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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 15:57

#NYRB #RobertBSilvers #Willy #Larzac #mentor #abricots #tomates #été

Quatre ans et onze mois !?

Robert B. Silvers éditeur de la NYRB – 1929-2017 - dévoué à la démocratie et au partage du savoir, épanouisseur d'auteurs, tyran et bourreau de travail, charmant nonobstant, vient de lâcher l’affaire.

 Les hommages recueillis dans la revue et sur son site m'ont fait penser à ces figures de professeurs qui vous ouvrent les portes du monde et des fenêtres sur vous-même, à tous ceux (je dis tous, mais ils sont rares) qui vous font aller plus loin, travailler mieux, qui vous inspirent et vous portent, qui vous contrarient pour mieux vous aiguiller ou pour que vous appreniez à vous aiguiller tout seul.

Evidemment je pense aussi à Willy. Et le fait que je n'ai, d'une certaine façon, plus envie de faire des livres s'il n'est pas là pour les lire ... me confirme dans ce rapprochement. Même génération, même certitude que l’éducation, le savoir, sont des outils de liberté à diffuser largement et sans jamais se départir d’un certain niveau d’exigence.

C’est un rendez-vous du 26 qui commence fort, avec une grande figure, mais après le premier élan … je cale.

L’été s’est installé. Je ne rêve que de m’étaler, sur mon lit, dans un doux courant d’air, avec un livre sur le ventre.

Quatre ans et onze mois !?

Et à propos d’été, j’ai retrouvé une diapositive, sur le pourtour blanc de laquelle Willy a écrit au crayon : Larzac 15- 06- 80. C’est moi, avec mes joues rondes, du vent dans mes cheveux courts et les oreilles percées (une erreur de jeunesse que le temps a gentiment rebouchée). Je me souviens que nous étions allés sur le plateau en famille en 1973, à l’époque de la construction de la fameuse bergerie. Je ne me rappelais pas que nous y soyons retournés.

Je sens que je ne peux pas vous quitter comme ça. Que vous dirai-je davantage ? Que la saison est bonne et les tomates parfumées, que les abricots du Roussillon ont les joues rouges et la saveur douce. Que la vie est belle et que je vous la souhaite meilleure encore.

Jusqu’à bientôt.

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l'overblogozen d'anna rozen - dans mon père lectures 26
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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 09:01

#LaVieDesGlouk #NellyWolf #PierreGoldman #ZAN

Deux fois de suite, ça ne va pas du tout ! Mes excuses cette fois-ci ?

Retour de bord de mer, été soudain à Paris. Bon je crois que je n'ai pas d'excuse. Il semblerait que le deuil s'accomplisse : cinq ans dans deux mois.

Ce qui n'empêche évidemment pas que je pense à Willy très souvent.

J'ai revu il y a quelques jours un de ses petits films où les pique-nique succèdent aux anniversaires - moyennant quoi, la famille est tout le temps à table - les parties de vélo ou de ski à celles de ballon. Je l'ai vu, moustachu, courir et sauter et dévaler et rire et me faire des politesses à table, que je lui rendais, tout ça muet. C'était bien lui.

encore un rendez-vous manqué

J'ai pensé à lui en lisant La Vie des Glouk de Nelly Wolf - à cause des brins de yiddish glissés ici et là dans cette chronique très drôle d'une famille gratinée, et des Witz (ces traits d'esprits typiques) dont le père prépare une anthologie -.

Elle raconte d'ailleurs une blague que Willy aimait bien :

"On a toujours un Russe dans sa famille. Pourquoi ? Parce que six Russes c'est six slaves, si s'lave c'est qu'y s'nettoie et si s'nettoie c'est donc ton frère."

Et grâce à Nelly Wolf toujours, je me suis plongée dans Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France du fameux Pierre Goldman, guerrillero, braqueur et intello, qui a été condamné à perpétuité pour des meurtres qu'il n'a pas commis, acquitté après révision au bout de cinq ans (pendant lesquels il a fait des études de philo) et assassiné deux ans plus tard dans de mystérieuses circonstances ...

encore un rendez-vous manqué

Une lecture que je recommande aussi, absolument : pour le personnage, sa voix et les fenêtres qu'il ouvre sur un monde qu'il regarde comme personne.

