Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 15:15

IMG 0491ça m'a frappé en lisant les textes de MFK Fisher réunis dans "As They Were"

link

cette manière qu'elle a de regarder les choses et les gens

avec une tranquille bienveillance, c'est même au delà du non-jugeant

c'est une espèce de totale ...

évidemment, comme je n'ai pas ça, je vais avoir du mal à le définir

Colette est pareille

quand on lit ses articles de presse, reportages, récits de voyages ou de procès

elle a cette même ...

allez, je vais accumuler tous les mots qui me viennent quant à cette attitude, même les moches :

puissance d'accueil

confiance

impartialité

détachement souriant

...

et pourtant, elle n'était pas tout à fait commode, Colette

parfois elle traite les femmes qui se torturent pour être belles

d'écervelées ou pire

mais elle a vis à vis de ce qui se meut sous ses yeux

une sorte de bienveillance quasi divine

ça n'est pas qu'elle trouve tout bien

mais jamais elle - et MFK réagit de même - ne porte de jugement

et c'est même encore plus impressionnant que ça,

elle ne fait état que de réactions très ouvertes et généreuses

toutes les deux, je les admire pour leur regard, celui là : l'indéfinissable

et la manière dont elles savent transmettre tout ce qu'elles voient

mais je me demande, vu que je suis incapable d'avoir cette attitude,

si c'est seulement un style, une sagesse personnelles

ou si c'était aussi un peu une question d'époque

Colette 1873 - 1954

MFK FIsher 1908 - 1992

qui aujourd'hui peut se permettre de faire confiance d'avance ?

à tout le monde, tout le temps ?

je cherche parmi les auteurs contemporains que je lis

et je n'en vois pas de si tranquillement bienveillants

c'est une question, bien sûr

en plus, vu les périodes qu'elles couvrent, elles auraient évidemment toute légitimité

à se montrer craintives ou vulnérables

et d'ailleurs, je vous rassure, j'aime aussi beaucoup d'auteurs tordus, malveillants et névropathes.

on le verra ...

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article
18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 16:36

IMG 1239très amusant ...

grâce à une phrase élogieuse de Nicholson Baker et un papier sans complaisance de Daniel Mendlesohn

je me lance dans la lecture d'un Alan Hollinghurst

(The Folding Star - le titre vient d'un poème de Milton et moi je fais la maline)

auteur que je connaissais pas

et je vis une expérience Nicholson Baker-esque

je vous ai déjà perdus ?

dans mon exemplaire d'occase de Folding Star

je tombe sur des mots écrits à la main en bas de page

au crayon, un peu lâches et maladroits, comme écrits debout

fantasing (sic) page 5

cruising  page 9

needs  page 15

et page 25, l'un sous l'autre :

fantasising

observing

bar

je ne vais pas voir plus loin si ça continue

je veux garder le plaisir étrange de lire dans les pas de quelqu'un d'autre

qui a l'air de se reconnaître

dans cette histoire de prof particulier d'anglais éxilé à Bruges

gay, la quarantaine, pas bombe mais pas malchanceux pour autant

(j’aime bien quand il remarque … quelque chose de dur et fier en moi voulait que je brille, mon côté casanier, discret était soulagé que je passe inaperçu …)

qui raconte ses dragues, ses coups d'un soir et son amour naissant pour un de ses élèves

et je me dis, mais je ne sais pas comment vous le dire

que la manière dont un pédé raconte ses séances de sexe

m’est beaucoup plus alléchante que la manière d’un gars hétéro ou même d’une hétéro – qui décrirait donc des corps d’hommes, elle  

j’ai déjà eu ce sentiment avec Edmund White

un peu moins avec Alan Bennett, qui n’étale pas ses conquêtes

peu avec Renaud Camus – plutôt poisson froid artiste comme Catherine Millet –

je ne sais pas du tout là-dedans où moi je me situe

littérairement I mean

parce que dans la vie

ça me paraît simple

je suis pédé complètement

 

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article
3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 19:51

