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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 16:52

#monPère #pigeonRamier #VictorHugo #bruyère #SiesteAcoustique

J'ai une excuse : j'ai passé trois jours emportée dans la musique

vendredi 24 et samedi 25 à Dijon, pour d'excellents concerts en appartement

avec, par ordre d'apparition : Maeva Le Berre, Albin de la Simone, Brigitte Giraud

Bastien Lallemant, Charles Berberian,

Donia Berriri/Achille, Vincent Almendros, Diane Sorel, Katel/Ktl et JP Nataf

Le 26, encore sous le charme, je n'ai eu que le temps de reprendre mes esprits avant de rejoindre la répétition de la Sieste Acoustique (où j'ai moi-même lu ET chanté)

Voilà comment je me retrouve dans la position absurde de rédiger mon mot du 26 juin le 27

j'espère que vous accepterez, vous lecteur(trice) fidèle, mes excuses, ce 'flyer' faisant foi.

26 + 1 ça devait arriver !

Quelques jours avant le 26, je me creusais la tête pour trouver quelque-chose à vous raconter. Quand même pas la kippa abandonnée sur un banc, sous l’érable en fleurs - dans le square où je m'étais réfugiée pour pleurer à l’aise le 26 juillet 2012 - ?

J’ai reconnu l’érable cette fois, parce que la semaine dernière à Nancy j’en ai confondu un, très grand, très haut, très beau, classé, protégeant la cour des amis chez qui j’étais, de toute construction-obstruction future, avec un tilleul.

Je ne le savais pas, mais certains érables produisent, comme les tilleuls, des petits bouquets de fleurs jaune-vert au parfum de miel soulignés d’une seule feuille longue et pâle, une par bouquet.

Et à part ma découverte botanique ?

Des indices de ci de quoi ?

Des surprises ?

Dans un élan d’énergie je me suis imaginé vous décrire aussi souvent que possible « la surprise du jour ». Seulement voilà, je n’ai pas de surprise tous les jours. Et comment distinguer la surprise tant que le jour n’est pas terminé ?

Est-ce que la cascade du gros pigeon ramier, perché sur un arbuste fragile – se penchant un peu trop vers un fruit minuscule, il a manqué tomber comme une grosse poule mais s’est rattrapé de quelques coups d’ailes peu gracieux, ayant vu que je l’avais vu, il est resté immobile un long moment, dignité froissée, m’a-t-il semblé. Il faut dire que je l’ai montré du doigt. Personne n’aime qu'on se moque…

Est-ce que la cascade du pigeon compte comme surprise du jour ?

26 + 1 ça devait arriver !

Et quelques heures plus tard, une autre surprise.

Dans le métro, un type qui chante –mieux que la plupart –en s’accompagnant à la guitare.

Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne ! Il a mis en musique le poème de Victor Hugo que je reconnais immédiatement pour avoir beaucoup souffert dessus quand j’avais … une dizaine d’années, je pense.

Je me vois encore, je me sens encore, debout dans le bureau de papa, ouvert par une demi cloison sur le salon, à me tortiller parce que je le trouvais difficile … J’irai par la forêt, j’irai par la montagne … je ne puis … demeurer ! … loin de toi plus longtemps … descendant vers Harfleur … un bouquet de … un bouquet de houx … vert et de … gruyère en fleur !

Et de gruyère en fleur. Qu’est-ce qu’on a ri. Mais ri. Papa et moi, ri comme des fous.

Moi trop bien sûr, ne pouvant plus m’arrêter, me croyant délivrée du travail par cette trouvaille inespérée. Il a fallu qu’il me remette sur les rails : allez, tu la redis en entier une dernière fois, moi aussi j’ai du travail.

Je ne vois pas comment j’aurais pu éviter un nouveau fou rire entre le houx vert (dont je ne me souviens jamais, il a fallu que j’aille le chercher, là) et … le gruyère en fleur.

26 + 1 ça devait arriver !