"Juif polonais né en France" c'est vraiment étrange. Willy était juif français né en Pologne. Elevé en Algérie. Spécial aussi.

Voilà, pensez vous que l'amende est honorable ?

Encore une bricole pour la fin : Au Monop j'ai acheté un quart de tourte Moisan - le nom m'a toujours fait un drôle d'effet - je connais quelqu'un de ce nom, dont il ne me reste qu'un vague souvenir négatif ... Il m'évoque aussi la soit-disant origine du nom Zan (histoire qui m'agace : l'enfant très petit, qui zézaie forcément, demande : "z'en veux, donne moi-z'en")

 

 

Willy aurait peut-être dit : Moisan c'est toujours mieux que moisi.

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 10:41

#PGWodehouse #PioBaroja #littérature #Livres #botanique #tribule

http://rozenblog2.blogspot.fr/ qui, comme son nom l'indique, sert aux exercices. Mais je n'oublie pas le 26, absolument pas. Et je vous remercie d'être vous aussi fidèle au rendez-vous.La Gymnastique des Jours OuvrésAmis du 26, bonjour, comme vous le savez probablement, je suis très assidue sur mon autre blog

Pour commencer, je propose une phrase de PG Wodehouse, qui m'a bien plu et qui aurait probablement fait sourire Willy, un peu jaune. "She shared the view of the sage who said that we ought to laugh at the jokes which are not funny, because the funny ones can look after themselves."

(Elle partageait l'avis du sage qui dit : il faut rire aux blagues pas drôles, les autres se débrouillent très bien toutes seules.)

court roman écrit en 1956French Leave,C'est dans

26, 4, 3. Mais je suis de plus en plus nulle en calcul ...

Sinon, j'ai eu un petit coup au cœur en lisant un article à propos de Pio Baroja, dont je n'avais jamais entendu parler et dont on me dit qu'il est l'un des plus grands auteurs espagnols du XXème siècle. Pendant une petite seconde j'ai eu le réflexe de téléphoner à Papa qui m'aurait probablement raconté des tas de trucs à son propos mais ...

vient d'être traduit en anglais."Los Caprichos de la Suerte"A la place, je copie ce que j'ai trouvé sur la toile : Pío Baroja y Nessi, né le 28 décembre 1872 à Saint-Sébastien et mort le 30 octobre 1956 à Madrid, est un écrivain basque espagnol de la génération de 98 et de langue espagnole.

Je ne sais pas du tout ce que " la génération de 98" signifie mais je vois qu'il portait en toute occasion un bien beau béret.

Je ne sais pas du tout ce que " la génération de 98" signifie mais je vois qu'il portait en toute occasion un bien beau béret.

Après la littérature et ... la littérature, pourquoi pas un peu de jardinage ? Au début d'octobre j'ai passé une semaine chez mon amie Natali, dans les environs de Perpignan, où j'ai découvert une plante bien énervante et qui m'a fait penser au chiendent qui marcottait la pelouse et avec lequel Willy se battait en rigolant, mais pas seulement.

C'est une machine infernale qui envahit sa cour, de longues tiges qui courent au ras du sol en étoile à partir d'un plant, les tiges portent de petites feuilles timides et des fleurettes jaunes discrètes et de loin en loin un fruit en forme de casse-tête médiéval, asymétrique et griffu qui quand il durcit crève les pneus des vélos. C'est d'ailleurs pour cette raison que Natali a décidé de les arracher toutes. Après une petite heure de boulot accroupi, nous sommes allée porter notre énigme devant les instances numériques. Il nous suffit d'entrer "la plante qui crève les pneus des vélos" pour tomber sur la coupable : le tribule terrestre.

26, 4, 3. Mais je suis de plus en plus nulle en calcul ...

 "(Tribulus terrestris L.), également appelé Croix-de-Malte, est une plante appartenant à la famille des Zygophyllacées, dont elle est l'un des rares représentants en Europe."

