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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 15:57

#NYRB #RobertBSilvers #Willy #Larzac #mentor #abricots #tomates #été

Quatre ans et onze mois !?

Robert B. Silvers éditeur de la NYRB – 1929-2017 - dévoué à la démocratie et au partage du savoir, épanouisseur d'auteurs, tyran et bourreau de travail, charmant nonobstant, vient de lâcher l’affaire.

 Les hommages recueillis dans la revue et sur son site m'ont fait penser à ces figures de professeurs qui vous ouvrent les portes du monde et des fenêtres sur vous-même, à tous ceux (je dis tous, mais ils sont rares) qui vous font aller plus loin, travailler mieux, qui vous inspirent et vous portent, qui vous contrarient pour mieux vous aiguiller ou pour que vous appreniez à vous aiguiller tout seul.

Evidemment je pense aussi à Willy. Et le fait que je n'ai, d'une certaine façon, plus envie de faire des livres s'il n'est pas là pour les lire ... me confirme dans ce rapprochement. Même génération, même certitude que l’éducation, le savoir, sont des outils de liberté à diffuser largement et sans jamais se départir d’un certain niveau d’exigence.

C’est un rendez-vous du 26 qui commence fort, avec une grande figure, mais après le premier élan … je cale.

L’été s’est installé. Je ne rêve que de m’étaler, sur mon lit, dans un doux courant d’air, avec un livre sur le ventre.

Quatre ans et onze mois !?

Et à propos d’été, j’ai retrouvé une diapositive, sur le pourtour blanc de laquelle Willy a écrit au crayon : Larzac 15- 06- 80. C’est moi, avec mes joues rondes, du vent dans mes cheveux courts et les oreilles percées (une erreur de jeunesse que le temps a gentiment rebouchée). Je me souviens que nous étions allés sur le plateau en famille en 1973, à l’époque de la construction de la fameuse bergerie. Je ne me rappelais pas que nous y soyons retournés.

Je sens que je ne peux pas vous quitter comme ça. Que vous dirai-je davantage ? Que la saison est bonne et les tomates parfumées, que les abricots du Roussillon ont les joues rouges et la saveur douce. Que la vie est belle et que je vous la souhaite meilleure encore.

Jusqu’à bientôt.

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l'overblogozen d'anna rozen - dans mon père lectures 26
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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 10:54

#LeBeauTemps #MarylineDesbiolles #MauriceJaubert #lectures #Vosges #C'estDansLaVallée

C’est un de ces moments où je me dis que la vie est bien plus forte que tout ce que je pourrais jamais écrire dans mes livres, ou même trouver dans ceux des autres.

Quelque chose comme une étincelle.

C’est un nom que je lis à la page 59 du nouveau livre de Maryline Desbiolles intitulé « Le Beau temps ». Un nom que je rencontre pour la deuxième fois de ma vie.

comment ça se prononce

La première fois, je l’ai seulement entendu, et curieusement, je me suis tout de suite demandé comment on l’écrivait.

C’était au début d’Août, en chemin vers Sainte Marie aux Mines, via Saint Dié des Vosges, dans le TER métroLOR. Comme Lorraine.

Un omnibus qui, partant de Nancy, dessert une demi-douzaine de stations. A chacune, la voix enregistrée égrenait celles à venir.

J'avais passé du temps à essayer de deviner l'orthographe du nom, cité dans la litanie plusieurs fois par la voix annonceuse après "Rends l'étape" qui finalement s'écrit Raon, évidemment, c'est français, ça fait la roue tout le temps, à la moindre étape.

Je me demandais comment l'« azé rail » que j'entendais pouvait bien s'écrire.

Le ail final sûrement pas comme dans le Sud justement, aïe, mais plutôt genre hei, Alsace oblige.

Je divaguais, j'imaginais Hazerhei, quelque chose d'âpre et de teuton.

Je n'ai pas fait 'ah, mais oui, bien sûr' en voyant le panneau Azerailles comme j'avais fait pour Raon l'Etape.

