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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 10:09

B comme Bon : Tout ce qui nous fait du bien est bon. Tout ce qui est bon est du côté du Bien. Simpliste, binaire, comme vous voudrez. Venant d'une personne raisonnable, qui ne se drogue pas plus qu'elle ne se soûle, qui redoute les jeux d'argent et les sensations violentes, qui n'est affectée d'aucune perversion bizarre, ça vaut ce que ça veut.

Moi je me tiens au Bon Bien, au bien bon et je me fais confiance. Je n'irai pas jusqu'à dire que tout ce qui est bien bon est également beau, mais je me demande si je ne devrais pas ... Des bonnes choses, il n'y en a pas qu'une, il faut bien l'avouer, même en étant très ronchon : Bite, Bisou, Bonbon, Banane, Barbecue, Berlingot, Baise, Bruine ... etc. comme il vous plaira.

De temps en temps replongeons-nous dans la liste des choses qui nous font du bien : jeux, friandises, activités, spectacles, gestes, paroles, pensées ... il y a de la joie dans les listes. Même la litanie des choses qu'on n'aime pas est agréable à ressasser. Ressasser, repasser, embrasser, grignoter, prenons le plaisir où il se trouve et si en passant le plaisir se réciproque, qui s'en plaindra ?

A comme Amour : Qui m'aime me sauve. A comme Amour, c'est bateau, Et je ne suis pas la meilleure amie des clichés, mais là franchement, je ne vois pas comment l'éviter. L'honnêteté m'oblige à reconnaître que l'amour est une grande raison de rester ici. Mourir d'amour je n'y crois pas beaucoup, mais vivre pour contiuer d'aimer ceux qu'on aime et d'en être aimé, pour tomber amoureux de nouveau, franchement je ne vois pas mieux.

Les injonctions sont toujours un peu gênantes, mais il y a des fois où ça fonctionne magnifiquement.

Voir / entendre le petit bijou de joie dans les Demoiselles de Rochefort, merci Jacques Demy, merci Michel Legrand. « Aimer la vie aimer les fleurs, aimer les rires et les pleurs, aimer le jour aimer la nuit, aimer le soleil et la pluie, aimer l’hiver aimer le vent, aimer les villes et les champs, aimer la mer aimer le feu, aimer la terre pour être heureux ! »

And voilàààà !

Je suis bien consciente de n'avoir fait, avec ce petit tour d’horizon, que raconter mes idiosyncrasies en tâchant de les faire passer pour de la sagesse. J’avais probablement besoin de me justifier pour m’encourager … ça m’a fait du bien, j'espère que ça vous a amusé(e)(s)

zédé, suite et fin !
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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 13:59

C comme Chat : Un exemple à suivre : en toute circonstance le chat cherche sa joie. Une position agréable, un environnement clément. Confort, plaisir, volupté, rêves, 17 heures de sommeil par jour, des caresses, des croquettes, quelques bestioles qui chatouillent le palais - lézard, mouche, guirlande de Noël- et de l'eau qui court.

Le chat a tout compris de la vie : manger, boire, jouer, dormir beaucoup, s'étirer souvent, se laisser caresser uniquement quand ça lui chante et par qui lui plaît.

Ne pas hésiter à signaler sa mauvaise humeur et toujours ronronner quand on est content, pour faire vibrer l’espace et se masser la carcasse.

chhhhhhh ...
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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 09:54

(j'aime autant prévenir : je n'étais pas au max de mon inspiration là. En fin de semaine donc, un des bas de mon zédé, à survoler)

 

F comme France : Le pays de la liberté et des lumières est en train de devenir une sorte d’Italie, en moins exotique et avec une cuisine beaucoup plus indigeste. Plus personne ne nous envie, le pays est ringard, ses habitants n’ont plus du tout de style.