IMG 1133politiquement je sais pas

il paraît même que PG était un peu so so

mais en tout cas, son Quick Service (1940)

- comme son Code of the Woosters (je ne sais plus) -

m'a enchantée

et c'est exactement ce qu'il me faut

puisqu'en ce moment

je suis complètement

et c'est le mot qui me vient dès que je cherche un peu

désenchantée ...

y a pas une chanson comme ça ?

mieux vaut ne pas essayer de fredonner

après on tombe sur une scie chiante

et on ne peut plus s'en débarrasser

bref, Wodehouse, avec sa manie simple de ne faire à peu près aucune phrase qui ne soit drôle

et d'embrouiller les situations au maximum

de manière à ce que tous les personnages se retrouvent imbriqués les uns dans les autres

comme sous un grand filet piégeant ...

Wodehouse, avec sa mécanique

réussit à refaire un peu scintiller mon ciel

j'adore en particulier sa manière de résumer l'état d'amour :

" in Joss's company she felt stimualted and happy, as if she were a child watching a three-ring circus"

(en sa compagnie, elle se sentait éveillée et heureuse comme un enfant dans un cirque à trois pistes)

(on n'en voit plus que dans les films des cirques à trois pistes, mais on voit bien quand même)

c'est exactement l'état dans lequel on est quand l'amour vous tient

que l'amoureux est à portée de main

et puisqu'il est question d'amour - comment je me laisse entraîner, moi ! -

j'en ai récupéré une "définition" marrante dans le Birds of America de Lorrie MooreIMG 1134

(que j'ai abandonné vite, parce qu'en fait je n'aime pas beaucoup comme elle écrit)

une des protagonistes raconte son expérience avec les racoons

(ces espèces de ratons blaireaux)

"un jour on a essayé de les enfumer, on savait qu'ils étaient sur le toit, on espérait que la fumée les ferait fuir pour de bon. Au lieu de quoi, ils ont pris feu et sont tombés dans notre salon où ils se sont mis à courrir partout, brûlés, hurlant ... jusqu'à ce qu'ils finissent par mourir sur place" et elle ajoute : "les histoires d'amour sont comme ça. Toutes les histoires d'amour sont comme ça"

oui, bon, cette chroniquette est un peu sans queue ni tête

mais au moins y a du cœur

y en a

 

 

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article
18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 11:29

IMG 0766ça n'a rien à voir avec la phrase de Rancière dans Libé qui m'a bien plu

"la rupture, ça n'est pas de vaincre l'ennemi, c'est de cesser de vivre dans le monde que cet ennemi vous a construit"

qui m'arrange bien

parce qu'au lieu d'aller m'indigner dans le vent froid au pied des tours de la Défense

je peux continuer à vivre dans les phrases

mais la rupture n'est pas la victoire

mais je n'ai pas spécialement l'intention de gagner

pourtant, je n'aime pas perdre

du coup je ne joue pas

anyway

l'inattendu, l'excellent, qui n'a rien à voir avec Rancière (mais qui sait, parfois les goupillages adviennent)

c'est une entrée du journal d'Alan Bennett

dramaturge anglais exquisément drôle et résolument pudique

tout comme j'aime

dans laquelle il s'émerveille d'un texte de MFK Fisher sur lequel il est tombé par hasard 

dans une maison d'été

en France

et il salue son talent à saisir la qualité du moment et le génie de l'endroit

elle parle d'Arles

(je n'ai pas le livre avec moi - je cite vaguement)

mais ce que j'ai adoré, c'est ma sensation en lisant ces lignes :

deux auteurs que j'aime et admire, qui ne se connaissent pas mais se reconnaissent

une cohérence jolie

ça m'a surpris et réjouie comme un cadeau bien choisi

une surprise

 

 

 

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article
6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 12:23

 