Azerailles donc, où Maurice Jaubert, le héros du Beau Temps, compositeur oublié, a reçu les blessures qui devaient l'emporter en juin 1940.

Dans son texte, Maryline Desbiolles précise que le e de Azerailles est élidé. On devrait donc prononcer Azraï.

Mais la voix dans LOR, et je l’ai vérifié à nouveau quand nous sommes retournés à Sainte Marie début Octobre pour le festival « C’est dans la vallée », disait distinctement : ‘Azérailles’.

C’est un détail.

comment ça se prononce

Mais ce qui est vivant dans la vie et difficile à rendre avec l’immédiateté, la brillance, ce sont justement les détails et la manière dont l’un renvoie à l’autre, en appelle un autre, rallume une lueur éteinte.

Ce que je trouve magnifique et que je vais avoir du mal à vous transmettre, c’est cet effet de reconnaissance, de lien, comme une sensation d’harmonie entre les choses.

Pourquoi est-ce que j’ai passé du temps mental sur Azerailles plutôt que sur Bertrichamps ?

Pourquoi Maryline Desbiolles précise la manière dont on doit prononcer Azerailles dans ce livre où j’ai découvert que Maurice Jaubert a composé la musique de l’Atalante et qu’il faisait partie de l’université ouvrière la Bellevilloise dans les années 30 ?

Comment se fait-il que des mots qu’on n’avait jamais entendus, ni vus, avant, tout d’un coup cristallisent, se fassent une place dans la partie vive de notre cerveau. Se chargent de significations voire d’affects ?

La question n’est même pas ‘comment’ d’ailleurs, il n’y a pas de question, simplement une sorte d’émerveillement.

Le plaisir de voir tout d’un coup souligné, comme par la fluorescéine qui trace le cheminement de l’eau, les communications, presque le jeu des synapses.

comment ça se prononce

Maryline Desbiolles, dont j’ai lu tous les livres, que je recommande absolument, parce qu’elle a une écriture précise et personnelle, investigatrice, sensitive, réussit à faire revivre cet homme.

Pour moi, en plus, elle ajoute une épaisseur à cet endroit, où je ne repasserai plus sans penser à elle et à lui.

Pour moi, Sainte Marie aux Mines est lié à la musique, aux amis, à une ambiance festivalière qui réveille pour quelques jours une ville endormie. Je n’avais jamais fait le rapprochement avec ce qu’on appelle « la drôle de guerre » qui s'est pourtant jouée là .

Elle écrit : « il aura deux trous rouges au côté droit, son visage s'enfoncera dans la paume des bois, des Hauts Bois d'Azerailles dont la sonorité même est l'envers de Nice, de son unique syllabe, brillante, aérienne.»

C’était un 19 juin à 14 heures.

Maurice Jaubert était niçois, comme Maryline Desbiolles.

nous sommes le 26 octobre 2015, il est 11h01

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 14:52

#cinéma #vanuatu #FrancesMcDormand #bleu #frères Coen

Voyant le jour arriver, je me suis demandé si j’allais faire un petit topo sur les allergies à la mode ou quelque-chose sur la position du point d’interrogation en Anglais et en Français, collé, pas collé. Et puis j’ai pensé que les espagnols gagnaient haut la main, puisque qu’ils en utilisent carrément deux, un à l’avant, un à l’arrière, le premier à l’envers …

Je remuais tout ça dans ma tête, pas très convaincue.

J’ai laissé passer dessus les rêves de la nuit, agités, je ne m’en souviens plus.

Et puis ce matin, toute seule devant mon petit déjeuner, j’ai pensé à la tête de Frances McDormand dans Fargo des frères Coen, quand elle ramène au poste le meurtrier stupide qu’elle vient d’arraisonner et qu’elle dit : « All this for a little bit of money. And it’s a beautiful day ! »

and it's a beautiful day

J’ai allumé France Culture, pour tomber sur un type qui décrivait une statue conservée au musée du quai Branly : l’homme bleu des îles Vanuatu.

and it's a beautiful day

Alors je me suis dit que le monde est vaste, plein de surprises et d’inconnu.

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