Reste la langue, les mots. Et là, il faut reconnaître qu’on a encore de quoi beaucoup s’amuser. Chaque matin je cherche une phrase, un agencement de mots qui reflète mon humeur et flatte mon sens musical. Et c’est un plaisir intense que de sentir les mots s’agencer autour d’une vision ou d’une idée. Et quand je ne trouve pas de phrase, ce sont elles qui viennent me chercher. Les rues sont aussi pleines de phrases que les livres ou les journaux.

Un petit exemple ... avec France, au hasard. Voilà j'ai la France et un peu de désespoir, j'ai la France et la pluie, la France qui rime avec rance ...  Je me lance : la France a un petit goût frais de désespoir ... France c'est un mot trop pompeux, pays peut être ? Mon pays me fatigue ... Oui bon, y a des jours où la phrase a du mal à venir. Ça n'est pas une raison pour laisser tomber. Quand on ne trouve pas sa phrase on prend celle d'un autre. Là une dame contrariée par un concert trop fort dans sa cour : "quand ça rend les gens malades, ça n'est pas de l'art"

 

E comme Ecrire : Chacun sa gymnastique et aucune n’empêche les autres. Ecrire ce qu’on a sur le cœur ou dans la tête, ce qu’on entend, ce qu’on pense, ce qu’on voit, écrire des petits mots à ceux qu’on aime, inventer des phrases, chercher des phrases dans la vie … Toutes les modalités sont possibles, écrire de toutes les façons c’est chanter sa chanson, expulser son angoisse, à la fois purge et production. Ce qui est inexprimé pèse. Se pencher sur une feuille de papier ou un petit clavier défoule et allège. Etre attentif à ce qui nous passe par la tête, est pacifique et fructueux.

De là à l’écrire, pour le conserver ou l’offrir, il n'y a qu'un petit pas de doigts que je nous invite à franchir.

 

D comme Demain : Un jour où j’étais triste, un ami m’a dit : souviens-toi que la vie est immense. Certaines phrases passent directement dans l’humeur sans qu’on ait besoin de les décortiquer. J’espère qu’elle vous fait le même effet. On pourrait la remplacer par la plus triviale « Demain il fera jour » ou « ça repousse pas » qui n’a rien à voir.

Demain est un remède à l’obstination stérile. D’accord pour se taper la tête contre les murs de temps en temps, parfois il le faut, d’accord aussi pour garder une fenêtre ouverte …  Evidemment quand on est parfaitement en accord avec sa vie, on ne s'inquiète pas de demain, on est tout à fait satisfait de se concentrer sur aujourd'hui. Mais je vous rappelle que nous sommes partis du constat d'un certain désenchantement pour ne pas dire pire, donc je laisse le présent de côté et aujourd'hui s'écouler comme il peut et j'allume une petite lampe à la santé de l'avenir proche. Ça ira mieux demain.

un petit autoportrait alphabétique ...

un petit autoportrait alphabétique ...

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 11:00

H comme Héliotrope : Se tourner vers la lumière. Source de chaleur, de consolation, de merveilles. La lumière sur l’eau et son reflet sous un pont. La lumière dans les feuillages et leur jeu sur les dallages. La lumière sur des paillettes : décolleté, sac à main …

Se verser un verre d'eau au soleil, admirer les reflets diamants sur la nappe en papier. Naturelle ou pas, la lumière nous fait des cadeaux tout le temps. La lumière et la couleur, je me tourne vers ça, comme enfant sur son tapis d'éveil - je crois que je n'en avais pas - comme bébé dans mon landau sous les orangers, le soleil dans les feuilles foncées, les fruits luisants contrastés. Je lave ensemble deux pulls bleus, un plutôt turquoise et l'autre tirant sur le mauve, dans l'eau les couleurs sont intensifiées, camaïeu décalé qui fait saliver l'œil à la limite de le contrarier.

La couleur et la lumière sont comme la masturbation (voir post du 20 août), un plaisir gratuit et abondant, qui ne nécessite rien qu'un peu d'attention.