Pour toujours Demain dès l’aube, le poème d’Hugo à sa fille morte quatre ans plus tôt -

tiens, quatre ans plus tôt – est accroché pour moi à ce fou-rire avec Willy.

Gruyère en fleur forever.

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 09:44

Dans ma récolte du mois, des lectures et encore des lectures.

Je ne sais plus qui disait qu’on trouvait toujours ce qu’on cherche dans les livres, en plus de ce que l’auteur y a mis. Dans tous les livres, toujours, et puisque de fait, on passe sa vie à chercher. Des occasions de se réjouir, de quoi faire tourner le moulin de son cerveau, des pistes, des signes.

les petits cailloux du 26

Dans les Souvenirs Pieux de Marguerite Yourcenar, je tombe en arrêt devant le mot chaude, émerveillée par sa symétrie en forme de cheminée : petit montant extérieur, grand montant intérieur de chaque côté, protégeant au centre la double voyelle petite, bien au chaud justement … Dans sa phrase, un cheval retourne « vers la bonne écurie chaude … » Le ‘au’ comme petit feu au milieu, je l’imagine dessiné : deux lettres de flammes. Le c et le e sont des boules de cuivre ou de laiton ciré, décoratives ; le h et le d sont faits de pierre, solides et droits. Je m’émerveille que ce mot, que j’ai dû lire des milliers de fois, me soit soudain apparu dans toute son harmonie évocatrice.

les petits cailloux du 26

Dans My Life as a Man de Philip Roth, ce passage : Only in the classroom, as far as I knew, was it possible to approach one another with the intensity ordinarily associated with love, yet cleansed of emotional extremism and free of base motives having to do with profit and power.

(Il n’y a qu’en classe, il me semble, qu’il soit possible d’avoir avec les autres, des relations d’une intensité qu’on associe plus volontiers à l’amour, mais absolument dégagées des excès sentimentaux comme des basses motivations du profit ou du pouvoir)

les petits cailloux du 26

J’y vois un nouvel éclairage (la phrase a dû être écrite au plus tard en 1974, mais bon, nouveau pour moi) sur les raisons pour lesquelles Willy, et ma mère aussi, se sont épanouis dans ce métier difficile.

La vie intense et des interactions sans ambigüité ni poids ... qui n'en rêverait pas ?

Dans My Life in France, Julia Child raconte un épisode où elle et son mari, complètement débordés, se demandaient s'ils allaient répondre à une invitation, célébrer la nouvelle année de l'autre côté de l'Atlantique avec leurs amis français ... bref, ils se secouent, se disant en substance : tant pis pour tout, on y va, le plus important ce sont les gens !

Je n'ai pas marqué la ligne d'un post-it comme je fais d’habitude pour ensuite noter les phrases typiques ou qui résonnent en moi. Je me suis dit "pas la peine, c'est la base".

les petits cailloux du 26

Mais à la réflexion, tout le monde ne pense pas de la sorte.

Si pour moi c'est la base, une des bases, c'est que mon père nous l'a inculquée.

C'était La Base dans sa famille, par suite dans la nôtre.

Je crois bien avoir réussi à transmettre ce beau réflexe à ma fille.

Quant à moi, je suis parfois obligée de me le rappeler : les gens d’abord ! avant les livres, avant le sommeil, avant les chats :-)

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 09:49

Dans le garde mémoire de l’Association Pour l'Autobiographie, un certain Jacques Place se décrit dans sa jeunesse comme « féru de calembours et de jeux de mots … fatigant vite les jeunes filles. »

Sourire attendri.

A la première page du premier chapitre de 'Uneasy Money' de PG Wodehouse :

William FitzWilliam Delamere Chalmers, Lord Dawlish, had no secret sorrow.

Double dose de William et rien de triste.

... je ne perds pas le fil

Ce ne sont pas les rampes de lancement qui manquent.

Ce matin gris, par la fenêtre de la cuisine, un éclat lumineux métallique dans la cour attire mon regard. C'est une grappe de ballons gonflés à l'hélium, tout argent, de formes diverses. Une de nos voisines prépare un spectacle autour du nuage de Tchernobyl pour le trentième anniversaire de la catastrophe nucléaire.

