Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 18:07

où il sera question d'objets hétéroclites, puisque aussi bien tout est dans tout ...

la veille du 26 février - 31 ème rendez-vous

Rue de Paradis, une blonde platine en manteau à carreaux, en réponse au « ça va ? » d’un gars qu’elle vient de croiser : « oui, enfin, j’ai perdu mon père, je ne t’ai pas raconté ? »

J’ai entendu ça comme elle aurait dit : j’ai perdu mes clefs.

Je me suis demandé si j’utilisais cette expression, moi.

Je ne sais jamais comment dire. Et je ne sais plus comment je dis.

Je sais bien la nuance entre perdu et "égaré" et qu'on ne dit jamais "j'ai égaré mes clefs" parce que ça fait trop littéraire alors qu'en fait elles sont tout bêtement au fond du sac où on a déjà cherché ou de la poche qu'on a fouillée furieusement.

la veille du 26 février - 31 ème rendez-vous

Dans Where Angels Fear to Tread de EM Forster : "The dead who take away so much, really take with them nothing that is ours."

Me laisse perplexe.

"Les morts, qui emportent avec eux tant de choses, ne prennent finalement rien qui nous appartienne."

Qu'est-ce que mon père a emporté en mourant ? A part lui-même effectivement. Il n'a pas pris les souvenirs que j'ai de lui, l'influence qu'il a exercée, l'éducation qu'avec ma mère, il m'a donnée, les manies qu'il m'a transmises ...

Perplexité injustifiée donc.

Cette idée qu'on ne m'a rien pris m'a troublée, mais effectivement, à part mon père on ne m'a rien enlevé et ça n'est pas lui qui en est responsable. Willy ne m'a rien enlevé.

la veille du 26 février - 31 ème rendez-vous

Je n'enlèverai rien à personne quand je (oh, ça c'est difficile) ... j'espère juste que j'aurai pensé à nourrir mon chat. Cette remarque est idiote.

Ça me fait penser à une histoire que m'avait racontée mon ostéopathe.

Une veille dame toute seule qui meurt en laissant son chat ... donc sa fille qui habite ailleurs, ou la voisine qui en a déjà un, cherchent quelqu'un pour s'occuper du chat. Bête bien adulte et qui a ses habitudes, qui n'aimera pas trop qu'on la déracine et qui va trouver, même si on l'installe dans un nouveau foyer, que les humains ne sont pas très fiables.

Mais le pire, bien sûr c'est la gentille personne qui recueille le chat esseulé et qui doit s'attendre à s'attacher, puis à bientôt le regretter, parce-que la bête n'étant pas toute neuve, suivra bientôt sa maîtresse ad patres ...

Dans ces cas-là, mieux vaut avoir déjà son propre chat, qui est la meilleure des excuses pour ne pas en adopter un supplémentaire.

Willy n'aimait pas spécialement les chats. Je pense même qu'il s'en fichait complètement.

Ça n'était pas vraiment un homme d'intérieur. Je crois qu'il n'a jamais dû, de sa vie, passer une journée entière enfermé - ou alors très malade, et même. Il faisait la cuisine, le repassage, il lisait bien sûr, écrivait, écoutait de la musique, mais je crois qu'un jour sans aller au moins marcher, voir des gens ou simplement "dehors ce qui se passe" ne lui était pas imaginable.

Il m'a légué ça aussi - pas le repassage !!! - c'est du côté de ma mère et de la sienne que j'ai pris l'amour immodéré des chats.

Comme quoi ça n'a rien à voir, on peut ne pas être une personne d"intérieur" et aimer les chats quand même.

Et ?

Rien, je découvre une fois de plus que la vie est multiple, que rien n'est vraiment logique, que les gens ne sont pas comme on les voit et que l'un n'empêche à peu près jamais l'autre.

C'est très bien comme ça. Comme la neige du 5, une belle surprise pas nouvelle du tout, mais qui marche à chaque fois.

La pluie tombe, la neige pas.

Les flocons volettent, flottent, hésitent et quand ils se décident enfin à se poser, sans avoir jamais choisi une direction définitive, ils s'amortissent au sol avec une douceur quasiment câline.

Pas étonnant que tout s'arrête, que les gens sourient, que toutes les têtes averties se tournent vers les fenêtres. Tout est suspendu, fantaisiste et inattendu, comme la trajectoire d'un flocon.

Et j'y pense, Willy, au lieu de dire "les sports d'hiver" ou "on part au ski" parlait toujours de "vacances à la neige".

Allez hop, on part à la neige !

Partager cet article

Repost 0
l'overblogozen d'anna rozen - dans mon père
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Les rendez-vous du 26 / voir aussi http://rozenblog2.blogspot.fr/
  • Les rendez-vous du 26 / voir aussi http://rozenblog2.blogspot.fr/
  • : Des phrases, des humeurs, des colères, des petits coups de butoirs butés brefs et rigolos, ou pas rigolos. Et surtout : Les rendez-vous du 26 en souvenir de mon père ...
  • Contact

Recherche

Pages

Liens