 

 

G comme Gagne-pain : Je crois beaucoup au boulot alimentaire. Je ne sais pas si l'homme est fait pour travailler, mais j'ai l'impression que le travail est de moins en moins fait pour l'homme.  Ce qui n'empêche pas qu'on ait toujours besoin, en tous cas pour l'instant, de travailler pour gagner de quoi se loger, manger, payer toute l'électricité consommer par nos jouets divers.

La culture d'entreprise, la motivation, l'adaptation, je n'achète pas. Le travail c'est la guerre. Il faut s'en protéger. Je ne crois pas que ce soit un très bon calcul par exemple de vouloir gagner de l'argent en faisant ce qu'on aime (en gros, son art). En revanche, je pense qu'il faut se débrouiller pour trouver quand même quelque chose à aimer un peu dans son boulot alimentaire. Ça peut être juste la certitude de le faire du mieux possible. Bien faire son boulot sans y laisser traîner ses doigts ou ses tripes, avec juste une sorte de dignité, voilà ce que je préconise.

Se rappeler aussi que le boulot non seulement c'est pénible, mais en plus y en a pas beaucoup, alors autant que possible, le partager. Travailler intermittent ou à temps partiel, pour faire de la place aux autres et aussi pour ne pas se retrouver complètement inadapté ahuri quand on se fera finalement virer pour vieillerie incurable.

Quant au travail qui nous fait vibrer, celui qui sort de nos mains habiles ou de nos cerveaux excités, de nos cœurs blessés, celui de musique, de peinture, de sculpture, de couture, d'écriture et tout ce genre dur, je crois qu'il faut le laisser libre, ne pas le contraindre à "rapporter".

Je suis donc pour le principe, vu que même les boulots chiants s'amenuisent à la vitesse de péremption des machines électroniques, je suis pour qu'on réfléchisse sérieusement à cette affaire de revenu minimum d'existence, que les Etats devraient assurer à leurs citoyens.

zédéachegeaire plus ou moins
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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 10:01

K comme Kaléidoscope : Parfois, quand la lumière est bonne et l'humeur assortie, il suffit de faire pivoter légèrement le kaléidoscope pour voir des initiatives réjouissantes : d'énergiques refus, des gens qui s'enchaînent ou s'embarquent pour faire reculer de laides menaces, des idées vives, des projets beaux, des gens enthousiasmants ...

On peut aussi décider de l'orienter de manière à ne plus rien voir du tout de ce monde pathétique, décider de se protéger de tout ça et diriger la lunette sur son nombril et ceux qui l'environnent. Si on est taraudé de mauvaise conscience : le monde va mal mais je n'y peux rien, je dois quand même pouvoir faire quelque chose, oui mais ça sert à rien, ça sert à maintenir ma conscience hors d'eau, oui mais ça suffit pas, je dois pouvoir faire mieux que ça ... Dans ce cas, changer souvent l'orientation du kaléidoscope pour ne pas imploser.

 

J comme Jouer : Quand on est enfant jouer sert d’apprentissage. A l’âge adulte rien n’est perdu de la soif d’apprendre et quand bien même ça ne servirait à rien, il est toujours salutaire de s’amuser.

Je propose de ramasser des trucs par terre, comme les enfants, comme les pies : des marrons à la Rentrée, des choses qui brillent, une perle, un clou, un bout de chaînette, une bille. Ne pas se priver du plaisir des chasseurs de trésor. Nos sacs et nos vêtements sont plein de poches qui n'attendent que ça, nos maisons sont pleines de vide-poches qui ne servent à rien d'autre. Il ne s'agit pas d'amasser ni de collectionner - quoique, qui nous en empêche ? - mais de se réjouir et de ne pas se censurer.

Dans le même ordre d'idée, je propose de ritualiser les corvées. Etendage du linge, vaisselle, rangements divers. Le secret à mon avis c'est d'éviter d'être machinal, réserver le mode automatique à quelques activités vraiment inintéressantes, ou qui tombent mal, mais à condition d'être conscient de son choix.