... je ne perds pas le fil

Les anniversaires ne manquent pas non plus.

Ni les occasions de regarder sa jeunesse de loin : Prince disparu, Billy Paul envolé, Papa Wemba, le parrain de la Sape, dessapé pour l'éternité.

Je suis passée hier place de la République, en plein jour, il faisait tout aussi gris qu'aujourd'hui, je pensais voir un bout d'Assemblée Générale, quelques assis de la Nuit Debout ... mais rien : trois flics surveillant la sortie du métro, deux types qui trimballaient un grand machin recouvert d'un tissu noir dans un caddy de supermarché.

Faut que je me renseigne.

Il fait froid et moche, le printemps replie ses ailes avant l'élan de mai.

Que vous dire ?

PS : à propos de la République déserte, on me signale que l'université populaire, l'AG, les concerts et tout ça debout, c'est seulement l'après-midi, voire en fin d'après-midi // en même temps, je suis nouille, sinon ça s'appellerait la journée debout // il faut bien qu'on dorme !

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 15:04
j'imagine qu'il a trois ou quatre ans, là, sous la main de Szaja, en compagnie de Hannah et Charlotte

j'imagine qu'il a trois ou quatre ans, là, sous la main de Szaja, en compagnie de Hannah et Charlotte

moi j'ai trois ans ... je trouve que nous nous ressemblons énormément

moi j'ai trois ans ... je trouve que nous nous ressemblons énormément

pour ce quatrième non-anniversaire, j'embrasse tous ceux qui l'ont aimé

et aussi tous ceux qui me suivent

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 12:50

si tout va, on peut visionner un petit film réalisé par Willy en 1964 ...

on y voit ... un bateau ... des enfants ... leur mère ... et Willy qui joue au ballon dans les bois !

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 12:22

#DavidLodge #RichmalCrompton #Uxellodunum #Gaulois #Lot #famille

Je trouve mes petits cailloux blancs dans les mémoires de David Lodge "Quite a Good Time to be Born" .

Son 'bon moment pour arriver sur terre' c'est un an après Willy.

Autant, il est drôle dans ses romans, autant ses mémoires sont un peu sérieuses ...

La vie, mesdames et messieurs !

On y apprend, entre tant, que son père, un musicien qui travaillait dans les salles de cinéma et les bals, s'appelait William.

Mars à Pâques

Et que parmi les lectures favorites du tout jeune David, figurait une série de romans comiques pour ados, écrite par une certaine Richmal Crompton, dont le personnage central se nomme ... vous l'avez deviné : William.

Encouragée par mes souvenirs personnels de lecture de Bennett et Mortimer, une série comique, tout aussi britannique, J'ai immédiatement passé commande de "More William" (plutôt que William at War, William the Pirate ou William in Trouble, en tout une quarantaine de titres) qui trône maintenant, face en avant dans ma bibliothèque.

Richmal Crompton (1890-1969) née dans le Lancashire était enseignante et suffragette, sa série a eu beaucoup de succès.
Richmal Crompton (1890-1969) née dans le Lancashire était enseignante et suffragette, sa série a eu beaucoup de succès.

Richmal Crompton (1890-1969) née dans le Lancashire était enseignante et suffragette, sa série a eu beaucoup de succès.

Pas d'autres cailloux de Mars, je vais donc pouvoir vous raconter une petite chose typique de la famille. C'était dans le Lot, 46.

Nous nous sommes retrouvées, ma Man, ma sœur et moi-même sur le site d'Uxellodunum.

Site du dernier combat des Gaulois contre César en 51.

Mars à Pâques

Je pense que les Gaulois et même César auraient été tout à fait impressionnés, voire contraints au pacifisme total, s'ils avaient été confrontés à nos interminables protestations prononciatrices.

Vaut-il mieux donc dire : uxèlodounom, ouxèlodounom, uxèlodunume, ou quoi ou qu'est-ce ? Et en vertu de quoi le vaudrait-il mieux ?

