non plus pour parler un peu, au lieu de rester chez soi toute seule devant sa télé, que le coup du caddy rose, ça pose la dame active, qui fait au moins ses courses toute seule et qu'éventuellement ça peut servir de déambulateur au cas où.

prise avec mon stupidphone ...

prise avec mon stupidphone ...

J'ai fini par m'intéresser à ce qu'elle désignait, me dégageant de mon angle mort. Effectivement en face, il y avait un petit attroupement de cinq ou six personnes, dont un petit garçon assis par terre.

La dame en turquoise s'est finalement adressée à un type attablé en terrasse et j'ai entendu ce qu'elle n'arrêtait pas de répéter à qui ne voulait pas l'entendre, depuis qu'elle avait pris position au pied du feu de signalisation : "Je sais pas comment il a fait son compte le gamin mais sa jambe était prise dans la roue arrière de son vélo ! Je sais pas comment il a fait son compte !"

Elle attendait l'arrivée des pompiers. Une fois que la camionnette rouge a été stationnée et que les uniformes se sont penchés sur le petit garçon assis, la dame en turquoise a empoigné son caddy rose et elle est partie dans la direction opposée.

Ça n'était ni une pauvre folle, ni une maniaque du passage zébré, plutôt une sorte d'ange gardien aussi obstiné qu'inutile.

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 10:55

#métro #couple #bourgeois #harmonie #conversation

La première chose qui m’a fait tourner la tête vers eux, c’est une remarque de lui. Il se demande s’il prenait cette ligne autrefois. Elle demande : quand ? Lui répond : quand j’habitais boulevard Soult, j’allais à Jeanson de Sailly, j’étais en première. Il rit, c’était il y a assez longtemps.

Ils doivent avoir autour de la cinquantaine.

Lui, cheveux gris, costume, pardessus, nez en en trompette.

Il me fait penser à cette remarque de je ne sais qui, qui m’avait énervée (Malraux, tiens !) qui disait que dans les visages d’hommes adultes on voyait souvent encore le petit garçon, mais pas chez les femmes. (Est-ce qu’il avait vraiment besoin d’ajouter ça ? Tout dépend des personnes évidemment, comme toute généralité, celle-ci est fausse et blessante en passant.)

Elle a les cheveux courts, bruns, épais, une robe bleu marine bouillonnée au-dessus des genoux qu’elle a minces et toniques. Elle porte des escarpins également bleu marine, ça fait un peu tenue bureau/soirée, couverte d’une veste manteau en cuir marron sport chic un peu raide, elle a aussi pas mal de bijoux, bagues et bracelets d’or, boucles d’oreilles de pierres bleues.

Très seizième tous les deux, mais de province. Ils ont des bagages : une valise pour deux et chacun une serviette bien remplie. Elle parle d’un dossier avec sous dossier tout prêt, qu’il aura intérêt à consulter, elle a pris soin d’y joindre les copies de toutes les pièces.

J’imagine une étude de notaire.

Lui, rêve encore un peu au Paris de son adolescence. Elle, tient à lui remettre les pieds sur terre sans le dire. Changer les draps du frère et faire le lit de la belle-sœur, se laver les cheveux, récupérer son dossier, elle n’a eu le temps de rien préparer. 500 personnes à recevoir, elle espère qu’il ne faudra pas toutes les embrasser.

En disant ça, elle déchausse son escarpin gauche et caresse son cou de pied contre sa cheville droite. Je n’entends pas tout, le métro bruisse aussi de la conversation incessante d’une paire de sœurs slaves.

à trois dans le métro

Je me demande d’où ils viennent. Nancy ? Chartres ? Orléans ? Quand je suis montée, à Bonne Nouvelle, ils ne devaient pas être dans le métro depuis longtemps puisqu’il s’est mis, juste là, à questionner le plan de la ligne. Ils ont dû monter à Strasbourg Saint Denis, ils sont donc arrivés par la gare de Nord ou de l’Est. Reims ou Valenciennes ? S’ils arrivent un Vendredi, c’est que l’étude est à Reims, allez disons Reims, et là ils organisent une cérémonie de famille, un enterrement ? En bleu marine ? 500 personnes !? Une cousinade ?

Pendant qu’elle parle, s’inquiétant toute seule des tâches à accomplir, il lui fait parfois une petite bise sur la tempe. On dirait qu’elle veut lui signaler qu’elle aussi est efficace. Ses grandes mains le disent assez, et sa bouche petite, concentrée. Juste avant qu’il sorte, à Saint Philippe du Roule, elle le remercie de voir les choses du côté positif et de le lui dire.

L’équilibre s’est rétabli : elle n’est plus la froide organisatrice et lui le doux rêveur, ils sont un couple aux qualités complémentaires, conscient chacun de ce que l’autre apporte à l’harmonie commune.

Elle lui fait signe par-dessus la foule quand il part sur son quai. Il a emporté la grosse valise commune et sa serviette de cuir. Elle a gardé son sac boulot/week-end, elle sourit encore un peu.

A Alma Marceau, deux stations après lui, elle sort de ma vie.

Moi je n’ai jamais fait partie de la sienne.