L'affaire, je crois, c'est d'être présent à ce qu'on fait, le plus possible. Quel rapport avec le jeu ? Le plaisir : bien faire ce qu'on fait, y être attentif, c'est introduire un brin de je, non ?

 

I comme Internet : c’est la plus grande cour de récré du monde et elle tient sur nos genoux. Jouer c'est apprendre, jouer c'est jouir. Est-ce qu'il faut vraiment que je vous raconte tous les jeux auxquels on peut jouer avec un écran et un clavier ? Et quand je dis jouer, bien sûr je ne fais pas allusion aux jeux officiels, ni à ces saloperies de casinos en ligne. Non je parle des jeux avec les autres, les groupes et les réseaux et les rencontres. Le cache-cache et le tchatt. La totale liberté ... Quant à la cam, je n'en dirai pas davantage, je vous laisse vous amuser.

Kajiiaire
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 10:00

M comme Masturbation : Voilà un plaisir peu coûteux, facile à réaliser soi-même et qui permet de ne dépendre de rien ni de personne. Liberté absolue. Un cerveau, un sexe, quelques doigts, quelques minutes devant soi dans un endroit point trop passant … et le tour est joué.

Avec tout ça, je m'aperçois qu'à force d'écrémer, de contourner, d’éviter (Z comme Zob, U comme Ustensile, S comme Sexe, Q comme Queue, P comme Plaisir, J comme Jouir, G comme Gode, C comme Coït, B comme Bite, A comme Aaaaaaaah) il ne reste plus beaucoup de place ici pour le sexe. Dans un "manuel" pour temps de crise pourtant, il a toute sa place. Mais le sexe c'est tout de même une affaire privée, où, si je peux me permettre, toutes mes bonnes recettes peuvent admirablement s'appliquer : observer, s'émerveiller, s'exprimer, improviser, réclamer, jouer ...

Et comme fait dire Georges Orwell à la Julia de 1984 : "Quand on baise on dépense de l'énergie, ensuite on se sent tellement heureux  qu'on se fiche de tout. Ils ne peuvent pas supporter qu'on éprouve ça. Ils veulent que nous soyons bourrés d'énergie en permanence, prêts à exploser. Toutes ces marches, ces cris d'enthousiasme et ces drapeaux qu'on agite, ça n'est que de l'énergie sexuelle dégénérée. Si on se sentait profondément heureux, est-ce qu'on s'exciterait sur Big Brother et les Plans Triennaux et les Deux Minutes de Haine et toutes les saloperies de ce genre ?" Et Winston de conclure : "C'était tout à fait vrai, il y avait un lien direct entre l'orthodoxie politique et l'obligation de chasteté. Car comment conserver la haine et la folle crédulité que le Parti tenait à trouver chez ses membres à un tel niveau d'intensité, sinon en muselant cet instinct puissant pour le canaliser à son profit ?"

 

L comme Littérature : Faut-il vraiment que j'explique à quel point c'est important ? C'est toute l'affaire de ce zédécédaire que je ne réussirai pas à résoudre. Le but est de répertorier ce qui me donne envie de rester, de continuer, d'exister.  Est-ce que vous qui me lisez, vous attendez des recettes ? Est-ce que vous avez envie de mieux me connaître ou de vous reconnaître ? Les entrées avec leur petite contrainte alphabétique me limitent et me provoquent. Il y a un côté tac au tac auquel je ne veux pas résister. Il y a des mots,  des domaines, que je ne peux pas éluder. L comme Littérature ou Livres, évidemment.

En fait ce Zédécédaire devrait être un peu comme le magnétophone à cassettes de Woody Allen dans Manhattan. Affalé sur son canapé un jour de solitude il dicte la liste des choses qu'il aime, des choses qui valent le coup, des dernières choses qui lui donnent envie de vivre.