Je pense que Willy aurait beaucoup aimé cet échange et que toute personne étrangère à cette famille de dingues aurait tourné les talons au bout de trente secondes.

Mais nous nous sommes bien amusées.

Tout ça pour dire ?

Que malgré tout autour, et toutes choses égales par ailleurs, je vous souhaite doux et intéressant, neuf et caressant, le printemps qui s'installe.

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 07:13

Même quand je ne sais pas trop où je vais, un indice vient me taper dans l'œil et la piste se dessine.

Port William, encore plus au Sud qu'Ushuaïa. J'ai vu ça dans un reportage, c'est au Chili "un des établissements humains les plus méridionaux du monde" ... ça me semble une bonne adresse.

jamais sans un signe

Et sinon ... avant de partir pour quelques jours à Madrid, je me penche sur le cas du 26 et vous livre deux nouveaux Je Suis.

(un chien cadurcien)

(un chien cadurcien)

Je suis un bouledogue blanc avec une tache brune sur l'œil gauche. Je suis tout nu, sans manteau ni collier, ma maîtresse me trimballe à l'arrière de son vélo rouge dans une caisse en bois à claire voie. C'est assez confortable et je vois du pays.

Tiens, on s'arrête, elle met la béquille de son vélo et puis elle m'attrape sous les bras, je pends de tout mon poids comme un sac de patates, elle me sourit quand même. Elle me pose sur le trottoir.

C'est cool parce que j'ai plein de trucs à renifler, mais ça m'embête parce que là, tout le monde va voir que j'ai la patte arrière droite complètement raide. Ça me donne une démarche ridicule, c'est pour ça que je préfère quand on roule : dans ma boîte surélevée, j'ai l'air d'un roi.

(ça n'a rien à voir mais c'est tout ce que j'ai en stock sur la rue d'Aboukir)

(ça n'a rien à voir mais c'est tout ce que j'ai en stock sur la rue d'Aboukir)

Je suis un grand Sikh avec un diable à mes pieds. J'attends au coins des rues St Denis et d'Aboukir, deuxième arrondissement, avec une dizaine de mes coréligionnaires, coiffés comme moi du turban noir et mêmement accompagnés de leur outil de travail à deux roulettes. Nous attendons des chargements de fringues ou de rouleaux de tissu, nous faisons la navette, à la demande, entre les camions de livraison et les boutiques - certains préfèrent dire 'show-room' - de ce qui reste du Sentier. Nous sommes à Paris en 2016, mais notre demi-cercle patient et silencieux, suspendu à la commande, pourrait aussi bien se trouver, identique, sur le port lointain d'un pays Antique ....

Nous ressemblons à des princes mais nous louons nos bras.

 

Nous sommes, vous êtes ...

J'espère que vous allez tous bien, que le printemps précoce, bientôt rattrapé par le cours du temps, vous réjouit et vous met au cœur des envies délicieuses et des élans irrésisitibles.

PS : en cherchant des images, je vois qu'il y a aussi un Port William en Ecosse ...

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 10:04

où il sera question de peau, d'astronaute, de métro et d'oiseau ...

J'ai décidé de refaire des 'je suis'. Je cherchais des textes courts à lire entre les chansons de la sieste acoustique du 17 janvier. Je suis retombée sur la troisième partie de Vieilles Peaux, intitulée Pas Moi et qui fonctionne sur ce système : je me mets dans la peau de gens ou de choses que je vois ou que je croise et je raconte à la première personne.

C'est un bon exercice. Surtout en ce moment, juste après "les fêtes" où je n'arrive pas à me replonger dans mon livre en cours et où je suis d'humeur vacancière.

Des textes courts, où l'inspiration fait tout le boulot ...

je ne compte plus en mois

Willy m'avait fait compliment à propos du Pas Moi de Vieilles Peaux. Il avait dit : "ils sont bien campés tes personnages, on a envie d'en savoir plus." Comme souvent, c'était un compliment du genre constructif (et un peu à double tranchant). J'avais précisé que justement le but et la limite de cette forme était de ne donner qu'une image fugace, un germe d'histoire ou même pas.