IMG_1042.JPG"Impossible de rester ouvert à tout, ou de céder à chaque impulsion comme une porte de saloon, de la même manière quelle que soit la personne, de laisser les gens entrer et sortir à leur guise.  D'un autre côté, si vous vous refermez complètement, de façon à ce que rien ne vous dérange, vous vous retrouvez comme un ours dans son trou pour l'hiver, ou comme un miroir emballé dans une couverture. Et comme ce miroir, vous ne risquez plus d'être brisé, mais du même coup vous perdez votre éclat. Alors que nous voulons tous briller. C'est là qu'est le problème. Nous voulons tous être ce que nous sommes à l'extrême." *

 

J'ai trouvé The Victim de Saul Bellow dans une librairie d'Helsinki tenue par un Français anglophone. J'ai trouvé Saul Bellow grâce à Martin Amis qui le place au plus haut.

Je n'avais aucune idée de ce que pouvait bien raconter ce livre écrit en 1947.

Je suis tombée dans ce New York nocturne estival et paranoïaque sans savoir où je mettais les pieds.

Saisie par l'ambiance.

Un type esseulé dans Manhattan est poursuivi par un autre qui le rend responsable de sa ruine matérielle et morale.

C'est une histoire de scrupules, d'interrogations sur soi-même, l'image qu'on projette, les malentendus et la manière sinueuse dont on interprète le monde autour de soi dès qu'on n'est plus très sûr de ce qu'on est soi-même.

Très envoûtant bizarrement.

Et comme tous les bons livres. Et comme "tous" les "bons" livres ... il appuie précisément au tendre de mon humeur du moment.

Comment me protéger du monde sans me déconsidérer totalement ?

Comment garder ma curiosité ouverte sans me laisser envahir ?

Comment être pour ne pas m'en vouloir ensuite ?

Comment être moi-même à l'extrême et que ça me plaise à voir ?

 

On pourrait dire que j'ai beaucoup aimé ce bouquin, il serait plus juste de dire que je ne pouvais pas l'éviter.

 

* ma traduction de ce morceau de la page 92

You couldn't find a place in your feelings for everything, or give at every touch like a swinging door, the same for everyone, with people going in and out as they pleased. On the other hand, if you shut yourself up, not wanting to be bothered, then you were like a bear in a winter hole, or like a mirror wrapped in a piece of flannel. And like such a mirror you were in less danger of being broken, but you didn't flash either. But you had to flash. That was the peculiar thing. Everybody wanted to be what he was to the limit.

 

 

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article
21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 15:03

IMG 0642et je ne fais pas exprès

je viens de finir de lire "Le Voyageur Imprudent"

de René Barjavel, écrit SF de 1943 avec un post scriptum de 1958

dont je caserai de menus morceaux gratinés ci-plus-bas

et je tombe sur :

La 4 de Libération, où Luc Le Vaillant,

commence vaillamment son portrait par :

"il descend la rue Montorgueil avant que les hommes pressés et les femmes serial shoppeuses ne l'arpentent"

 

que je rapproche tout de suite donc de :

"Déjà, de notre temps, la tête était bien la partie de leur corps dont les femmes avaient le moins besoin pour vivre !"

à l'époque il n'y avait pas davantage de serial que de shoppeuses

mais elles étaient déjà toutes complètement écervelées évidemment

 

et aussi, à égalité, avec :

" Dans les quartiers bourgeois, ce ne fut pas le bonheur qu’il trouva, mais une légèreté, une futilité qui abaissait les hommes au niveau des femmes."

et comme les hommes étaient déjà pressés, ils descendaient très bas très vite, les pauvres

deux bricoles donc, trouvées dans cette histoire de voyages dans le temps

qui date déjà d'un  autre siècle

et je me dis : tout va bien, c'est une journée à thème

sauf que le magazine pour les cancéreuses, c'était un autre jour

semaine à thème peut-être ???