Souvent je dis que le plus difficile c'est de savoir ce qu'on veut et en fait non, ce qu'on veut c'est ce qu'on aime. Pas la peine de se creuser la tête pour avoir l'air plus malin que les autres, ce que j'aime c'est : lire, marcher, manger, dormir, baiser, écrire. Dans cet ordre ou dans un autre,  et j'oublie écouter de la musique et aller au cinéma et je ne dis pas les noms des gens que j'aime parce que ça ne regarde que moi, mais évidemment ils font partie de la liste !

A vous de dresser la vôtre, si ça vous dit.

Zédygrécontinue ...
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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 09:54

O comme Oui : Il faut dire oui, c'est indispensable, accepter les surprises et les propositions. J'ai appris ça quand j'étais free-lance : toujours dire oui quand on vous propose, pour compenser les temps morts inévitables où on ne vous proposera rien du tout. Et dans la vie non professionnelle, c'est la même chose. Etre toujours partant à priori c'est le meilleur moyen de ne pas s'ennuyer. Quant à se retrouver débordé c'est le risque, mais je me suis aussi aperçue d'une chose très curieuse : plus on fait de choses plus on en fait. C'est toujours plus facile de caser un truc en plus dans un planning bien chargé que d'entreprendre une activité quand on ne fait rien du tout. Il y a la comme une curieuse élasticité.

 

N comme Non : Il faut dire non, c'est nécessaire. Surtout ne jamais se laisser emmerder. Le personnage de Patrick Bauchau dit ça très bien dans La Collectionneuse de  Rohmer "on a toujours tort de faire ce qu'on n'aime pas, d'embrasser une fille qu'on n'aime pas, de caresser le genou d'une fille qu'on n'aime pas ..." (il égrène tout ça en faisant exactement le contraire de ce qu’il préconise, évidemment). Ne pas faire ce qu'on n'aime pas, ne pas se laisser imposer des choses, dire non quand on n'est pas d'accord même et surtout si on est persuadé que ça ne servira à rien. Exprimer son désaccord c'est comme respirer ou faire pipi, absolument indispensable à notre survie.

zédigrèquoukesse
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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 10:05

R comme Rigolo : D’abord parce que c’est un beau mot, ensuite parce qu’il ne faut évidemment pas rater une occasion de rigoler.

Allez, je cite Higelin : Comme un aviateur dans un ascenseur  …

« Souviens-toi qu’il n’est pas de plus grand malheur …

que de laisser …

mourir …

le rire dans ton cœur. »

Il faudrait la musique avec, et la scansion. A chaque fois que j’entends cette chanson je me dis, bon dieu mais c’est bien sûr : ne pas oublier de rire ! Alors évidemment y a deux trois trucs comme ça, étrange à dire : Rions ! Emerveillons-nous !

Bien sûr ça ne se commande pas. C’est là que le grand Jacques est malin, il ne dit pas du tout « riez ! » qui comme toutes les bonnes choses est extrêmement difficile à réussir sur commande. Il recommande seulement de ne pas laisser mourir le rire. Se garder la possibilité de, rester accessible à …  Ne pas hésiter à rire quand ça nous prend, ne pas résister à prendre à la légère tout ce qui semble un peu pesant. Chercher même, dans les moments où on a un peu d’énergie à dépenser, l’angle drôle de n’importe quelle situation. Se demander quand on est perplexe ou accablé : et si c’était drôle ? Il y a des gens très doués pour ce pas de côté, d’autres moins. Inutile de se forcer si ça n’est pas naturel, dans ce cas, s’entourer de gens qui possèdent ce talent. On n’a jamais dit qu’il fallait tout faire tout seul tout le temps. Et rire tout seul, je reconnais, ça peut paraître louche, voire inquiétant pour ceux qui nous croiseraient.  A ceci près qu’en gros, quand même, tout le monde s’en fiche.

 

Q comme Quiproquo : Ne pas se laisser abuser par les légendes, l'amour pour toujours, la vertu triomphante, l'amitié indéfectible, le travail obligatoire, la fatalité. Ne pas prendre les choses et les gens pour ce qu'ils ne sont pas. Ne pas trop demander, mais ne pas se résigner.

