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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 13:35

aujourd'hui ça fait donc six moi sans mon père sur la terre

et comme il aimait les exercices, les mots et les jeux, je vais coller ici à sa

- j'allais dire santé -

mémoire ?

le début d'un "je me souviens" que j'écris pour lui et pour moi

 

IMG 1474

 

Je me souviens de son haleine du matin à l'époque où il petit déjeunait de tartines fromage blanc et petits oignons verts.

 

Je me souviens de que temps en temps il aimait dire "poreau" au lieu de poireau, au prétexte d'oignon. Ça nous choquait beaucoup, ça l'amusait plus encore.

 

Je me souviens de sa manière saccadée de danser la rumba en faisant claquer ses mules savates.

 

Je me souviens de ses exhortations à "respirer le grand air" et de son enthousiasme à nous "aérer" au cours de sorties en forêt.

 

Je me souviens du Lac St Féréol, pique nique et parties de ballon.

 

Je me souviens de la gifle qu'il m'a donnée à m'évanouir dans un champs de maïs chez les Bréonce dans l'Ariège, parce qu'il avait remarqué la chaînette que je portais à la cheville.

 

Je me souviens de mon effarement un matin au réveil, de le découvrir sans sa moustache. De passage à Paris il était venu dormir chez moi.

 

Je me souviens de son incompréhension quand j'avais envie d'un vêtement dont je n'avais pas besoin.

 

Je me souviens qu'il aimait se lever plus tôt que tout le monde pour avoir les cabinets à lui tout seul, tranquille, longuement.

 

Je me souviens des bises rapides qu'il donnait à ses doigts après nous avoir pincé la joue quand il nous trouvait particulièrement jolies, ma sœur, ma mère ou moi.

 

Je me souviens qu'il faisait souvent des cadeaux maladroits mais je ne me souviens plus quoi. Ça m'émouvait sérieusement.

 

Je me souviens que de temps en temps il s'achetait une portion de tripes à la mode de Caen, officiellement il était le seul à aimer ça, sauf qu'en fait moi aussi.

 

Je me souviens de sa manière de m'aider à faire les dissertations qui m'emmerdaient. Je me plaignais de n'avoir rien à dire sur le sujet, alors il déroulait la bobine : rien parce que tu es contre ? parce que ça te déplaît ? ton rien est déjà une sorte d'opinion. Et je me rebiffais et j'argumentais et je me rendais compte que la dissertation, j'étais en train de la faire pour lui, avec lui, comme une bataille.

 

Je me souviens d'une fin de soirée de mariage pas loin de l'Etoile, des hommes de la famille proposent à mon père d'aller chez Régine pour continuer la fête, ils précisent "y aura des femmes" et mon père, l'air de très bien savoir mais de ne pas vouloir comprendre répond "des femmes ? mais les nôtres sont ici".

 

 

(à suivre)

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 12:17

IMG 6707Ça fait cinq mois

(Et en plus ce sont « les fêtes »

Après on se demandera pourquoi je ne me réjouis pas)

Ça fait cinq mois et ça ne passe toujours pas

Mais je suis en train de comprendre que ça ne passera jamais

Maintenant je me demande si  je vais devoir m’en défaire, de mon père, ou me l’incorporer

C’est une question idiote

Vu qu’il fait partie de moi d’office et d’essence

Mais c’est une question que je me suis posée

J’imagine donc que je voulais par-là me dire quelque chose

Qu’est-ce que ça pourrait bien vouloir dire « m’en défaire » ?

Evidemment pas l’oublier, donc plutôt quelque chose de l’ordre de couper le cordon

Ça n’est pas non plus comme si je m’étais jusqu’ici, définie comme sa fille

Si ?

Mais le fait est que j’ai un mal fou à ne pas faire l’enfant

Peut-être quelque chose de cet ordre- là alors : m’en défaire ça serait grandir un peu

Admettre que je ne suis plus fille

Me dire adulte

Me sentir, me conduire comme une adulte

Et le faut-il ? Et en suis-je si loin ?

Je n’ai pas l’impression d’être adulte comme il l’était

Pas prof, pas militante au Larzac ni abonnée à la Gueule Ouverte

Je ne conduis pas, je ne suis pas propriétaire

Je ne crois pas représenter pour ma fille, le genre de figure qu’il était

Je me sens plus proche, moins solide, plus taquinable, moins infaillible

Bon

Et me l’incorporer alors ?