 

revenir juste un peu quand même sur le bouquin

que j'ai lu après avoir entendu mon "Bonheur 230" comparé avec

(il y a des morceaux de corps humains indépendantisés dans les deux, il est vrai)

donc c'est une affaire assez prenante

avec des combinaisons isolantes, des mondes désolés

et de belles trouvailles

en particulier, un "métro plein comme un couffin de figues"

et de curieuses pudeurs, comme ce vieux monsieur "mort pour la science", en héros,

laissant dans le futur une tranche de son corps qui "comprenait en particulier presque toute la colonne vertébrale, des fragments de cœur, d’estomac, d’intestins et le nombril."

et ça s'arrête là, bien sûr parce que les héros mâles n'ont pas vraiment besoin qu'on cite leur bite pour vivre et leur trou du cul encore moins. 

    

 

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article
11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 10:02

à force d'être fan de Martin,

Amis,

son fils,

j'oubliais - non en fait je n'oubliais pas du tout

et c'est d'ailleurs grâce au meilleur ami de Martin, Christopher, Hitchens

(j'adore faire comme si on buvait des coups, mais en fait, pas du tout, je ne fais que lire leurs livres avec avidité)

que j'ai découvert The Green Man, un livre de Kingsley Amis donc, 1969

dont je n'avais aucune idée

alors que si j'en crois la couve, il a fait l'objet d'une série télé aglaise avec Albert Finney

dans le rôle non pas du Green Man (qui est une sorte de Golem feuillu)

mais du tenancier de l'auberge du même nom

un gars très sympathique à lire

alcoolo mondain, womanizer, égoïste et hypocondriaque, veuf joyeux, père malhabile, fils égaré ...

misanthrope et dégoûté par la télé comme par la vie à la campagne

(va falloir que je cite)

  "Jack Maybury was the family doctor and a personal friend, or, more precisely, somebody I could bear to talk to. Among a tiny proportion of humanity more entertaining than very bad television, Jack stood high."

(JM était notre médecin de famille et un ami intime, ou plus exactement, quelqu'un à qui je réussissais à peu près à parler. Dans cette fraction infime de l'humanité avec qui on s'ennuie moins que devant de la mauvaise télévision, il occupait une position éminente.)

et pour la campagne, les charmes de la vie rurale, tout ça :

Rural life is a mystery until one realizes that nearly all of it, everywhere in the world, is spent in preparing for or recovering from short but punishing bouts of the tedium inseparable from the task of the land, or rather their failure to give the least sense of achievement, as it might be a lifetime spent washing up out of doors.  I have never understood why anybody agreed to go on being a rustic after about 1400."

(la vie rurale est un mystère jusqu'au moment où on comprend qu'il s'agit en fait simplement, et ce, partout dans le monde, de se préparer à ou de se remettre des cruelles et ennuyeuses corvées de la terre, ou plus précisément, de leur incapacité à donner jamais une sensation d'aboutissement. En gros, c'est comme passer sa vie à faire la vaisselle en plein air. Je n'ai jamais compris qu'on accepte encore de s'y plier passées les années 1400.)

 

Christopher Hitchens dans Catch 22 dit que The Green Man est le meilleur Kingsley

et je crois que je vais me ranger à son avis

c'est une histoire de fantômes parfaitement amalgamée dans une histoire très réaliste de sexe de famille et d'alcoolisme,

c'est d'une drôlerie parfaite

et les moments inquiétants font vraiment peur

mélange inédit me semble-t-il

sans compter l'esprit et la langue de l'auteur qui sont des délices supplémentaires

il profite d'ailleurs de ce séjour à la campagne pour régler ses comptes avec le roman, la religion, la séduction

 

ouhlà ! je m'aperçois que je suis un peu longue ...

qui m'aura suivie si loin ?

qui va lire cette amusante remarque sur une particularité féminine ?

"Amy was not yet a woman, but, even when much younger, she had developed the totally female habit  of behaving coolly, or coldly, to a degree  that must have a reason, while denying to the death not only the existence of the reason but also the existence of the behavior."

 

(Amy n'était pas encore une femme mais, et elle avait commencé plus jeune encore, elle avait déjà développé cette habitude tout à fait féminine de se comporter avec froideur, voire de se montrer glaciale, à un point qui laissait supposer l'existence d'une cause, tout en réfutant non seulement l'existence de la cause mais aussi celle du comportement)

 

sur ce, je vous laisse à vos activités (et lectures) du mardi ...