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 09:54

Séjour du 4 au 7 septembre 2014 – en quelques impressions.

* En arrivant, je me suis émerveillée d’avoir oublié les pins bien droits, hauts sur patte, et les bouleaux aux troncs blancs qui vous accueillent en masse aux abords de l’aéroport. On n’en a pas, nous, de ces bouleaux.

* En chemin vers l’Institut Français à Kaapeli ancienne usine de câbles, Mikael nous désigne un nouveau quartier sur Jätkäsaari, l’île des hommes, des dockers même. Je récapitule les îles que je connais : l’île parfumée au goudron de bois, Tervasaari, l’île zoo, Korkeasaari, l’île fortifiée, Suomenlinna (tiens !) mais des îles, dans l’archipel qui constitue Helsinki, il y en a 330, je suis donc très loin du compte.

* Pendant la présentation à l’Institut Français, comme je parle des animaux de la ville, Paulette, ancienne responsable de librairie Stockmann précise : « tous les lapins sont partis à Espoo ».

* C’est d’autant plus amusant, mais nous l’apprendrons plus tard, qu’à Espoo il y a aussi les studios de production qui préparent la série Angry Birds. Gloire nationale, entreprise qui emploie beaucoup de nationalités différentes, dont un grand nombre de Français.

Les lapins, les oiseaux et les Français, tous à Espoo !

* A l’expo Tove Jansson, un film où plus très jeune, en noir et blanc, environnée de beaucoup de blanc et de soleil, elle danse et caracole sur son île personnelle.

Me trotte dans la tête: Will she be happy forever like this, or never again?

On parle anglais toute la journée, vu qu’en finnois je ne sais dire que karpalo mehu (jus de cranberries) et kiitos (merci).

Du coup, malgré son air joyeux ravi, je ne peux plus la regarder sans avoir les larmes aux yeux.

* Philosophie d’avion : d’abord on met son propre masque à oxygène, ensuite seulement on peut aider les autres. Charité bien ordonnée, quoi.

Quand on a décollé, sous un soleil magnifique, j’ai regardé les banlieues rapetisser, la lumière faisait clignoter un petit point à côté de chaque maison. J’ai fini par comprendre que le soleil allumait l’un après l’autre les pare-brise des voitures stationnées.

Quand le capitaine prononce « Cabin crew » comme dans « cabin crew take your positions for landing » on entend cabécou, ce qui nous fait bien rire.

Mais quand l’hôtesse répète Cabin Crew on entend précisément ça, rien d’autre, du coup on oublie les cabécous.

Helsinki Trip
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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 09:03

En attendant d'aller à la Poste, pas trop tôt pas trop tard, récupérer un colis parfumé en provenance de Corse, je vais vous raconter ce que j'ai vu hier.

A l'Orangerie : les Bretonnes, les baigneuses, les Egyptiennes, les Espagnols, les autoportraits d'Emile Bernard et même un Tadzio vénitien précurseur ... Vers 1880 il est un peu nabi, assez Gauguin de Pont Aven et à partir de 1900, euh, ben, un peu trop réaliste et barbouilleur à mon goût.

Ensuite, en remontant le jardin des Tuileries jusqu'au Carrousel du Louvre, j'ai vu, j'ai vu : une joggeuse au ralenti, dont les changements de direction paraissaient aléatoires et fous, peut-être dictés par une voix hypnotiseuse dans ses écouteurs.

Une dame qui arrosait ses petits garçons avec une bouteille d'eau minérale.

Et ... deux chèvres aux poils très longs et coiffées de cornes antiques, attachées de chaînes au fond du talus, qui broutaient l'herbe et parfois arrivaient à attraper un succulent plant de dahlia, surveillées un peu par deux types habillés de vert sombre, peut-être jardiniers, peut-être bergers du lointain.

ah j'ai vu, j'ai vu ...
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 10:43

430155-suzy-menkes-a-la-casa-di-lapo-a-637x0-3Mercredi je croise Suzy Menkes en personne et vendredi je tombe sur Junior. La vie est faite de rencontres.

 

Mercredi, alors que je marche boulevard Sébastopol, mon œil est attiré par une présence incongrue : une longue voiture noire aux vitres fumées garée le long du trottoir, avec un chauffeur en costume et lunettes sombres qui veille. Trois pas plus loin, petite dame en imper anthracite, les cheveux pas très propres mais la coiffure caractéristique, carré derrière, rouleau de frange au dessus du front, la papesse US de la mode herself, the queen of fashion, en personne, là, sur un boulevard même pas chic.

Autant dire, une apparition. Directement des pages de Vogue US aux rues de mon quartier.

En continuant mon chemin j'ai fini par comprendre ce qu'elle faisait là. De l'autre côté du boulevard, à travers le square joli dont je ne me rappelle jamais le nom, c'est la rue St Martin et le siège de JPG, magnifique bâtiment avec un style pour chaque étage, grandiose et discret, qui fait quasi face aux Arts et Métiers, où je me souviens d'avoir vu tout à l'heure une bande de ces hommes à costumes et lunettes, servant de chiens de berger à une foule grandissante de filles trop habillées pour l'heure et le quartier. C'est la saison des défilés.