Quant aux graines méchantes, c'est très simple : "Le fruit étoilé est une capsule a cinq carpelles verruqueux portant chacun deux longues épines et deux plus petites. Celles-ci permettent à l'espèce de se propager à l'aide d'animaux dans les pattes desquels ces épines peuvent se planter, et qui peuvent ainsi malgré eux transporter la graine sur de longues distances."

se planter dans les pattes des animaux ! quelle imagination cette zygophylacée a-t-elle !
se planter dans les pattes des animaux ! quelle imagination cette zygophylacée a-t-elle !

se planter dans les pattes des animaux ! quelle imagination cette zygophylacée a-t-elle !

J'imagine que le tribule et ses tribulations, sans compter sa famille de joyeux zygophyles, auraient donné lieu à pas mal de variations hilarantes autant que botaniques, mais j'en resterai là, puisque nous sommes mercredi, jour ouvré s'il en fût et que je me dois aussi à ma gymnastique.

Sur ce, je vous embrasse.

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 08:41

#ClaudeJeanPhilippe  #CinéClub  # TristanDerème #W #Caillou #poésie #souvenir

Claude Jean Philippe, monsieur ciné-club, ses demi-lunes au dessus du front, son air fébrile de pilier de la cinémathèque et les cheveux ni lavés ni coiffés qui vont avec. Encore une institution qui disparaît. Sa voix surtout. Mais qu'on peut retrouver si on la cherche et qui nous ramènera le sentiment des vendredis soirs tard, dès que nous aurons le courage de la ré entendre.

mon petit caillou de septembre

W aurait été ravie de me voir, de m'entendre, lire à haute voix les délires de Tristan Derème dans LA TORTUE INDIGO

Pourquoi, dit M. Polyphème Durand, n'essayerait-on pas, - il nous faut du nouveau, n'en fût-il plus au monde - ne tenterait-on pas, dis-je, non seulement de couper les mots, mais encore de glisser quelques paroles entre leurs morceaux ?

Vous a, mon cher ami, vez tout à fait raison, s'écria M. Lalouette

Je pesais sous le poids d'un étrange fardeau : Le dendron m'avait dit de porter le rhodo.

mon petit caillou de septembre

Je ne retrouve plus du tout le poème de lui que j'ai dû apprendre à l'école. Seulement la sensation, en prononçant son nom : Tris-tan De-rème, de l'avoir anonné, petite, en conclusion d'une courte série de vers qui m'avait paru longue. Mais jolie.

Je n'aurais jamais imaginé que ce poète était aussi et en même temps, un joyeux drille, un bon vivant, un humoriste.

Béarnais comme Toulet son ami et fantaisiste tout autant.

Les Juifs posent des cailloux sur les tombes, en témoignage de leur visite. Les fleurs, ça ne se fait pas - peut-être par le même réflexe que celui de Sido, la mère de Colette, qui trouvait affreux de sacrifier des fleurs vivantes à un mort.

Moi, je pose des phrases, des noms, des livres, sur la mémoire toujours fraîche, que j'ai de mon petit papa.

mon petit caillou de septembre

et je vous souhaite joli le mois qui vient !

et si vous voulez me lire aussi entre les 26, ça se passe là :

http://rozenblog2.blogspot.fr/

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 09:44

Dans ma récolte du mois, des lectures et encore des lectures.

Je ne sais plus qui disait qu’on trouvait toujours ce qu’on cherche dans les livres, en plus de ce que l’auteur y a mis. Dans tous les livres, toujours, et puisque de fait, on passe sa vie à chercher. Des occasions de se réjouir, de quoi faire tourner le moulin de son cerveau, des pistes, des signes.

les petits cailloux du 26

Dans les Souvenirs Pieux de Marguerite Yourcenar, je tombe en arrêt devant le mot chaude, émerveillée par sa symétrie en forme de cheminée : petit montant extérieur, grand montant intérieur de chaque côté, protégeant au centre la double voyelle petite, bien au chaud justement … Dans sa phrase, un cheval retourne « vers la bonne écurie chaude … » Le ‘au’ comme petit feu au milieu, je l’imagine dessiné : deux lettres de flammes. Le c et le e sont des boules de cuivre ou de laiton ciré, décoratives ; le h et le d sont faits de pierre, solides et droits. Je m’émerveille que ce mot, que j’ai dû lire des milliers de fois, me soit soudain apparu dans toute son harmonie évocatrice.

les petits cailloux du 26

Dans My Life as a Man de Philip Roth, ce passage : Only in the classroom, as far as I knew, was it possible to approach one another with the intensity ordinarily associated with love, yet cleansed of emotional extremism and free of base motives having to do with profit and power.