 


Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article
4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 16:13

je dis ça, j'ai pas tellement lu les autres de la liste

mais je viens de finir donc le :

"Retour à Killybegs" de Sorj Chalandon

et donc, vu que c'est un très bon livre

gorgé d'histoires fascinantes et très probablement vraies

raconté d'un style vif et sans complaisance

que j'aimerais pouvoir qualifier d'irlandais

pas du tout mon genre évidemment

l'IRA, l'Histoire, des prisons dures et des vies à peine moins

mais bon, les hasards festivaliers ont voulu que je me retrouve à Besançon

sur le même stand que Sorj Chalandon

et comme il est extrêmement sympathique

faramineusement intéressant

tout à fait drôle

qu'il n'a l'air de sortir ni d'un pays en guerre, ni d'une prison

et que pourtant il a dû en voir de toutes les couleurs les plus sombres ...

bref, voilà pourquoi comment j'ai lu un livre qui devrait obtenir le Goncourt

c'est déjà le moment de citer des passages ?

bon

voilà, un petit avant goût, ambiance de jeunesse irlandaise dans les années, euh ... 60-70

 Les Britanniques surveillaient nos gestes, l'IRA surveillait notre engagement, les curés surveillaient notre pensée, les parents surveillaient notre enfance et les fenêtres surveillaient nos amours. Rien ne nous cachait jamais.

et sinon, il y a une phrase qui m'a bien impressionnée aussi, la mère du narrateur qui dit :

"pour mourir, il suffit de le demander"

elle demande à dieu, elle, bien sûr

mais ça m'a fait penser à ma grand mère maternelle

celle qui est morte deux mois après la naissance de ma fille

parce qu'elle en avait marre

vraiment marre de vivre

elle avait 81 ans

je crois aussi qu'elle a demandé

je ne sais pas à qui

 

 

 

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article
30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 17:01

Paris

dans les années 20

raconté par Hemingway dans les 60

hé bien donc à l'époque

y avait des troupeaux de chèvres dans la rue

et si vous descendiez avec votre pot

le berger vous en trayait une sur place

Hem dit qu'on pouvait (quand on avait des dollars US)

vivre pauvre et vivre bien dans la capitale

pratiquer son art, ne mourir ni de froid ni de faim

il précise même que quand il mange, il boit automatiquement un pti coup avec sinon c'est pas la peine

bref

il raconte aussi une très folle équipée à Lyon avec Scott Fitzgerald

qui se conduit un peu comme le grand maigre infernal et charmant de The Big Bang Theory

hypocondiraque et capricieux mais irrésistible et cohérent avec sa propre logique

je n'avais jamais lu Hemingway

je l'avoue

et j'ai été très étonnée par son style rigoureusement plat

ou perce parfois une ironie froide

dont je me demande bien comment il est arrivé à la glisser

le style est si plat (exprès donc, j'ai bien compris)

que par moment on dirait du Français traduit mot à mot

= je ne sais pas si j'en lirai d'autres ...

(mais n'hésitez pas, vous qui me lisez, à me contredire ou me conseiller, voire à me remonter les bretelles

que j'ai bien basses en ce moment)

et ?

ah oui, il fait des portraits forts des gens qu'il a côtoyés

impossible en particulier de ne pas admirer son Wyndham Lewis

I tried to break his face down and describe it but I could only get the eyes. Under the black hat, when I had first seen them, the eyes had been those of an unsuccessful rapist."

et puis le truc que je garderai le plus longtemps je pense

c'est son histoire en Autriche

à Schruns !

quel beau nom

une station perdue

où d'un coup - enfin pas tout à fait -

(c'est à dire qu'ils sont précédés par un poisson pilote

genre d'entremetteur de la jet set)

débarquent les riches

et là, Hem se fait avoir et conclut :