Il ne faut pas s'empêcher de râler contre de mauvaises conditions (de boulot, mais pas que) sous prétexte que d'autres (nombreux) sont plus mal lotis. Si les privilégiés baissent les bras c'est encore pire pour tout le monde, ce sont les seuls qui ont un peu les coudées franches pour éviter le nivellement par le bas ...

Un autre genre de quiproquo : le prix du pas cher.  Avant on ne pouvait rien s'offrir du tout, ensuite on s'est mis à regarder le luxe par en dessous, et puis on a compris que plus on achetait un produit cher plus il avait des chances d'avoir été fabriqué par des gens correctement payés. Même pour le luxe maintenant on ne sait plus vraiment. Made in France ou en Italie pour l'instant ça suppose encore des conditions de travail honnêtes, mais on ne peut plus vraiment se l'offrir nous qui pourtant travaillons aussi encore dans des entreprises à peu près correctes. La ressource qui nous reste c'est d'acheter le moins possible et comme on n'a pas encore tout à fait renoncé à se faire de temps en temps un cadeau : acheter de l'occase ou du dégriffé plutôt que du neuf pas cher, ça risque moins d'être fait à base de Chinois pré-pubère suicidé...

 

P comme  Peau : Impossible de ne pas faire la liste des (un synonyme de choses pour les choses qui palpitent de leur propre chef ???) qui m'enchantent. Parce qu'on peut être désabusé en général et enchanté en particulier par la peau. Cette ahurissante matière qui nous enveloppe. Si étonnante et précieuse. La peau soulevée par les circulations internes, hérissée par un souffle ou un effleurement, la peau tendue sur certains os et dormantes dans les régions douces. Toute une géologie de peau de textures variées sur un même corps, celui de l'autre, ou à défaut, le nôtre. Jouer du tamtam sur son propre ventre allongé. Pianoter sur le dos de qui on aime. Pétrir les petits pieds informes d'un bébé. Caresser en regardant le paysage défiler, le bras d'un enfant endormi dans le train. Ce ne sont pas les peaux qui manquent.

Quant à se jeter sur celle tentante, de son plus proche voisin, faut voir et ne pas craindre les représailles.

 

(à suivre)

zèdigrequixaire donc (4)
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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 09:57

U comme Unique : Je ne suis pas comme tout le monde et je ne suis pas la seule. Je me disais ça dans un couloir de métro. Passant devant l’affiche d’un block-buster « toi mon vieux, tu te passeras de ma clientèle ! ‘tout le monde’ ira, moi pas. Exactement pour cette raison-là. Et je n’aurai rien à dire dans la cour de l’école, à la machine à café, dans les vestiaires de la gym, tant pis. »

On est quelques-uns comme ça, chacun dans son domaine, à ne pas vouloir ingurgiter ce que la majorité plébiscitera. Cette idée qu’il existe des niches, des publics limités, des créneaux minuscules, des poches de résistance, des goûts excentriques … ne laisse pas de me réjouir.

 

T comme Temps : Le temps on n’a que ça, c’est la matière de la vie même, le temps est avec nous. Ne jamais oublier qu’il est précieux mais ne pas avoir peur de le gaspiller : c'est Le Luxe abordable.

Et à propos de temps, se souvenir qu’aussi étrange que ça puisse paraître, la météo est comme elle est. Si pester contre, peut être un bon moyen de passer pour quelqu’un de civilisé auprès des gens dont on n’a rien à foutre, il serait néanmoins dommage d’abuser du sujet. Stupide de se cogner contre le mur mou de la météo. Agréable au contraire de faire chaque matin, voire à chaque fois que le vent tourne, ce petit exercice : glamouriser le temps qu’il fait. Gris terne et sans ombre ni contrastes, penser à Woody Allen qui nous envie ce gris Louis XIII / Dior / gorge de pigeon, si français et tellement romantique. La pluie pour s’embrasser dessous avec ou sans parapluie, ou rêver de, si on n’a personne sous la bouche. La chaleur lourde et marcher comme si on avait deux cents ans.