 Le contraire : admettre d’être constituée en partie de lui

Accepter son héritage

Je sens qu’on va se retrouver sur le Larzac en moins de deux

Ou enchaînée aux grilles de la centrale de Fessenheim

C’est dans cette optique que je suis allée voir

(sur internet, mais j’ai bien l’intention de concrétiser)

Le comité de soutien local à la ZAD de Notre Dame des Landes

-          Beaucoup de faux signaux dans le nom de l’endroit :

ça n’est pas une église, ça n’est pas dans le Sud  -

Mais une dynamique qui ressemble énormément à celle de Gardarem Lo Larzac :

Une initiative locale aussi injuste qu’absurde, des paysans attachés à leur terre, des militants attirés par la problématique, des urbains qui viennent s’installer là par solidarité et font souche, des mouvements sympathisants et un rayonnement de plus en plus vaste.

La preuve qu’un élan est possible entre des  anonymes sans pouvoir, un élan communicatif …

Et là je vacille, parce que si mon père m’a légué un peu de son enthousiasme sur l’air de « si tous les gars du monde »

Du côté de ma mère, j’ai pris une grande méfiance des foules et mouvements collectifs

Nous voilà frais !

Et je cherche désespérément un petit twist pour alléger ce pavé d’entre deux réveillons

Et j’ai bien du mal à voir le côté fun de l’affaire …

Je vous souhaite néanmoins une digestion agréable et facile.

 

 

 

 

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 12:27

IMG 3465non parce que bon, je suis allée à Toulouse

où je n'avais pas mis les pieds depuis le jour de l'enterrement de mon père

et sur place, aux cabinets pour tout vous dire, je retombe sur le Libé du 26 juillet, jour du décès

en partie grignoté par Monsieur Sardine qui aime beaucoup le papier journal

(et la compote pomme-abricot et les sardines et les bananes et les olives mais c'est déjà plus classique)

et donc sur la Une

ce mot

troublant évidemment

non seulement parce que depuis ce 26 juillet je suis effectivement un peu perdue

ma sœur aussi et ma mère et la seconde épouse de mon père

perdues

mais en Espagnol et à propos de l'Espagne

si chers à mon père justement

prof d'espagnol

curieux de tous les pays où on parle cette langue

donc rien, c'est une coïncidence réussie

un clin d'œil

et ça nous a fait bizarre, cette couve jaune et rouge dans l'appartement froid d'hiver

deux sœurs transies penchées sur cette page

qui n'avait pas dû nous frapper le jour même

mais nous en serions-nous souvenues ?

de toute façon nous aurions parlé de lui ensuite

ça n'a rien changé

je n'ai simplement pas pu m'empêcher de prendre la photo

(quant à la mettre dans le bon sens, c'est une autre histoire)

et nous avons parlé de lui, pendant ces quelques jours ensemble

de temps en temps seulement

quand ça venait

et ma sœur a dit une chose bien juste, que je n'aurais jamais formulée comme ça

tant je reste au ras du bord de mon nombril personnel

elle a dit "il a toujours été bienveillant avec moi, bienveillant avec tout le monde"

voilà, cet homme que j'aurais dit sévère et parfois un peu coincé

il faut le reconnaître, a toujours été bienveillant

et bienveillant, dans la balance avec PERDIDOS finalement, ça nous équilibre

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 14:48

je ne sais plus où j'en étais de mon feuilleton triste

mais me revoici

amenée par le portrait de Costa-Gavras en 4ème de Libé

il a 80 ans, nous dit-on

et ma tête toute seule pense immédiatement :