Je pense qu'il rêvait que j'écrive un "grand livre". Je ne sais pas si j'en suis capable, je ne suis pas sûre de savoir ce que c'est.

En attendant, je vous offre quelques Je Suis première cuvée 2016.

je ne compte plus en mois

Je suis un hybride d'astronaute et de bonhomme de neige, version mini. Des pieds à la tête je mesure soixante centimètres. Là je me promène dans les rues de Paris d'hiver, à la proue de mon père qui me porte dans un harnais confortable, je lui ouvre la voie, je trace son chemin, c'est moi qui vois le premier les obstacles, quelquefois je lui sers même un peu de pare-choc, mais il marche doucement et je suis bien rembourré dans ma combinaison molletonnée blanche, je suis couvert du bout des pieds au milieu du front. Suspendu, les jambes ballantes, je suis le roi de l'espace et du temps. Je flotte, j'ai mon père en guise de moteur dans le dos et toute la vie devant moi. A perte de vue.

Je suis un usager du métro. Je rentre chez moi après une rude journée au bureau. Pour me délasser je fais des sudoku. Je porte un costume classique, je suis assis bien droit sur mon strapontin, mes pieds cachent mon sac, ma cravate couvre mon sexe. Malgré la foule, je suis bien isolé dans ma bulle. Je trouve que 'sport cérébral' est une appellation bien trouvée. Là je sens que mes neurones se détendent tout en se musclant. Avant j'étais adepte des mots fléchés, mais ça n'est plus dut tout d'actualité, c'est comme 'employé modèle' qui ne se dit plus tout, au jour d'aujourd'hui je suis ce qu'on appelle : un collaborateur exemplaire.

je ne compte plus en mois

Je suis un moineau sur le dossier d'une chaise à la terrasse chauffée du Grand Cerf. Je regarde les gens passer dans la rue, je tourne la tête dans tous les sens pour vérifier que je ne cours aucun danger, on ne sait jamais. La dame dans mon dos derrière la vitre, je ne suis pas certain qu'on puisse lui faire entière confiance. Y a rien à bouffer ici, mais c'est propre et il fait bon. Je gonfle mes plumes, je m'aiguise le bec sur le rotin du dossier, je laisse pendre mon aile droite, je sais pas si c'est l'hiver ou quoi mais j'ai un peu mal quand je la replie. Je ne vais pas m'éterniser non plus, hein, ça manque de miettes. Tiens, je regonfle mes plumes et puis je laisse une petite crotte avant de m'envoler.

je ne compte plus en mois

Je suis bien aise que vous me lisiez et je vous souhaite aussi joli que possible le mois qui s'étale jusqu'à notre prochain rendez-vous.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 22:25

Je ne suis pas prête du tout

(et en plus, là, je réécris ce que je venais de faire et que Sardine, debout sur le clavier, vient d'intégralement effacer)

Je ne suis pas prête du tout :

Pas parce que je reviens de quelques jours au bord de la mer ;

Pas parce que Noël m'a distraite ;

Pas à cause des cinq heures de train plein de grands retours et de familles nombreuses ;

Pas parce qu'il est 22heures et que je préfèrerais m'affaler sur le canapé rouge ;

Parce que je croyais avoir des sujets d'avance, dont je m'aperçois qu'ils sont listés mais pas le moins du monde avancés.

Par conséquent, j'improvise.

La trêve des confiseurs sera mon excuse. Entre un fourré praliné et un marron glacé, c'est le temps de se la couler douce, de vérifier si les jours rallongent ...

Je me sens, vous le voyez, tenue d'être au rendez-vous, même si je ne suis ni prête ni inspirée.

Je ne voudrais pas manquer à mes lecteurs familiaux et amicaux.

Donc je me (re)mets au boulot.

Heureusement le hasard, ou je ne sais quelle providence, a mis sur mon chemin un petit signe joli.