  "When they said, 'It's great Ernest. Truly it's great. You cannot know the thing it has,' I wagged my tail in pleasure and plunged into the fiesta concept of life to see if could not bring some fine attractive stick back, instead of thinking, 'If these bastards like it what is wrong with it ?' That was what I would think if I had been functioning as a professional although, if I had been functioning as a professional, I would never have read it to them."

genre ... quand ils m'ont déclaré 'c'est très beau, Ernest, c'est très bien, il y a vraiment quelque chose' j'ai remué la queue de plaisir et me suis laissé embarquer dans lleur vision festive de la vie, j'ai cherché un joli bout de bois à leur rapporter. Alors qu'en fait j'aurais dû me dire 'si ces salauds ont trouvé ça bien, c'est qu'il y a un problème ! qu'est ce qui ne va pas dans mon texte ?' Voilà ce que j'aurais pensé si je m'étais conduit comme un professionnel, mais si je m'étais conduit comme un professionnel, jamais je ne leur aurais fait lire.

 

parfois je me demande si je ne raconte pas toujours exactement la même chose

autour de mes lectures

quelque chose comme :

confiture aux cochons, si vous n'aimez pas ça, chacun sa merde, la maison d'un humain est son château

ce style ...

 

 

 

 

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article
27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 16:23

Caroline Blackwood 1931 - 1996

dont je viens de lire le "Great Granny Webster"

réédité par la New York Review of Books

- ma revue littéraire préférée -

excellentissime portrait de personnages de sa famille

(c'est romancé)

entre autres :

une arrière grand mère glaciale et merveilleuse de méchanceté

qui lèguera l'intégralité de son immense fortune à la Société pour l'Euthanasie

:-)

et une tante évaporée, séductrice, rigolote, magnifique

évidemment suicidaire

et donc là je vais être obligée de citer ...

Tante Lavinia mange un des biscuits de son caniche et dit :

"on ne sait pas si c'est absolument délicieux ou tout à fait infect, comme pour beaucoup de choses dans la vie, c'est difficile de décider"

et à un moment où moi-même comme souvent j'hésite entre légèreté et gravité

(sans jamais envisager le suicide)

pour choisir la première sans pouvoir m'empêcher de pleurnicher

(rien ne dure, la vieillesse est cruelle, le monde parfait mais sans pitié, Fukushima + 7 mois et quelques ...)

évidemment je vibre quand elle raconte :

"Tante Lavinia avait la croyance quasi-religieuse que c'était mal d'infliger aux autres son propre désespoir. La moindre plainte, la plus petite manifestation d'insatisfaction personnelle en société, lui semblait d'une cruauté quasi criminelle. Ayant passé toute sa vie accablée par la terreur de s'ennuyer et considérant la difficulté pour les humains d'accéder au bonheur comme la plus ennuyeuse des banalités, elle refusait obstinément d'imposer les siens. Quand ses amis devenaient moroses ou larmoyants, elle ne cachait pas son déplaisir. Ce qui dictait sa conduite toujours joyeuse et superficielle, c'était un certain courage et le respect de ses amis."

 

( Aunt Lavinia always had a near-religious belief  that it was wicked to inflict one's personal dispair on others. Any dispaly of self-pity or self-dissatisfaction she saw as a social cruelty that was very nearly criminal. Having been plagued all her life by a terror of ennui and seeing human unhappiness as a condition so commonplace as to be boring, she stubbornly refused to burden other people with her own. If her friends became lachrymose or whining she disliked it. She chose to appear unfailingly gay and scatterbrained and easily diverted, out of human consideration and bravery.)

 

je me demande même, là, si ça ne se passe pas de commentaire ...

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans lectures
commenter cet article

Présentation

  • : Les rendez-vous du 26 / voir aussi http://rozenblog2.blogspot.fr/
  • Les rendez-vous du 26 / voir aussi http://rozenblog2.blogspot.fr/
  • : Des phrases, des humeurs, des colères, des petits coups de butoirs butés brefs et rigolos, ou pas rigolos. Et surtout : Les rendez-vous du 26 en souvenir de mon père ...
  • Contact

Recherche

Pages

Liens