(Il n’y a qu’en classe, il me semble, qu’il soit possible d’avoir avec les autres, des relations d’une intensité qu’on associe plus volontiers à l’amour, mais absolument dégagées des excès sentimentaux comme des basses motivations du profit ou du pouvoir)

les petits cailloux du 26

J’y vois un nouvel éclairage (la phrase a dû être écrite au plus tard en 1974, mais bon, nouveau pour moi) sur les raisons pour lesquelles Willy, et ma mère aussi, se sont épanouis dans ce métier difficile.

La vie intense et des interactions sans ambigüité ni poids ... qui n'en rêverait pas ?

Dans My Life in France, Julia Child raconte un épisode où elle et son mari, complètement débordés, se demandaient s'ils allaient répondre à une invitation, célébrer la nouvelle année de l'autre côté de l'Atlantique avec leurs amis français ... bref, ils se secouent, se disant en substance : tant pis pour tout, on y va, le plus important ce sont les gens !

Je n'ai pas marqué la ligne d'un post-it comme je fais d’habitude pour ensuite noter les phrases typiques ou qui résonnent en moi. Je me suis dit "pas la peine, c'est la base".

les petits cailloux du 26

Mais à la réflexion, tout le monde ne pense pas de la sorte.

Si pour moi c'est la base, une des bases, c'est que mon père nous l'a inculquée.

C'était La Base dans sa famille, par suite dans la nôtre.

Je crois bien avoir réussi à transmettre ce beau réflexe à ma fille.

Quant à moi, je suis parfois obligée de me le rappeler : les gens d’abord ! avant les livres, avant le sommeil, avant les chats :-)

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 09:49

Dans le garde mémoire de l’Association Pour l'Autobiographie, un certain Jacques Place se décrit dans sa jeunesse comme « féru de calembours et de jeux de mots … fatigant vite les jeunes filles. »

Sourire attendri.

A la première page du premier chapitre de 'Uneasy Money' de PG Wodehouse :

William FitzWilliam Delamere Chalmers, Lord Dawlish, had no secret sorrow.

Double dose de William et rien de triste.

... je ne perds pas le fil

Ce ne sont pas les rampes de lancement qui manquent.

Ce matin gris, par la fenêtre de la cuisine, un éclat lumineux métallique dans la cour attire mon regard. C'est une grappe de ballons gonflés à l'hélium, tout argent, de formes diverses. Une de nos voisines prépare un spectacle autour du nuage de Tchernobyl pour le trentième anniversaire de la catastrophe nucléaire.

... je ne perds pas le fil

Les anniversaires ne manquent pas non plus.

Ni les occasions de regarder sa jeunesse de loin : Prince disparu, Billy Paul envolé, Papa Wemba, le parrain de la Sape, dessapé pour l'éternité.

Je suis passée hier place de la République, en plein jour, il faisait tout aussi gris qu'aujourd'hui, je pensais voir un bout d'Assemblée Générale, quelques assis de la Nuit Debout ... mais rien : trois flics surveillant la sortie du métro, deux types qui trimballaient un grand machin recouvert d'un tissu noir dans un caddy de supermarché.

Faut que je me renseigne.

Il fait froid et moche, le printemps replie ses ailes avant l'élan de mai.

Que vous dire ?

PS : à propos de la République déserte, on me signale que l'université populaire, l'AG, les concerts et tout ça debout, c'est seulement l'après-midi, voire en fin d'après-midi // en même temps, je suis nouille, sinon ça s'appellerait la journée debout // il faut bien qu'on dorme !

