Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 10:23

Il a fini par arriver ce 26 juillet 2013.

C’est comme ça le temps, ça court quoi qu’il arrive.

Je ne crois pas avoir jamais jusqu’ici mesuré une année, mois par mois.

Et donc, cette année oui, pour tenter de sentir les nuances du deuil.

Chaque 26 de chaque mois consacré un peu plus que les autres jours à l’idée, au souvenir de mon père.

J’ai dit « sentir» et pas «observer» parce qu’il n’y a rien de précis dans l’entreprise. A me demander chaque 26 à quoi ressemble la sensation de perte, de manque, de disparition, je ne peux jamais défaire mon sentiment de tous les autres éléments : l’humeur, les préoccupations, le temps du ciel.

Et la dernière fois qu’on m’a posé une des ces questions sous-entendues, j’ai répondu que ça allait mieux, que j’avais l’impression d’une douleur un peu allégée, d’être allégée moi-même.

Il n’y a plus cette angoisse pesante et vertigineuse des premiers temps. Probablement je suis apaisée, en cours de réconciliation avec l’indiscutable et l’irréversible. Je ne crois plus que mon père va reparaître, je ne sens plus cette étrange impression de mauvaise blague.

Quant au découragement, je n’arrive pas à l’isoler dans un tube assez propre. Je n’écris toujours pas, mais les causes sont multiples.

Je me suis surprise un de ces matins de petit vent au soleil avec une zone de bonheur au creux du ventre. Je me suis dit «tiens, tiens».

Je n’ai pas pensé que je ne serai plus jamais heureuse, ni que l’insouciance ne reviendrait pas. Je suis presque étonnée quand même de les entrevoir.

Je ne peux toujours pas en discuter longuement avec ceux de la famille qui le souhaitent. Pour le dire vite : j’aurais peur de pleurer.

Et je n’ai pas l’impression d’avoir autre chose à dire que ce que régulièrement je poste ici.

Ce serait quoi, « parler de Willy » ?

J’ai passé du temps avec ma sœur, avec ma mère, davantage que les années précédentes - les années de son vivant - et nous l’avons à chaque fois évoqué, mais sans nous appesantir (peut-être pour rester dans le même registre qu’avant).

Parler de lui ce serait quoi ?

Un gentil ami m’a indiqué que je pouvais l’appeler si j’avais « besoin de parler ». Je n’ai pas besoin de parler, j’ai besoin de prendre le temps parfois de penser à mon père disparu, parti, terminé.

J’ai regardé des photos de lui et je me suis souvenue qu’avant sa maladie – le lymphome spécial Amérique Latine –sic- qui l’a emporté) il restait incroyablement juvénile.

Mais le cancer, ou la chimio ou les deux, lui ont fait prendre vingt ans d’un coup.

Je l’ai vu, je l’ai dit, ça m’a beaucoup impressionnée.

Et donc ?

J’ai commencé ce texte à l’avance, pour faire durer ma commémoration spéciale et pour ne pas risquer d’être prise de court le jour J.

Et je ne savais pas comment conclure, mais le ciel s’y est mis.

Grand coup de tonnerre au petit matin, de ce 26 juillet, coup de canon d’honneur pour mon père qui s’éteignait (tous les mots qui disent la mort sont bizarres, aucun ne convient) il y a un an exactement, à peu près à cette heure.

On s’aimait.

 

 

 

UN AN

Partager cet article

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans mon père
commenter cet article

commentaires

cee 26/07/2013 12:13

Ton 26, mon 28, j'ignorais Anne, je me serais manifestée sinon. Je lis depuis hier L'année de la pensée magique, de Joan Didion.
Recommandé pour toutes les traversées.
Une pensée pleine et tendre, lavée comme le ciel à l'aurore, après ce tonnerre qui fit trembler les murs et exister la nuit en pleine lumière.
Love,c;

Présentation

  • : Les rendez-vous du 26 / voir aussi http://rozenblog2.blogspot.fr/
  • Les rendez-vous du 26 / voir aussi http://rozenblog2.blogspot.fr/
  • : Des phrases, des humeurs, des colères, des petits coups de butoirs butés brefs et rigolos, ou pas rigolos. Et surtout : Les rendez-vous du 26 en souvenir de mon père ...
  • Contact

Recherche

Pages

Liens