Chacun ses goûts et ses références, mais il y a toujours moyen de trouver un attrait au temps qu’il fait (à condition bien sûr d’avoir la possibilité matérielle de s’en protéger). Seuls sont autorisés à pester contre le temps qu’il fait, ceux que la mouise contraint à coucher dehors. Nous, les autres, choisissons un ennemi plus à notre niveau.

 

S comme Suicide : Y penser pourquoi pas, c'est signe qu'on ne se laisse pas aveugler, bercer, embrouiller. Mais passer à l'acte !? Ce serait dépenser beaucoup d'énergie pour rien - précisément plus rien - alors que tant que tout n'est pas fini on n'est jamais à l'abri d'une bonne... Surprise.

Je partage sur ce sujet l'avis de Dorothy Parker : "Guns aren't lawful; Nooses give; Gas smells awful; You might as well live."

Beaucoup de complications pour un résultat hasardeux et de grandes chances de se rater lamentablement.

Sans compter que qui dit suicide dit "petit mot". Parce qu'il faut quand même un minimum de savoir mourir. A moins d'être complètement seul au monde, on ne peut pas s'en aller comme ça, sans un mot d'explication. Il me semble à ce propos qu'on n'aura pas trop de toute notre vie pour arriver à rédiger une note qui soit un tant soit peu à la hauteur du geste.

zédécédaire 3 (à la demande générale d'une, je continue)
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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 10:23

Bon, c'est décidé, je le publie ici par petits installements

mon zédé (qui devrait s'appeler zéwéyévaire mais est ce qu'on comprendrait ?)

et donc, ci la suite

toujours à l'envers

c'était donc avant, mais je me relis au fur et à mesure

persiste et signe

(et puis, j'aime pas gâcher)

(et puis, j'aimerais savoir ce que vous en pensez)

Y comme Yoga : Respirer, c'est le grand secret, irriguer son corps avec l'air du dehors. Bon, pas bon, l'air, peu importe, on fait avec ce qu'on a. Respirer, ouvrir sa cage thoracique, s'auto masser le ventre en passant, écarquiller ses poumons, renforcer ses jambes.  Sans oublier le plancher pelvien. Pour le plaisir de se sentir physiquement exister. Et aussi pour être prêt, le cas échéant : s'il faut tenir en équilibre, ou pouvoir courir vite sans s'essouffler, ou se battre, résister. Le Yoga c'est une manière de s'y colleter, mais le principal, chacun son style, c'est de ne pas oublier son corps. S'écouter, malgré les sourcils froncés. Admettre aussi parfois de pouvoir être triste ou fatigué, plombé, ou inspiré par ses hormones. Appuyer où ça fait mal, s'étirer quand on en a envie. S'arrêter quand les autres marchent. Se regarder, s'ausculter, masser ou se faire masser. Se frotter le dos contre les troncs d'arbre, mais attendre quand même d'être tout seul pour se fourrer un doigt dans le nez.

W comme Wow : Ne pas perdre une occasion de s'émerveiller. Et tant pis si on a l’air un peu nouille. Garder les yeux et les oreilles bien ouverts (voir Zoo). La société est moche mais la vie est belle. Les gens sont étonnants, la lumière fait tout changer tout le temps. Le monde est notre huître, un peu polluée certes, mais toujours fascinante verte et grise et bleue comme un œil vivant enfermé dans un  caillou. Non seulement il est agréable de se laisser surprendre, amuser, séduire par un spectacle qui n’en est officiellement pas un, mais en plus, il est excellent d’exprimer son émerveillement. A voix haute, d’un éclat de rire, s’autoriser à réagir fait partie du plaisir.

 

Zédécédaire Deux
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