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 12:22

#DavidLodge #RichmalCrompton #Uxellodunum #Gaulois #Lot #famille

Je trouve mes petits cailloux blancs dans les mémoires de David Lodge "Quite a Good Time to be Born" .

Son 'bon moment pour arriver sur terre' c'est un an après Willy.

Autant, il est drôle dans ses romans, autant ses mémoires sont un peu sérieuses ...

La vie, mesdames et messieurs !

On y apprend, entre tant, que son père, un musicien qui travaillait dans les salles de cinéma et les bals, s'appelait William.

Mars à Pâques

Et que parmi les lectures favorites du tout jeune David, figurait une série de romans comiques pour ados, écrite par une certaine Richmal Crompton, dont le personnage central se nomme ... vous l'avez deviné : William.

Encouragée par mes souvenirs personnels de lecture de Bennett et Mortimer, une série comique, tout aussi britannique, J'ai immédiatement passé commande de "More William" (plutôt que William at War, William the Pirate ou William in Trouble, en tout une quarantaine de titres) qui trône maintenant, face en avant dans ma bibliothèque.

Richmal Crompton (1890-1969) née dans le Lancashire était enseignante et suffragette, sa série a eu beaucoup de succès.
Richmal Crompton (1890-1969) née dans le Lancashire était enseignante et suffragette, sa série a eu beaucoup de succès.

Richmal Crompton (1890-1969) née dans le Lancashire était enseignante et suffragette, sa série a eu beaucoup de succès.

Pas d'autres cailloux de Mars, je vais donc pouvoir vous raconter une petite chose typique de la famille. C'était dans le Lot, 46.

Nous nous sommes retrouvées, ma Man, ma sœur et moi-même sur le site d'Uxellodunum.

Site du dernier combat des Gaulois contre César en 51.

Mars à Pâques

Je pense que les Gaulois et même César auraient été tout à fait impressionnés, voire contraints au pacifisme total, s'ils avaient été confrontés à nos interminables protestations prononciatrices.

Vaut-il mieux donc dire : uxèlodounom, ouxèlodounom, uxèlodunume, ou quoi ou qu'est-ce ? Et en vertu de quoi le vaudrait-il mieux ?

Je pense que Willy aurait beaucoup aimé cet échange et que toute personne étrangère à cette famille de dingues aurait tourné les talons au bout de trente secondes.

Mais nous nous sommes bien amusées.

Tout ça pour dire ?

Que malgré tout autour, et toutes choses égales par ailleurs, je vous souhaite doux et intéressant, neuf et caressant, le printemps qui s'installe.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 22:25

Je ne suis pas prête du tout

(et en plus, là, je réécris ce que je venais de faire et que Sardine, debout sur le clavier, vient d'intégralement effacer)

Je ne suis pas prête du tout :

Pas parce que je reviens de quelques jours au bord de la mer ;

Pas parce que Noël m'a distraite ;

Pas à cause des cinq heures de train plein de grands retours et de familles nombreuses ;

Pas parce qu'il est 22heures et que je préfèrerais m'affaler sur le canapé rouge ;

Parce que je croyais avoir des sujets d'avance, dont je m'aperçois qu'ils sont listés mais pas le moins du monde avancés.

Par conséquent, j'improvise.

La trêve des confiseurs sera mon excuse. Entre un fourré praliné et un marron glacé, c'est le temps de se la couler douce, de vérifier si les jours rallongent ...

Je me sens, vous le voyez, tenue d'être au rendez-vous, même si je ne suis ni prête ni inspirée.

Je ne voudrais pas manquer à mes lecteurs familiaux et amicaux.

Donc je me (re)mets au boulot.

Heureusement le hasard, ou je ne sais quelle providence, a mis sur mon chemin un petit signe joli.

Pour vous et moi j'ai trouvé, dans le livre que je lis :

un excellent roman plein de métaphysique, de voyous et d'intellos, qui se passe à Chicago, la ville de l'incomparable Saul B.

un excellent roman plein de métaphysique, de voyous et d'intellos, qui se passe à Chicago, la ville de l'incomparable Saul B.

mention d'une fleur, appelée "Sweet William" dans les pays anglo-saxons,

dont je n'avais jamais entendu parler, mais dont la figure me dit quelque chose ...

pas prête du tout

et qui me donne le prétexte de vous offrir un petit bouquet avec mes vœux pour que cette année moche, voire affreusement sabotée, finisse le mieux possible pour tout le monde ...

et que la prochaine vous soit belle.