"mon père ne les aura jamais"

je ne sais pas comment fonctionne le deuil

je n'en ai jamais vécu d'aussi grand, d'aussi proche

non, bizarrement, la disparition prématurée de mademoiselle mon chat ne m'a pas du tout fait le même effet

j'ai d'ailleurs à cette occasion, fait le tour de "mes morts"

il y en a quand même

mes grands pères, avant que je n'existe,

mes grands mères, à des âges conséquents

une tante délicieuse trop tôt

des amis précieux, encore plus tôt, inacceptable

mais là, c'est comme un mur porteur qui aurait pris un grand coup de masse

j'ai du fragile dans les os

ça fait donc un peu plus de trois mois

et je trouve que

ça ne passe pas vite

ça fait un peu plus de trois mois, donc

et mon père est toujours mort

voilà

et il n'aura jamais 80 ans

je vais m'y faire 

en attendant, je vous souhaite, à vous qui me lisez, à moi qui me relis avant de "publier"

un mois de novembre douillet confortable, sinon inspirant

take care

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 09:51

alors comme je me demandais ce que je pourrais bien faire pour marquer le coup

tous les 26 du mois désormais je repense(rai) à celui du juillet où mon père

... c'est vraiment dur de dire le mot, de le choisir

y en a quand même plusieurs, des rudes et des moins

donc plus de père sur terre (mais il est dessous) depuis deux mois aujourd'hui

et je me demandais si une petite cérémonie païenne ...

brûler ou construire quelque chose

commencer

faire tous les 26 du mois un geste particulier

comme je n'ai pas (encore) trouvé

je m'épanche ici

pour lui

en son honneur en sa mémoire

alors que je me suis mise, en début de semaine

à les relire, ses mémoires

qu'il a écrites en 6 mois après 7 de maladie

parce qu'il voulait faire bien les choses je suppose

et ne pas me laisser sans rien

sans mots

sans histoires

et donc je le remercie

pour ça

pour tout le reste

et aussi pour les trois larmes que je pleure là

humidité bienvenue dans l'atmosphère confinée du bureau

bon, je vais réfléchir

et quand j'aurai trouvé mon geste je viendrai vous le dire

ou pas

que l'automne vous soit doux et la vie bonne

 

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 10:26

63311-coupon-tissus-a-pois-58cf3 big[1]ça fait donc aujourd'hui quatre semaines

vingt huit jours

le sensation n'a pas changé

ni moi

il n'y a pas d'endroit où appuyer pour me faire mal

ça n'est pas du tout comme si on m'avait coupé un doigt ou arraché une dent

ça n'est même pas un vide

rien de particulier ne revient me hanter

simplement rien n'a l'air d'avoir beaucoup d'importance ni d'intérêt

ce qui ne m'empêche même pas de tout (bien) faire comme je dois

sans enthousiasme

qui n'est pas de toute façon mon trait le plus marqué

je peux être extatique ou excitée

inquiète, furieuse

folle, malade

enthousiaste, jamais

il paraît qu'il y a des paliers : 

8 jours, 30 jours, un an

la douleur changerait de consistance sinon de nature

je ne sens pas de douleur

j'ai cherché un endroit ou un objet qui me rappelle mon père particulièrement

Toulouse ? tout entier ?

des grains de grenade dans un verre ?

pluôt

le petit pot de yaourt en carton ciré que j'avais gratté et peint de pois de couleurs à l'école maternelle

qui lui a servi de pot à crayons

posé sur son bureau depuis

voilà, c'est le petit pot qui me tirera des larmes

je n'ai même pas besoin de le voir en vrai ni de le tenir dans mes mains

pour l'instant c'est le petit pot

voilà

 

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 10:39

7794124060 d74d86fc9fça fait trois semaines aujourd'hui

je n'ai pas passé huit jours assise sur un tabouret bas

je n'ai passé que la fin de la semaine dans sa ville

je n'ai pas jeté ma rose dans la terre

on ne peut pas dire qu'il me manque

je ne le voyais pas souvent

je ne l'appelais pas beaucoup non plus

de temps en temps je lui écrivais une lettre

la plus primesautière et anecdotique possible 

je lui parlais de récoltes urbaines et de vie de bureau

de mon chat, de ma petite famille, de mes projets de livre

il me répondait toujours

de son écriture chahutée, vive

ils ont été nombreux à lire pour lui des textes qu'ils avaient sélectionnés ou écrits

à chanter des chansons, à raconter des souvenirs, à lire des poèmes

moi rien

la seule chose que j'avais à dire

à part merci à tous ceux qui ont si bien célébré sa valeur

c'est qu'il m'a légué un trésor inépuisable

l'antidote absolu contre l'ennui

le talisman parfait :

l'amour de jouer avec les mots

dont je lui suis pour toujours reconnaissante.

 

 

 

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