Pour vous et moi j'ai trouvé, dans le livre que je lis :

un excellent roman plein de métaphysique, de voyous et d'intellos, qui se passe à Chicago, la ville de l'incomparable Saul B.

un excellent roman plein de métaphysique, de voyous et d'intellos, qui se passe à Chicago, la ville de l'incomparable Saul B.

mention d'une fleur, appelée "Sweet William" dans les pays anglo-saxons,

dont je n'avais jamais entendu parler, mais dont la figure me dit quelque chose ...

pas prête du tout

et qui me donne le prétexte de vous offrir un petit bouquet avec mes vœux pour que cette année moche, voire affreusement sabotée, finisse le mieux possible pour tout le monde ...

et que la prochaine vous soit belle.

(Je ferai mieux la prochaine fois)

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 12:55

#ajma #aSettler'sCookbook #YasminAlibhaiBrown #livres #lecture #mantra #26

Ajwain, ajowan, ajwan, ova, ajmoda, ajma, jowan, ajmola, oma, omu, carom

ça n’est pas un mantra mais ça pourrait

(à propos de mantra, est-ce que je vous ai dit ma découverte ?

Je ne fais pas méditation, je suis beaucoup trop impatiente pour ça,

Mais j’ai compris que ces mots qu’on répète ont simplement la vertu de bloquer tout autre pensée

Parce que dès qu’on essaie de faire le vide

Les idées se précipitent, sous la forme de phrases obstinées

Le meilleur moyen de se protéger des mots c’est de leur en opposer d’autres

Des mots enchaînés, maîtrisés, qui forment une petite barrière contre ceux qui essaient de venir vous distraire.)

Une petite litanie savoureuse ...

Ajwain, ajowan, ajwan, ova, ajmoda, ajma, jowan, ajmola, oma, omu, carom

sont tous les noms communs d’une graine aromatique parfumée, puissante, piquante, amère

un peu du thym et de l’anis un peu du poivre et de la menthe un peu du basilic et de la sarriette

une seule plante tous ces noms autant de vertus bien sûr digestive, apéritive, apaisante

une épice-graine pour la tête et le ventre

La petite litanie des noms, la manière dont on les voit se déformer pour former les suivants, comme des perles, des bulles, me fait penser à la façon dont Willy expliquait les variations des mots à travers les langues, en les faisant rouler sur la sienne

Les retrouverai-je ?

Une petite litanie savoureuse ...

J’ai découvert cet AJMA dans un livre. ‘A Settler’s Cookbook’ de Yasmin Alibhai Brown

Où elle raconte à travers les recettes de cuisine de sa famille

Son parcours et celui des Indiens d’Afrique de l’Est :

Ouganda, Tanzanie, Kenya

Venus au tout début du XXème siècle pour construire la voie ferrée de la reine Victoria

Et ouvrir des magasins dans des coins retirés.

L’Afrique était leur Amérique Ils étaient les serviteurs de l’empire britannique

Ils étaient méprisés par les Anglais, mais moins que les Africains

Dans les années 60-70, avec la décolonisation, ils ont dû partir

Vers le Pakistan, l’Inde ou l’Angleterre.

Yasmin Alibhai Brown est beaucoup plus sociologue que MFK Fisher

Mais elle a le même genre d’approche et le même regard

Clair et calme.

La même gourmandise précise et subtile.

Je me pourlèche en me cultivant

Je plonge dans un monde inconnu, parmi des gens qui me ressemblent.

Une petite litanie savoureuse ...

D’ailleurs, surprise, je viens de trouver, dans ce livre

Un de ces mots qui se déforment en voyageant :

Chez Yasmin on dit jalebi

Dans ma famille on disait zlabia

Pour le même gâteau confiserie en serpentins enroulés remplis de miel parfumé

Jalebi – zlabia

Des noms qui dansent d’une culture à l’autre.

Et me bercent et me ravissent.

Je vous embrasse

(après m'être soigneusement essuyé la bouche

avec un mouchoir imbibé d'eau de fleur d'oranger).

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