(Je ferai mieux la prochaine fois)

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 12:55

#ajma #aSettler'sCookbook #YasminAlibhaiBrown #livres #lecture #mantra #26

Ajwain, ajowan, ajwan, ova, ajmoda, ajma, jowan, ajmola, oma, omu, carom

ça n’est pas un mantra mais ça pourrait

(à propos de mantra, est-ce que je vous ai dit ma découverte ?

Je ne fais pas méditation, je suis beaucoup trop impatiente pour ça,

Mais j’ai compris que ces mots qu’on répète ont simplement la vertu de bloquer tout autre pensée

Parce que dès qu’on essaie de faire le vide

Les idées se précipitent, sous la forme de phrases obstinées

Le meilleur moyen de se protéger des mots c’est de leur en opposer d’autres

Des mots enchaînés, maîtrisés, qui forment une petite barrière contre ceux qui essaient de venir vous distraire.)

Une petite litanie savoureuse ...

Ajwain, ajowan, ajwan, ova, ajmoda, ajma, jowan, ajmola, oma, omu, carom

sont tous les noms communs d’une graine aromatique parfumée, puissante, piquante, amère

un peu du thym et de l’anis un peu du poivre et de la menthe un peu du basilic et de la sarriette

une seule plante tous ces noms autant de vertus bien sûr digestive, apéritive, apaisante

une épice-graine pour la tête et le ventre

La petite litanie des noms, la manière dont on les voit se déformer pour former les suivants, comme des perles, des bulles, me fait penser à la façon dont Willy expliquait les variations des mots à travers les langues, en les faisant rouler sur la sienne

Les retrouverai-je ?

Une petite litanie savoureuse ...

J’ai découvert cet AJMA dans un livre. ‘A Settler’s Cookbook’ de Yasmin Alibhai Brown

Où elle raconte à travers les recettes de cuisine de sa famille

Son parcours et celui des Indiens d’Afrique de l’Est :

Ouganda, Tanzanie, Kenya

Venus au tout début du XXème siècle pour construire la voie ferrée de la reine Victoria

Et ouvrir des magasins dans des coins retirés.

L’Afrique était leur Amérique Ils étaient les serviteurs de l’empire britannique

Ils étaient méprisés par les Anglais, mais moins que les Africains

Dans les années 60-70, avec la décolonisation, ils ont dû partir

Vers le Pakistan, l’Inde ou l’Angleterre.

Yasmin Alibhai Brown est beaucoup plus sociologue que MFK Fisher

Mais elle a le même genre d’approche et le même regard

Clair et calme.

La même gourmandise précise et subtile.

Je me pourlèche en me cultivant

Je plonge dans un monde inconnu, parmi des gens qui me ressemblent.

Une petite litanie savoureuse ...

D’ailleurs, surprise, je viens de trouver, dans ce livre

Un de ces mots qui se déforment en voyageant :

Chez Yasmin on dit jalebi

Dans ma famille on disait zlabia

Pour le même gâteau confiserie en serpentins enroulés remplis de miel parfumé

Jalebi – zlabia

Des noms qui dansent d’une culture à l’autre.

Et me bercent et me ravissent.

Je vous embrasse

(après m'être soigneusement essuyé la bouche

avec un mouchoir imbibé d'eau de fleur d'oranger).

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 10:54

#LeBeauTemps #MarylineDesbiolles #MauriceJaubert #lectures #Vosges #C'estDansLaVallée

C’est un de ces moments où je me dis que la vie est bien plus forte que tout ce que je pourrais jamais écrire dans mes livres, ou même trouver dans ceux des autres.

Quelque chose comme une étincelle.