Et après le show de Jean Paul, Suzy donc, se dégourdissait les jambes avant de repartir pour de nouvelles aventures.

 

Vendredi je tombe sur Junior, tenu à bout de licol par une dame en short, chapeau de toile et chaussures de randonnée. Après le bonjour rituel des chemins de campagne habitée, il vient directement poser son nez dans ma paume. La randonneuse est suivie d'une paire d'autres, ils font un circuit dans la région, de chambre d'hôtes en chambre d'hôtes et c'est Junior qui porte tout le barda. Deux paniers en travers du dos, remplis de diverses provisions et les trois sacs à dos des marcheurs, qui peuvent ainsi, à part la préposée au licol, se promener les mains dans les poches, une herbe à la bouche. Ils doivent faire la route de la noix, ou celle du fois gras, ou celle des moulins de l'Ouysse, c'est pourquoi nous les croisons sur le chemin de Valleye, commune de Lacave, département du lot, entre prés de rivière et petit bois de chêne, entre l'eau et les falaises de calcaire.

 

Suzy M est une humaine de la race des people, Junior est un âne de bât, qui m'ont valu à deux jours d'intervalle, deux rencontres aussi étourdissantes l'une que l'autre.

La différence quand même c'est qu'avec Junior, on  a pu discuter.

 

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 12:13

C’était au jardin du Palais Royal, visiblement ils avaient rendez-vous pour la première fois.

Elle brune, les cheveux courts une coupe recherchée, trotteurs noirs, bas noirs, jupe noire et un col de chemise blanche qui dépasse d’un pull gris à torsades épaules carrées, très original. Elle a un look d’étudiante dans une école de mode qui serait tenue par des bonnes sœurs.

Lui brun, tout maigre dans un costume noir, chemise claire, mocassins marron, les cheveux bruns ni coupés ni peignés. Il a l’air de sortir d’un grenier mal aéré.

Ils s’asseyent sur un  banc, chacun à une extrémité. Elle lui pose des questions que je n’entends pas, il répond calmement, elle hoche la tête à chaque réponse en disant « d’accord » mais avec un petit coin de sourire mal à l’aise. Tout en continuant de faire mine de s’intéresser, elle se roule une cigarette. Quant à lui, il a posé un sac en plastique blanc sur ses genoux maigres, en sort une boîte et commence, tout en répondant poliment, à déballer un petit camembert.

Et c’est là que mes amies m’ont appelée. J’ai dû laisser les tourtereaux maladroits à leur banc. Et je ne saurai rien de plus de cette affaire de camembert.

Simplement, il est revenu me hanter cette nuit. Il a fallu que mon inconscient se donne un mal de chien pour réussir à l’intégrer à mes rêves. Voilà ce qu’il m’a concocté : je me retrouvais au Japon malgré moi (j’expliquais la veille à un ami que je refusais d’y aller depuis Fukushima) invitée à la table de gentils japonais qui, pour me faire plaisir, concluaient leur menu par un plateau de fromages français. En me servant du camembert, je faisais remarquer que je n’en mangeais que très rarement chez moi.

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 10:08

oui je sais c'est un beau titre

un très beau titre

je me le suis répété plusieurs fois hier soir en rentrant chez moi

me demandant si ce serait un bon statut fessebouc ou plus splendide sur la couve d'un livre

en attendant de décider

et avec ma faible ampleur habituelle doublée de ma paresse personnelle

je le colle ici

et je m'explique

enfin

qu'y a-t-il à expliquer ?

Abraham fait du yoga, c'est un fait

je l'ai vu !

il était là, le patriarche, en chair et en os

en t-shirt blanc et jogging gris assorti à ses cheveux raréfiés

les membres maigres, les épaules obstinément remontées dans les oreilles

la bonne volonté est une chose

les mauvaises habitudes une autre250px-Rembrandt_Harmensz._van_Rijn_035-1-.jpg

question de culture évidemment

et tandis qu'Eric répétait :

détends tes trapèzes Abraham !

prends un support Abraham !

respire Abraham !

descends tes omoplates Abraham !

je me disais, dans une sorte d'illumination révélatoire :

Abraham fait du yoga

il a laissé tomber la Bible et les peuples du livre

sa nombreuse descendance inquiète, ses dissidents énervés, ses exégètes infatigables

pour s'occuper un peu de son enveloppe corporelle

patiemment, calmement, discrètement

au fin fond d'un passage du onzième arrondissement

mais pas anonymement

je ne me suis pas dit "Abraham fait du yoga avec moi"

ce qui montre à quel point j'ai été impressionnée

j'en étais encore toute retournée au moment de me coucher

pas retournée,  émerveillée plutôt

... là, je laisse s'insinuer une idée taquine, que peut être

"Abraham fait du ski" ou "Abraham fait du trempoline" ou "Abraham fait du roller"

seraient tout aussi fascinants

mais non

ça ne tient pas la route

je vais rester sur ce message d'espoir, cette leçon de vie .. y a quoi d'autre comme expression qui m'énerve ???

ABRAHAM fait du YOGA

Alléluia

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