C’est un nom que je lis à la page 59 du nouveau livre de Maryline Desbiolles intitulé « Le Beau temps ». Un nom que je rencontre pour la deuxième fois de ma vie.

comment ça se prononce

La première fois, je l’ai seulement entendu, et curieusement, je me suis tout de suite demandé comment on l’écrivait.

C’était au début d’Août, en chemin vers Sainte Marie aux Mines, via Saint Dié des Vosges, dans le TER métroLOR. Comme Lorraine.

Un omnibus qui, partant de Nancy, dessert une demi-douzaine de stations. A chacune, la voix enregistrée égrenait celles à venir.

J'avais passé du temps à essayer de deviner l'orthographe du nom, cité dans la litanie plusieurs fois par la voix annonceuse après "Rends l'étape" qui finalement s'écrit Raon, évidemment, c'est français, ça fait la roue tout le temps, à la moindre étape.

Je me demandais comment l'« azé rail » que j'entendais pouvait bien s'écrire.

Le ail final sûrement pas comme dans le Sud justement, aïe, mais plutôt genre hei, Alsace oblige.

Je divaguais, j'imaginais Hazerhei, quelque chose d'âpre et de teuton.

Je n'ai pas fait 'ah, mais oui, bien sûr' en voyant le panneau Azerailles comme j'avais fait pour Raon l'Etape.

Azerailles donc, où Maurice Jaubert, le héros du Beau Temps, compositeur oublié, a reçu les blessures qui devaient l'emporter en juin 1940.

Dans son texte, Maryline Desbiolles précise que le e de Azerailles est élidé. On devrait donc prononcer Azraï.

Mais la voix dans LOR, et je l’ai vérifié à nouveau quand nous sommes retournés à Sainte Marie début Octobre pour le festival « C’est dans la vallée », disait distinctement : ‘Azérailles’.

C’est un détail.

comment ça se prononce

Mais ce qui est vivant dans la vie et difficile à rendre avec l’immédiateté, la brillance, ce sont justement les détails et la manière dont l’un renvoie à l’autre, en appelle un autre, rallume une lueur éteinte.

Ce que je trouve magnifique et que je vais avoir du mal à vous transmettre, c’est cet effet de reconnaissance, de lien, comme une sensation d’harmonie entre les choses.

Pourquoi est-ce que j’ai passé du temps mental sur Azerailles plutôt que sur Bertrichamps ?

Pourquoi Maryline Desbiolles précise la manière dont on doit prononcer Azerailles dans ce livre où j’ai découvert que Maurice Jaubert a composé la musique de l’Atalante et qu’il faisait partie de l’université ouvrière la Bellevilloise dans les années 30 ?

Comment se fait-il que des mots qu’on n’avait jamais entendus, ni vus, avant, tout d’un coup cristallisent, se fassent une place dans la partie vive de notre cerveau. Se chargent de significations voire d’affects ?

La question n’est même pas ‘comment’ d’ailleurs, il n’y a pas de question, simplement une sorte d’émerveillement.

Le plaisir de voir tout d’un coup souligné, comme par la fluorescéine qui trace le cheminement de l’eau, les communications, presque le jeu des synapses.

comment ça se prononce

Maryline Desbiolles, dont j’ai lu tous les livres, que je recommande absolument, parce qu’elle a une écriture précise et personnelle, investigatrice, sensitive, réussit à faire revivre cet homme.

Pour moi, en plus, elle ajoute une épaisseur à cet endroit, où je ne repasserai plus sans penser à elle et à lui.

Pour moi, Sainte Marie aux Mines est lié à la musique, aux amis, à une ambiance festivalière qui réveille pour quelques jours une ville endormie. Je n’avais jamais fait le rapprochement avec ce qu’on appelle « la drôle de guerre » qui s'est pourtant jouée là .

Elle écrit : « il aura deux trous rouges au côté droit, son visage s'enfoncera dans la paume des bois, des Hauts Bois d'Azerailles dont la sonorité même est l'envers de Nice, de son unique syllabe, brillante, aérienne.»

C’était un 19 juin à 14 heures.

Maurice Jaubert était niçois, comme Maryline Desbiolles.

nous sommes le 26 octobre 2015, il est 11h01

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